Mes chroniques de lectures, en toute simplicité.
Je viens de vivre quelques semaines mouvementées d'un point de vue professionnel, et j'ai donc pris beaucoup de retard dans mes lectures, à tel point qu'il m'a été impossible d'honorer la dernière lecture du dimanche du mois de mars que nous avions décidé de consacrer à Zola. Mais il ne faut jamais désespérer... nous sommes toujours en mars, ce qui me permet d'honorer le challenge de Moka, et nous vous proposons aujourd'hui, avec Stéphie, une lecture du dimanche à retardement, comprenez une lecture du jeudi...
L'histoire :
Florent est de retour à Paris après s'être échappé du bagne de Cayenne. Il y a avait été envoyé après avoir pris part à l'insurrection suite au coup d'Etat du 2 décembre. Errant dans les rues de Paris, il retrouve Quenu, son demi-frère, devenu un homme respectable, tenant une charcuterie non loin des Halles. Il s'installe alors chez son frère et sa belle-soeur Lisa, qui n'est autre que la fille de l'infâme Macquart découvert dans le premier tome. Mais Florent conserve une dent contre l'Empire, il se met à fréquenter des cercles politiques... Seulement, sa présence chez les Quenu intrigue, et l'on parle beaucoup aux Halles... Les commérages vont bon train entre les marchandes qui se jalousent les unes les autres et qui sont prêtes à tout pour déshonorer leurs rivales... Et Florent est une cible idéale afin de faire tomber, celle qu'on surnomme la Belle Lisa...
Comme dans la Curée, c'est de nouveau au coeur de Paris que nous emmène Zola, mais cette fois du côté des Halles, surnommées le Ventre de Paris puisque c'est là que sont vendus viandes, poissons, légumes, fromages... ce qui donne lieu à de sublimes descriptions, à la fois fascinantes, écoeurantes, odorantes, mais avant tout magnifiques. Une véritable plongée dans ce marché gigantesque qui donne au lecteur l'impression de déambuler dans ses allées, un véritable plaisir pour les sens.
Un cadre étonnant dans lequel évoluent des personnages tout aussi hauts en couleur. Rivalités entre la poissonnière et la charcutière, coups bas, jalousies, manipulations : Zola décortique une nouvelle fois l'âme humaine dans ce qu'elle offre de plus sombre. Je me suis régalée une nouvelle fois avec la plume de l'auteur, si savoureuse et qui croque à merveille les travers de l'homme, opposant ici les Gras et les Maigres. Les premiers s'engraissent en mangeant à leur faim mais engraisse également leur porte-monnaie. Les seconds, à l'image de Florent, sont désintéressés mais portent en eux un esprit révolutionnaire, refusant de s'enrichir grâce à l'Empire.
Bref, j'ai bien fait de m'accrocher, quitte à publier ce billet avec quelques jours de retard!
Et je m'empresse d'aller lire l'avis de Stéphie que je sais déjà tout aussi enthousiaste!