Mes chroniques de lectures, en toute simplicité.
La lecture du dimanche
Après La femme en vert, d'Arnaldur Indridason la semaine dernière, nous changeons totalement de registre avec ce titre de Laurence Tardieu, un auteur que je n'avais jamais lu auparavant et que j'ai découvert avec beaucoup d'émotion dans ce roman. La lecture du dimanche a encore frappé juste!
L'histoire:
Le livre est divisé en trois parties. Dans la première partie, Vincent vient de recevoir une lettre de Geneviève, elle va mourir et elle lui demande de la rejoindre pour le voir une dernière fois. Cette lettre fait resurgir toute une époque qu'il avait mise de côté, tentant vainement d'oublier les événements tragiques auxquels ils ont été confrontés. En effet, quinze ans auparavant Geneviève et Vincent vivaient le parfait amour entourés de leur fille Clara. Mais un jour celle-ci a disparu en sortant de l'école, les laissant en proie à un immense désespoir auquel leur couple, pourtant si soudé autrefois, n'a pas su résister. Et Vincent est parti comme pour échapper à la réalité. Dans la seconde partie, c'est le journal de Geneviève que nous découvrons, journal qu'elle a commencé à tenir lorsque Clara a disparu et qui l'a aidée à ne pas sombrer : "Si je n'avais pas ce cahier, je crois que je me serais lentement laissée aller au désespoir, comme Vincent. Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd'hui, je sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s'égarer dans la nuit profonde de la folie." Dans la dernière partie, Vincent rejoint Geneviève et c'est l'heure des confidences...
Je ne pensais pas que ce livre allait autant me toucher... En effet, n'ayant pas encore d'enfant, je pensais que je n'allais pas vraiment me sentir concernée, mais la puissance des mots est telle, qu'ils ont réussi à me mettre les larmes aux yeux. Quelle souffrance, quel déchirement que la perte de l'enfant mais ce qui m'a touchée le plus, c'est cette impuissance à soutenir l'être aimé dans la difficulté. Impossible de s'appuyer sur l'autre comme s'il était soudain devenu un étranger. L'incompréhension, l'impossibilité de communiquer, de partager qui mènent à la rupture. Tout ceci est magnifiquement rendu et l'alternance des points de vue m'a semblé très judicieuse : le lecteur a accès aux sentiments auquel l'autre n'a pas accès et voit comment le fossé a pu se creuser. Et puis il y a ces retrouvailles finales, comme si la mort était la seule capable de délier les langues, on se confie, on parvient enfin à mettre des mots sur la souffrance. Une lecture véritablement déchirante, dont on ne sort pas indemne...
Je crois ne pas me tromper en disant que Stephie aura aimé cette lecture également et j'ai hâte de lire son article, puisqu'étant maman, elle a dû être encore plus remuée que moi par ce magnifique roman.