Mes chroniques de lectures, en toute simplicité.
C'est en me balladant sur le blog de Clarabel il y a quelques semaines que je suis tombée sur son article concernant cet auteur que je ne connaissais pas du tout. Et immédiatement, j'ai eu envie de découvrir ses oeuvres. J'ai choisi de commencer par La femme de Gilles, le roman qui a fait connaître Madeleine Bourdouxhe, et j'ai bien fait!
L'histoire :
Elisa est mariée à Gilles, ils forment un couple uni. Ils ont deux petites filles, des jumelles et Elisa attend un troisième enfant. Mais un soir, alors que Victorine, la soeur d'Elisa vient leur rendre visite, tout bascule. Gilles est pris soudain d'un désir immense pour sa belle-soeur qui s'empresse de s'engager dans la brèche car s'"il y en a chez qui le coeur se développe d'une façon démesurée, pour Victorine, c'était le sexe qui prenait toute la place." C'est alors le début d'une histoire, histoire d'amour pour Gilles qui semble complètement sous l'emprise de sa belle-soeur, mais histoire de sexe pour celle-ci qui ne se contente pas d'un seul amant. Mais Elisa n'est pas dupe, et dès le premier soir, ses soupçons sont éveillés.Soupçons qui deviendront très vite une certitude. Mais Elisa se tait car elle ne veut pas perdre Gilles, et elle endure toutes ces souffrances en silence. Et comble du sacrifice, elle devient même la confidente de Gilles, le consolant lorsque Victorine s'éloigne de lui.
Que de souffrances dans ce roman... et comme j'ai souffert avec Elisa. Une lecture sublime, mais vraiment difficile. Comment supporter le silence d'Elisa? On aurait presque envie de la secouer, de la faire réagir. Mais la peur de perdre Gilles est plus forte que son amour-propre, car comme le suggère le titre, Elisa ne semble exister qu'au travers de son mari.
Un mari à qui j'ai souvent eu envie de mettre des claques. Comment peut-il être aussi faible? Il est d'autant plus odieux que sa femme porte son enfant et qu'il l'abandonne au moment où elle a sans doute le plus besoin de sentir sa présence.
Et j'ose à peine évoquer Victorine tant j'ai éprouvé de la colère à son encontre. Trahir sa propre soeur pour une histoire de fesses... J'avais envie de l'étrangler. D'ailleurs, dans une scène particulièrement violente, Victorine est battue et j'avais presque envie de dire "bien fait!". Je sais, c'est très mal, mais Madeleine Bourdouxhe a un don pour susciter des émotions très vives et la douleur de Victorine semble bien légère en comparaison à celle qu'elle fait endurer à sa soeur.Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture et j'ai hâte de poursuivre ma découverte de cet auteur.
Un morceau de souffrance :
"Et il y ces nuits toutes pareilles où Elisa reste éveillée de douleur devant Gilles endormi. Elle avance les mains vers lui, l'effleure légèrement, approche son visage tout doucement pour ne pas l'éveiller : comme une chatte fureteuse elle découvre sur ce corps une odeur étrangère."