Mes chroniques de lectures, en toute simplicité.
Je n'avais jamais entendu parler de Nathalie Rheims quand je suis tombée sur ce livre au hasard de mes flâneries à la librairie. Le titre m'a immédiatement interpellée, me rapellant La morte amoureuse de Théophile Gautier que j'avais tant apprécié, adolescente.
Tout était si simple avant toi
je suis morte de cet amour
et pourtant j'écris ces mots sans destinée
tombés de mon effroi
afin qu'ils te disent là ou je subsiste
trace insignifiante
d'une passion détruite.
(suis-je la seule à y lire une coquille?)
Cette lettre est en fait le cri de douleur poussée par une femme qui vient d'être abandonnée par l'homme qu'elle aime. Cet amour mort, elle ne peut plus survivre, elle se laisse donc dépérir « emmurée, repliée, immobile ».
Il y a aussi cette autre femme, qu'il aimait avant elle, qu'il n'a finalement jamais quittée et vers qui il semble être retourné.
Cette lecture me laisse sur une drôle d'impression... La lettre est en fait un long poème écrit tantôt en prose, tantôt en vers libre. Un poème écrit sous forme de fragments, jamais plus d'une page, et toujours précédé d'un blanc, tel un silence.
Il se lit vite, très vite, trop vite peut-être...
Et que penser de cette poésie? Tout et rien...
Beaucoup de passages m'ont touchée, m'ont semblé bien écrits, beaux.
Mais certains me laissent une impression de déjà vu, une succession de clichés comme on pourrait en lire dans les poèmes d'une adolescente.
Quelques fragments :
« Nous ne vivrons jamais ensemble, aucun espace ne nous sera commun, jamais ma clef dans la serrure n'ouvrira la porte d'une vie partagée. »
« mon amour
ma fécondité
mon ventre restera stérile
ce que ta vie m'a donné
la mort me l'a repris »
« Elle
flacon qui distille goutte à goutte
le poison qui s'écoule dans mes veines
scalpel qui découpe ma chair
lien de corde qui m'attache à ce lit
omniprésente torture
qui rallonge mes souffrances
elle
qui ne donne rien
pas même la mort espérée. »