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Fablehaven voyage...

Fablehaven a pris la route jusque chez Deliregirl1.
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 17:28

Le résumé de ce roman, proposé en partenariat avec Blog-o-book et les éditons Robert Laffont, m'avait donné l'envie de le lire, alors même que je n'en avais jamais entendu parler. Et j'ai bien fait de me fier à mes intuitions... Je remercie d'ailleur BOB et les éditions Laffont pour m'avoir permis une telle lecture...

 

 

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L'histoire :

 

Lorsque Gemma reçoit un appel de Gojko, son vieil ami sarajévien, c'est tout son passé, toute son histoire qui remonte à la surface. Et lorsque Gemma décide de faire le voyage en Bosnie et d'y emmener son fils Pietro âgé de 16 ans, né là-bas en plein siège de Sarajevo, c'est avant tout pour que ce dernier puisse remonter à ses origines, découvrir ce pays où il est né, et se familiariser avec un père qu'il n'a pas connu. Ce père, c'est Diego, un jeune photographe que Gemma a rencontré à Sarajevo alors qu'elle travaillait sa thèse sur un poète sarajévien. Dès le début, leur histoire semble impossible : Gemma doit rentrer en Italie et épouser Fabio quelques semaines plus tard. Mais le destin, ou l'amour, finira par les relier. Gemma emmène donc son fils à le recherche de leur passé dans une ville qu'elle ne reconnaît pas, une ville qu'il a fallu reconstruire après le siège. Une ville dans laquelle elle espère trouver des réponses, même si celles-ci ne seront sans doute pas celles qu'elle attendait.

 

Quelle claque! J'ai dégusté chacune des pages de ce roman bouleversant : tout commence par cette banale rencontre entre Gemma et Diego. Mais très vite, on prend conscience de la force, de la puissance de ce sentiment qui les unit et qui semble plus fort que tout. Diego, le photographe sensible, complètement fou, un personnage à fleur de peau terriblement attachant. Diego, l'éternel adolescent, fragile et fort à la fois. Gemma, et sa sagesse qu'elle perd peu à peu. Gemma et son désir de maternité. Diego et Gemma, que le destin, tel un aimant, semble attirer sans cesse vers Sarajévo ou quand l'histoire d'un couple se trouve aux prises de l'Histoire d'une ville, d'un pays. J'ai du mal à trouver les mots tant ce livre est magnifique, touchant, renversant. Les mots sont si justes que les personnages prennent vie sous nos yeux, qu'on a envie de croire à leur existence. J'ai cheminé un moment avec eux, je les ai vus, je les ai sentis, je les ai touchés. Jamais, je ne me suis ennuyée, entre la beauté de l'amour et l'horreur de la guerre. Une guerre que l'on vit également, comme si on y était : la peur, la poussière, le sang : chaque mot nous plonge au coeur de l'abominable, de l'indicible. Mais surtout, peu à peu, se construit la quête des origines. Plusieurs fois, j'ai cru comprendre, mais chaque fois j'étais bien loin de la réalité, et les cinquante dernières pages, là où tout prend forme, où tout se complète m'ont laissée sans voix : c'est beau, c'est tragique, c'est tout simplement incroyable et pourtant terriblement réaliste. Vous l'aurez sans doute compris : ce roman est un énorme coup de coeur : il est dense et se lit lentement, à petit feu mais on en sort changé. Gemma et Diego resteront longtemps dans mon coeur. Et j'espère qu'il sauront trouver une petite place dans le vôtre...

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 11:10

Lorsque Livraddict a proposé un partenariat avec les éditions du Pré aux Clercs ( que je remercie tous deux chaleureusement ) pour découvrir ce roman de Sire Cédric, je n'ai pas hésité une seule seconde : avec un titre et un résumé pareils, j'étais sûre d'y trouver mon compte en matière de glauque... 

 

 

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L'histoire :

 

Lorsque David, photographe, est appelé en pleine nuit par sa collègue Aurore pour faire un reportage sur une scène de crime atroce, il est loin de se douter de ce qui l'attend. Un homme vient de tuer sauvagement sa femme et ses deux enfants, avant de se faire sauter la cervelle avec un fusil à pompe. Le lendemain, la femme de David, Kristel est victime à son tour d'un fou furieux alors qu'elle s'occupe d'enfants à l'hôpital. Un jeune homme, persuadé d'être poursuivi par des ombres a semble-t-il perdu la tête. Ironie du sort : ce jeune homme est le neveu de celui qui avait tué sa famille la veille. David est effondré, mais sa compagne lui apparaît en rêve et le met en garde contre l'enfant des cimetières. Il décide alors avec Aurore de mener l'enquête, tandis que les suicides et les morts atroces se multiplient.

 

"Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher!" , peut-on lire sur la quatrième de couverture. C'est tout à fait ça! J'ai dévoré les 423 pages de ce roman en moins de 24h, impossible de le lâcher, je voulais savoir! Sire Cédric nous emmène dans un monde fantastique terrifiant. Je lis beaucoup de thrillers, et généralement, il en faut beaucoup pour m'impressionner, mais là, je dois reconnaître que par moments, je n'en menais pas large. En fait, ça tient à peu de choses : le plus horrible des tueurs en série reste néanmoins un humain et est donc maîtrisable. Ici, Sire Cédric nous emmène sur des voies surnaturelles que l'on ne peut maîtriser : l'enfant des cimetières, c'est Nathaniel, un jeune garçon qui a assassiné avec cruauté ses parents trois ans auparavant avant d'être maîtrisé et abattu par la police. Il erre dans les cimetières et a la capacité, si vous le regardez dans les yeux, de s'immiscer dans vos pensées et de vous rendre fou. Ce ne sont que des histoires, me direz-vous... Oui, mais là ou se situe tout le talent de l'auteur, c'est qu'on y croit vraiment. Une fois plongé dans le roman, les descriptions terrifiantes hypnotisent le lecteur, le tiennent en haleine et le maintiennent dans l'illusion, en faisant appel à nos peurs les plus profondes. Le rythme est rapide, les événements s'enchaînent, certaines scènes sont particulièrement sanglantes, voire gore, et on n'a pas le temps de se poser des questions...L'auteur nous a embarqué dans son monde et ne nous relâchera qu'une fois la dernière page tournée... Et encore... car c'est le genre de livre qui peut vous hanter pendant plusieurs jours. Par ailleurs, si on a envie d'y croire, c'est parce que  David ( de même que la plupart des victimes) est un homme, tout ce qu'il y a de plus normal, comme vous et moi. Il ne se remet pas de la perte de sa compagne et il a envie de comprendre. Le lecteur ne peut qu'être touché par ce personnage et le croire lorsqu'il dit pouvoir communiquer avec Kristel parce que tout le monde souhaiterait pouvoir entrer en contact avec les proches disparus.

 

Bref, un thriller fantastique incroyable. Je n'avais encore jamais lu l'auteur, je ne le connaissais d'ailleurs pas mais une chose est certaine : j'en lirai d'autres!

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:14

Une couverture en noir et blanc magnifique et un titre mystérieux, comme une invitation au voyage : il n'en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce court roman et je remercie Camille des éditions Naïve pour m'en avoir donné l'opportunité...

 

 

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L'histoire :

 

C'est celle de Madame qui vit au Ritz et dont les journées se suivent et se ressemblent.

Madame aime boire le thé brûlant.

Madame aime les bains brûlants.

Madame reçoit deux appels de sa nièce chaque jour.

Madame arpente les rues parisienne.

Madame a des allure de femme du monde.

Mais Madame a un secret... un secret terrible : gravé au plus profond d'elle-même et dans sa chair. Un secret qui fait d'elle une femme brisée, une femme qui fuit le monde, qui a vécu incognito d'hôtels en hôtels avant de s'installer au Ritz.

 

Voilà un roman très étonnant. D'abord, parce qu'il est court et que les pages se tournent très vite : un paragraphe, parfois une phrase seulement sur la page, et des blancs nombreux, comme autant de non-dits, de silences, de mystères autour de Madame. J'avoue avoir été déstabilisée en entrant dans ce roman, ne sachant pas trop où l'auteur souhaitait m'emmener. Puis il y a cette deuxième partie, intitulée Monsieur, dans laquelle on s'aperçoit qu'au-travers de cet homme, c'est encore de Madame dont il est question. Madame et la tragédie de son destin qui se prépare. Alors là, on commence à voir venir, à comprendre ce dont il est vraiment question et ce que cache Madame sous ses airs de grande dame. Et on se prend la troisième partie en pleine face, son titre à lui seul, suffit à faire froid dans le dos. C'est ce qui est très fort dans ce roman : Didier Goupil n'a besoin que de quelques mots pour aller à l'essentiel et nous toucher. Les phrases sont courtes mais tranchantes. Tout est dit...

 

Un très beau roman que j'ai aimé découvrir sans en avoir jamais entendu parler auparavant, puisque l'effet de surprise a été total. C'est d'ailleurs pour cela que j'essaie de ne point trop en révéler. Découvrez par vous-même...

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 13:38

Ce roman a beaucoup fait parler de lui sur la blogosphère ces dernières semaines, et tous les billets que j'ai pu lire étaient élogieux. Il n'en fallait pas plus pour me donner une furieuse envie de découvrir ce livre et me faire mon propre avis dessus. C'est maintenant chose faite...

 

 

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L'histoire :

 

Emmi Rothner souhaite résilier son abonnement au magazine Like. Pour cela, elle envoie un mail mais elle fait une erreur en tapant l'adresse, elle écrit leike au lieu de like, et son mail arrive tout droit dans la boîte mail de Leo Leike.  De fil en aiguille, une correspondance naît entre eux, de plus en plus régulière mais aussi de plus en plus addictive... Pourtant, ils repoussent sans cesse le moment de la rencontre, pour ne pas briser ce monde virtuel qu'ils se sont créé, mais aussi et surtout parce qu'Emmi est mariée et "heureuse" avec son mari...

 

Je parlais de relation addictive entre les deux personnages, je pourrais également parler d'une telle relation entre le livre et le lecteur. En effet, une fois ouvert, il est difficile de le lâcher, car connaître la suite devient une nécessité. Cela est facilité par la construction même du roman : de l'épistolaire moderne, puisque ce ne sont pas des lettres que s'échangent les personnages mais des mails. Difficile alors d'arrêter la lecture : allez, encore un petit mail. Oh, et puis, le suivant est très court... et on arrive sans s'en apercevoir aux dernières pages.

Les personnages sont très attachants : Emmi, d'abord, parce qu'elle est tiraillée entre sa vie familiale stable et sa passion naissante pour Leo qu'elle refuse de reconnaître. J'ai souvent pensé qu'Emmi était une réincarnation moderne de la Princesse de Clèves, même si ses hésitations finissent par être agaçantes : soyons clairs, le lecteur n'attend qu'une chose : la rencontre... Leo est attachant lui aussi, notamment pour sa plume : il écrit bien, très bien même et il dit des choses que toute femme aimerait entendre. Il est très classe, très sensible et j'ai beaucoup apprécié également son petit côté joueur. Bref, un échange savoureux, tout en finesse, un vrai bon moment de lecture pour lequel je remercie les éditions Grasset. J'attends maintenant avec impatience, que la suite, déjà parue en Allemagne, soit traduite en français...

 

En attendant, je vous invite à aller lire l'avis de Stephie.

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 14:30

La lecture du dimanche

 

Vous l'avez sans doute remarqué, mon blog tourne au ralenti depuis maintenant plus de deux semaines, mais je suis toujours souffrante et mon rythme de lecture s'est considérablement ralenti... De même, mes visites sur vos blogs se font rares et je m'en excuse. Il me tarde de retrouver la pêche pour rattraper tout ce retard, d'autant que ma PAL contient quelques titres que j'ai hâte de découvrir... Malgré tout, je ne pouvais manquer la lecture du dimanche, d'autant que le titre que nous avons choisi cette semaine me faisait grandement envie!

 

 

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L'histoire :

 

Cinq petites filles ont disparu, dans des circonstances étranges, parfois même sous les yeux de tous. Et l'assassin semble vouloir jouer avec les nerfs de Roche et son équipe d'agents spéciaux : en effet, ces derniers découvrent un cimetière bien macabre : six bras gauches de petites filles sont retrouvés enterrés dans une clairière. Qui est cette mystérieuse sixième petite fille? L'autopsie révèle qu'elle a été droguée contrairement aux cinq autres. Et si elle était toujours en vie, agonisant quelque part avec un bras amputé? Les agents spéciaux décident de faire appel au criminologue Goran Gavila ainsi qu'à Mila, spécialisée dans la recherche des personnes disparues. Mêlant leurs connaissances, ils font avancer l'enquête pas à pas, mais très vite, la petite équipe a la sensation d'être manipulée par le tueur en série, qu'ils ont surnommé Albert.

 

Les enquêteurs sont manipulés par le tueur en série, et le lecteur est manipulé par l'auteur. Et quelle manipulation!! Les rebondissements sont multiples, on est persuadé chaque fois d'avoir compris, de savoir qui est le meurtrier et une autre révélation vient tout remettre en question. L'intrigue est vraiment menée d'une main de maître, et dans les cent dernières pages, il est impossible de lâcher le livre tant ce qu'on lit est incroyable... Ce thriller m'a vraiment époustouflée, non seulement par sa construction, mais aussi pour son intrigue. Moi qui aime le glauque, j'ai été servie avec ce livre, et cela fonctionne d'autant mieux qu'il s'agit de petites filles sans défense et que la parole est laissée à l'une d'elles à plusieurs reprises dans le roman. Et là encore, Donato Carrisi a fait très fort! Il sait nous plonger au coeur de l'indicible, nous faire ressentir les choses, par le biais des sens notamment : des descriptions précises qui font froid dans le dos, des odeurs, des sons... Et n'oublions pas les personnages, car une bonne intrigue ne peut fonctionner sans de bons personnages, et là encore j'ai été comblée. Chaque membre de l'équipe a une épaisseur propre, et tous sont très intéressants. J'ai particulièrement apprécié Goran et Mila qui cachent chacun leurs souffrances et leurs secrets, et qui très vite, vont se découvrir des intuitions communes.

 

Bref, un thriller prodigieux et suffoquant, exactement comme je les aime, et donc un nouveau coup de coeur! En sera-t-il de même pour Stéphie? J'ai hâte de lire son avis. Pour ma part, je crois que l'on peut déjà affirmer que 2010 sera un cru exceptionnel en matière de thriller! Et il est certain que je surveillerai de près les prochaines publications de l'auteur qui signait ici son premier roman!! Voilà qui promet de belles lectures encore... Un grand merci à Christelle des édtions Calmann-lévy pour cette magnifique découverte.

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 09:00

La lecture du dimanche

 

Nous vous parlions il y a deux semaines de notre coup de coeur pour le premier tome de cette série du poids des secrets et vous étiez nombreux à dire que nous ne mettrions pas longtemps avant de lire la suite! En effet, difficile de résister à un tel bonheur de lecture...

 

 

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L'histoire :

 

***Attention, il est difficile de résumer ce livre sans révéler quelques informations sur le premier tome. Si vous n'avez pas encore lu Tsubaki et que vous souhaitez le faire, évitez de lire ce qui suit.***

 

Dans le premier tome, Yukiko révèle à sa fille l'existence de son demi-frère dont elle n'a jamais parlé, et dans une longue lettre lui raconte son enfance et son adolescence. Dans Hamaguri, c'est la même histoire qui nous est racontée, mais cette fois-ci du point de vue du jeune garçon, le tetenashigo, l'enfant illégitime. Et si Yukiko avait assez rapidement découvert que Yukio était le fils de son père, Yukio, lui ne l'apprendre que des dizaines d'années plus tard.

 

Je préfère m'arrêter là pour le résumé afin de ne point trop en révéler : il est difficile de parler de ce livre, ce n'est pas un livre dont on parle, c'est un livre que l'on lit, que l'on vit même. J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture si belle et à la fois si simple de Aki Shimazaki par laquelle je me suis laissée porter du début à la fin d'une seule traite. Et puis, il y a cette histoire magnifique, touchante. Et même si on la connaît déjà, Aki Shimazaki a su lui donner un nouveau souffle par la voix de Yukio. On découvre de nouveaux détails et l'histoire se complète petit à petit pour notre plus grand bonheur. N'hésitez pas à ouvrir le Hamaguri ( coquillage en japonais ) pour y cueillir cette perle magnifique.

 

Je crois déjà pouvoir affirmer que l'avis de Stéphie sera aussi enthousiaste que le mien.

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 06:07

Et voilà, c'est enfin le jour de publier nos billets autour d'Emmanuel Carrère et je sais que certaines ( dont moi )l'attendaient avec impatience. J'ai choisi ce titre pour découvrir l'auteur parce que j'avais très envie de le lire depuis le billet de lasardine.

 

 

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L'histoire :

 

Nicolas a neuf ans et doit partir deux semaines en classe de neige. Dès les premières pages, il apparaît comme un enfant fragile que ses parents surprotègent. En effet, un accident d'autocar a eu lieu dix jours plus tôt et son père préfère l'emmener en voiture au cas où une nouvelle catastrophe se produirait. Mais Nicolas est un petit garçon replié sur lui-même et cela ne fait que l'écarter du groupe. D'ailleurs, le sort semble s'acharner contre lui, puisqu'il oublie son sac de voyage dans le coffre de la voiture. Ensuite, plusieurs événements, qui séparément auraient pu paraître anodins, s'enchaînent : l'étau se reserre autour du petit garçon qui voit ses peurs enfantines se transformer en réalité. Le drame se prépare, sans qu'on ne sache exactement quelle forme il va prendre.

 

Dès les premières lignes, on sent que quelque chose ne tourne pas rond :  ce petit garçon craintif a aussitôt su me toucher. Il a le profil idéal du bouc émissaire, celui dont on se moque sans soupçonner à quel point la blessure est profonde. Celui qui souffre en silence, qui n'ose pas se défendre et qui se laisse malmener par ses camarades. Une expérience terrible pour un enfant. Alors quand le sort s'acharne, on aurait envie de prendre ce petit dans nos bras, de le rassurer, de le protéger. Il faut dire que l'auteur sait trouver les mots : Patrick, qui était chargé de son dortoir, vint lui ébouriffer les cheveux et lui dit de ne pas s'en faire : tout allait bien se passer. Et si quelque chose n'allait pas, il viendrait lui en parler à lui, Patrick, c'était promis? Nicolas promit, partagé entre le réconfort réel que lui donnait cette assurance et l'impression pénible que tout le monde s'attendait à ce que quelque chose n'aille pas pour lui. Même si, du point de vue d'un adulte, certaines choses ne sont que de petits détails : ayant oublié son sac, Nicolas n'a pas de pyjama, et personne ne se porte volontaire pour lui en prêter un. Lui-même n'est pas très à l'aise avec cette idée puisqu'il lui arrive encore de faire pipi au lit. La tension monte petit à petit et l'auteur crée une atmosphère inquiétante, sombre : on sent bien que tout ceci va mal se terminer, mais on n'est bien loin d'imaginer ce qui nous est réservé. Et lorsque l'on commence à entrevoir, on se dit que non, ce n'est pas possible, que c'est trop injuste, et pourtant... Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre dont on tourne les pages s'en même s'en rendre compte. Il n'est pas très long, mais il n'est pas besoin d'en dire plus : tout y est.

 

Je suis donc ravie de cette première lecture d'Emmanuel Carrère, et je pense que d'autres suivront bientôt. J'ai d'ores et déjà La Moustache dans ma PAL, et je pense qu'avec les billets que je vais pouvoir lire aujourd'hui, d'autres titres viendront très vite s'y ajouter. Vous pouvez d'ailleurs consulter la liste de ces billets dans l'article ci-dessous.

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:00

 La lecture du dimanche

 

Cela faisait un petit moment que ce livre était noté sur ma LAL mais je désespérais de pouvoir me le procurer car il était indisponible partout. Heureusement, il y a quelques semaines, j'ai enfin pu le commander. Nous en avions déjà parlé plusieurs fois avec Stephie, qui rencontrait les mêmes difficultés alors nous avons décidé d'en faire une lecture du dimanche.

 

 

Image hébergée par servimg.comL'histoire :

 

Yukiko, la mère de Namiko, qui a survécu à la bombe atomique tombée sur Nagasaki a toujours refusé d'évoquer ces événements. Pourtant quelques jours avant sa mort, sa langue se délie et elle répond aux questions de son petit-fils. Ensuite, lorsque Namiko se rend chez l'avocat pour régler la succession, ce dernier lui remet deux enveloppes : la première est pour elle et la seconde doit être remise à un certain Yukio, le demi-frère de Yukiko. Namiko qui a toujours pensé que sa mère était fille unique va découvrir dans son enveloppe une longue lettre dans laquelle sa mère lui révèle un terrible secret familial, expliquant ses dernières paroles : " Il y a des cruautés qu'on n'oublie jamais. Pour moi, ce n'est pas la guerre, ni la bombe atomique."

 

 

J'avais lu beaucoup de bien de ce livre sur la blogosphère, mais je dois reconnaître que cela a dépassé toutes mes espérances : quel bijou!!!! Dès la première phrase, j'ai su que j'allais aimer ce petit roman : l'écriture est sublime, à la fois poétique et terriblement pudique. En effet, ce sont des sujets très douloureux qui sont évoqués tout au long du roman, à commencer par la guerre et ces terrifiantes bombes atomiques qui furent lancées sur le Japon en 1945, et dont on parle finalement très peu dans notre littérature européenne. J'ai appris beaucoup de choses à ce sujet. Mais sur ce fond historique vient se greffer un drame familial tout aussi terrifiant auquel Yukiko, alors enfant, est confrontée. Un drame qui aura pour elle, des conséquences sur sa vie entière, qui ne la quittera jamais. Je ne veux pas trop en dire pour vous laisser découvrir ce drame. N'hésitez pas à vous laisser porter par l'écriture magique et touchante de Aki Shimazaki. Je crois que je ne suis pas prête de me remettre de cette lecture. Et aussitôt le livre refermé, je me suis empressée de commander les deux tomes suivants dont je vous reparlerai sans aucun doute très vite!

 

Connaissant Stephie, elle a probablement dû être autant bouleversée que moi par cette lecture, allons lire son avis.

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 07:51

Lorsque Blog-o-Book a proposé un partenariat avec les éditions Sonatine afin de faire découvrir ce roman, vous imaginez bien que je n'ai pas pu résister. J'ai pris quelques risques pourtant, puisqu'il s'agit d'un thriller historique, un genre qui ne trouve pas toujours grâce à mes yeux... Alors qu'en est-il de cette Compagnie des menteurs?

 

 

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L'histoire :

 

Nous sommes en 1348 sur les routes de l'Angleterre. La pestilence a fait ses premières victimes dans le Sud du pays et se propage de villages en villages. Camelot, un vendeur de reliques, décide de prendre la route vers le Nord afin de fuir la contagion. Très vite, un petit groupe de neuf personnes se forme autour de lui : deux musiciens, un conteur, un magicien, une enfant voyante, une domestique, un peintre et sa femme qui est enceinte. Se déplacer en groupe leur permet de survivre, ils mettent en commun le peu d'argent qu'il parviennent à gagner sur les marchés et leur nombre les protège des coupeurs de gorge. Pourtant, très vite, l'un d'eux disparaît et ses compagnons le retrouvent pendu à un arbre. Bien qu'il soit difficile de croire à un suicide, tous se raccrochent à cette idée jusqu'à la seconde disparition. Cette fois, le corps a été dévoré et la gorge tranchée. Tout laisse penser à une attaque par des animaux sauvages : chiens ou loups. Mais là encore, il y a des détails qui ne collent pas, et peu à peu le doute s'installe dans la compagnie : seraient-ils poursuivis par un étrange tueur? Ou est-ce le fait de l'un d'entre eux? Et que signifient ces hurlements qu'ils entendent chaque nuit?

 

Inutile de faire durer le suspense, j'ai adoré ce roman. Pour preuve, je me suis réveillée cette nuit avec une seule idée en tête : le finir... J'ai vraiment eu l'impression de voyager avec chacun de ces personnages, de partager leur route, leurs peurs, leurs secrets. La narration est menée à la première personne par Camelot, un vieil homme, vendeur d'espoir, que j'ai trouvé plein de bon sens et cela contribue à l'identification. L'évocation du Moyen-Âge est extraordinaire, l'auteur a su recréer une ambiance réaliste et envoûtante. De nombreuses croyances sont évoquées, et plusieurs rites sont accomplis afin d'éloigner la peste. La compagnie des menteurs est donc avant tout un roman d'atmosphère. D'ailleurs, la première mort n'intervient qu'au bout de 270 pages. Et pourtant, je n'ai trouvé aucune longueur dans ce roman, à aucun moment je ne me suis ennuyée. Toute cette première partie m'a semblé nécessaire pour mettre en place l'intrigue et pour nous familiariser avec chacun de ces personnages. En effet, on s'attache à chacun d'eux, même ceux qui peuvent sembler désagréables, et leur disparition nous touche d'autant plus. Ils ont une véritable épaisseur, et surtout ils gardent chacun un secret. Ils sont ainsi auréolés de mystère, un mystère que le lecteur a, bien évidemment hâte de lever. Et j'ai particulièrement aimé la manière dont certains secrets sont révélés par les personnages eux - mêmes, par le biais du conte. Ainsi, régulièrement, les personnages racontent une histoire au coin du feu, une histoire à rapprocher de la leur, et qui nous donne petit à petit les clés pour lever le secret. Bref, ce roman est une grande réussite, et si vous aimez le Moyen-Âge, vous ne serez pas déçu!

 

Je remercie BOB et les éditions Sonatine pour cette belle découverte.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 15:54

Depuis mes récents coups de coeur pour Les lieux sombres et Seul le silence, je m'intéresse de très près aux éditions Sonatine, et je dois bien avouer que leur catalogue est une source de tentation pour moi qui apprécie les thrillers bien sombres. Et on peut dire que cette fois encore, c'est un titre qui a fait mouche, ce pourquoi je les remercie!

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L'histoire :

Green River est une prison de très haute sécurité où sont enfermés des hommes qui ont commis des crimes horribles : meurtriers, psychopathes, violeurs. Nombreux sont ceux qui ne reverront jamais l'extérieur, condamnés à finir leur vie dans cet enfer. En effet, la violence est omniprésente : agressions sexuelles, réglements de compte, tortures, haines raciales. Sans oublier les dérives liées à l'alcool ou aux drogues, mais aussi les nombreuses maladies, notamment le sida. Il y a donc fort à faire à l'infirmerie de la prison dans laquelle travaillent deux prisonniers : Coley et Klein, aidés régulièrement par Devlin, une jeune psychiatre que Klein ne laisse pas indifférente.. Ce dernier a été condamné après avoir été accusé de viol par son ex petite-amie et il peut prétendre à une libération conditionnelle. Malheureusement pour lui, à quelques heures de sa libération, une terrible émeute éclate laissant la prison à feu et à sang. Mais Devlin est restée enfermée à l'infirmerie avec les malades, et la rumeur qu'une femme s'y trouve commence à enfler...

Ce roman vous dit peut-être quelque chose puisqu'il a déjà été publié en 1995 sous un autre titre : L'odeur de la haine. Pour ma part, c'était une entière découverte, et quelle découverte! Je n'avais encore jamais lu de roman sur les prisons mais je m'y suis trouvée plongée corps et âme. Tim Willocks nous décrit cet univers avec beaucoup de réalisme mais aussi de manière très crue : le lecteur est plongé dans un univers où dignité et respect n'existent pas : ici, on cotoie la fange, la merde, le sang et le sperme. Ces hommes, pour la plupart n'ont plus rien à perdre, et condamnés pour certains à plus de mille ans de prison, une aggravation de peine ne les effraie pas. Aussi lorsqu'éclate l'émeute, ils sont prêts à tout : détruire la prison, mais aussi faire disparaître les clans rivaux : les noirs, les blancs, les mexicains se vouent une haine sans limites. Hobbes, le directeur de la prison, lui-même complètement fou, leur facilite la tâche. En effet, il refuse toute intervention extérieure, préférant laisser ses prisonniers s'entretuer et attendre que les survivants se rendent d'eux-mêmes épuisés et affamés. L'histoire d'une petite semaine selon lui. Aucun répit n'est donc laissé au lecteur.
Mais là où Tim Willocks réussit un magnifique tour de force, c'est dans la manipulation des sentiments du lecteur. J'ai trouvé terrifiante  cette manière de nous faire ressentir de la pitié, voire de l'amitié pour certains de ces hommes qui étaient présentés quelques pages plus haut comme les pires assassins. Je pense notamment à Henry Abott, un meurtrier schizophrène de la pire espèce, qui va aider Klein à rejoindre l'infirmerie en passant par les égoûts de la prison. On se réjouirait presque de le voir se débarrasser de leurs assaillants à coup de marteau. En fait, ce que l'on espère secrètement, c'est que Devlin s'en sorte, et l'on s'aperçoit qu'en pareilles circonstances, la violence nous semble presque acceptable. D'ailleurs Devlin elle-même est prête à tuer pour sauver sa peau.
Bref un thriller passionnant, que j'ai dévoré presque d'une seule traite tant on retient son souffle du début à la fin. Une plongée dans l'enfer des prisons qui fait froid dans le dos et qui a de quoi vous dissuader de commettre un délit. Un livre que je ne peux que vous conseiller, si vous êtes comme moi, passionné du genre!

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