Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 06:26

Cela faisait un petit moment que je me disais qu'il fallait que je remédie à mon inculture en matière de bande dessinée. D'autant plus que j'en apprécie grandement la lecture... mon souci réside plutôt dans le choix. Bien souvent, j'erre dans le rayon BD de la librairie, sans trop savoir vers laquelle me tourner, et je finis par renoncer, découragée... Alors vendredi dernier, quand j'ai emmené les deux seuls élèves présents en classe au CDI pour qu'ils choisissent un livre et qu'ils se sont dirigés vers le rayon BD, j'en ai profité pour en choisir une moi aussi. Et mon regard s'est aussitôt arrêté sur ce visage empreint de tristesse et ce titre percutant.


L'histoire :

Tout commence en 1993 en Ex-Yougoslavie : Cessia et Kazik sont accusés de trahison politique. Enfermés, ils se souviennent de l'expérience atroce qu'ils ont vécue à Auschwitz près d'un demi-siècle auparavant. Séparés dès leur arrivée, Cessia et Ann, leur fille, d'un côté et Kazik de l'autre, ils se souviennent chacun à leur tour de ce qu'ils ont souffert. Kazik s'est porté volontaire pour entrer dans le SonderKommando. Sa mission : ramasser les corps dans les chambres à gaz et les brûler. Il espère ainsi pouvoir voir une dernière fois sa femme et sa fille. Et le miracle se produit : en ramassant les corps, il découvre celui de sa fille. Ann respire encore, c'est un fait exceptionnel. Les SS décident alors de lui laisser la vie sauve. Cessia prend la suite du récit, mais le répit aura été de courte durée pour la jeune Ann qui décède deux jours après la libération.

Voilà une BD qui fait froid dans le dos! Entièrement en noir et blanc, les dessins sont impressionnants de réalisme. Je me suis rendue à Auschwitz-Birkenau il y a quelques années, et j'ai retrouvé ces lieux tels que je les ai vus : la grande porte, par où arrivaient les convois, les baraquements où dormaient les déportés, et même les latrines. Les personnages sont également porteurs d'émotion : la souffrance se lit sur leur visage, ils ont de grands yeux écarquillés, les joues creusées et le teint pâle. Le désespoir est magnifiquement rendu et Pascal Croci ne nous épargne aucune violence, certaines scènes sont très difficiles mais cependant nécessaires pour marquer le lecteur et lui rapeller son devoir de mémoire. J'ai apprécié également l'interview de Croci qui suit la BD dans laquelle il nous explique s'être inspiré d'un fait réel rapporté par Christian Bernadac dans Les Mannequins nus : une jeune fille aurait été retrouvée vivante dans une chambre à gaz.  Ce sujet me touchant énormément, la lecture de cette BD a été pour moi un moment de forte émotion. Une très belle découverte, bien que difficile.

Et je terminerai avec cette citation magnifique dans laquelle Ann interroge sa mère :
" Qu'est-ce qui les pousse à agir ainsi?
- La haine.
- Ne pourrait-on pas se haïr en paix?"

Partager cet article
Repost0
28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 09:13

La lecture du dimanche

Je commence véritablement à prendre goût à cette lecture du dimanche qui nous réserve de magnifiques surprises! Nous vous avions parlé avec enthousiasme lors d'une lecture précédente de La cité des Jarres et c'est donc tout naturellement que nous avons choisi de poursuivre avec le deuxième polar du même auteur... Et il y a fort à parier que nous n'en resterons pas là!


L'histoire :

Tout commence lors d'une banale fête d'anniversaire où l'on découvre avec effroi que le bébé de la famille est en train de machouiller un os humain. Cet os, c'est son frère qui l'a trouvé en allant jouer dans les fondations d'une maison en construction, non loin de là sur la colline. Aussitôt, le commissaire Erlendur Sveinsson est dépêché sur les lieux, et on ne tarde pas à découvrir le reste du squelette. Afin de ne perdre aucun indice,  c'est une équipe d'archéologue qui est chargée de déterrer le squelette qui semble reposer là depuis plusieurs décennies. Mais cela prend du temps, et en parallèle l'inspecteur commence son son enquête qui le mène jusqu'à deux pistes : Benjamin, dont la fiancée Solveig a disparu du jour au lendemain, et une famille composée de cinq personnes dont on sait très peu de choses.


Décidément, Indridason a un don pour susciter l'intérêt de son lecteur et j'ai été complètement  emportée par cette double narration. En effet, en parallèle de l'enquête, on suit le destin tragique d'une femme battue par son mari. Bien sûr, on se doute dès le début que ces deux histoires vont finir par se rejoindre mais le suspens reste à son comble pendant une bonne partie du roman. En effet, Indridason passe d'une narration à l'autre au moment où l'on s'apprête à faire de nouvelles découvertes, et de ce fait, on a beaucoup de mal à lâcher le roman. Et puis il y a le troisième fil de l'histoire : Eva Lind, la fille d'Erlendur que nous avions déjà découverte dans le premier opus. Droguée, enceinte, en rupture avec la société et avec sa famille, elle appelle son père pour lui demander de l'aide alors qu'elle ne l'a pas vue depuis deux mois. On suit donc également les déboires d'un père et son impuissance à venir en aide à sa fille. J'ai beaucoup apprécié le fait de retrouver ces personnages et de suivre une partie de leur destin. Cela n'ôte aucun intérêt à l'enquête, bien au contraire et il est difficile de ne pas s'attacher à ces personnages. En effet, Erlendur est très touchant et j'ai trouvé qu'il avait perdu de son humour par rapport à La cité des Jarres, il apparaît très tourmenté. Et ça fonctionne puisque j'ai très envie de lire le troisième roman, non seulement pour découvrir une nouvelle enquête rondement menée, mais aussi pour retrouver ces personnages et voir comment ils évoluent...

Je vous invite à aller lire l'article de
Stephie que j'ai hâte de découvrir même si je devine déjà qu'elle a apprécié autant que moi!

Partager cet article
Repost0
27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 06:10

Avant tout, je suis tombée amoureuse de la première de couverture que je trouve absolument sublime, ce visage de femme caché par un foulard noir, ses yeux entre tristesse et espoir, et un titre en rose, couleur qui prend tout son sens quand on a lu le roman. Pourtant, je suis entrée dans ce roman avec un peu d'appréhension car j'avais lu de nombreux articles mitigés. Et pourtant...

L'histoire :

Nasser a fui son camp de réfugiés en Erythrée. Recueilli par son oncle, il s'installe en Arabie Saoudite chez ce dernier. Mais très vite, il découvre que la vie n'y est pas si rose lorsqu'on est un étranger : il lui faut payer son droit de séjour régulièrement, et lorsque son oncle se retrouve sans argent, c'est de son corps qu'il doit payer... Il découvre d'ailleurs peu à peu que les jeunes garçons intéressent beaucoup les hommes riches et puissants. En effet, les hommes et les femmes vivent totalement séparés et aucun contact n'est permis en dehors du mariage. Les jeunes garçons permettent de patienter...
Un jour, une jeune femme lui jette un billet. Elle lui dit qu'elle portera des chaussures roses afin qu'il puisse la reconnaître parmi toutes ces femmes cachées. Commence alors une relation dangereuse. Nasser et la jeune femme qu'il a surnommée Fiore prennent de gros risques, la police religieuse veille et s'ils étaient découverts, elle serait lapidée, et lui décapité. Mais la passion est plus forte que tout...

J'ai du mal à trouver les mots : ce livre est magnifique et m'a énormément émue. J'ai beaucoup appris sur la condition des femmes en Arabie Saoudite, mais aussi celle des jeunes garçons, d'autant plus s'ils sont étrangers. Bien sûr, il y a des choses que l'on sait mais cette plongée à l'intérieur du pays est terrifiante. L'auteur est très bien documenté puisqu'il a lui-même émigré en Arabie Saoudite après avoir fui le Soudan. Je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas une part autobiographique dans ce roman.
Et puis il y a cette histoire d'amour, qui nous paraît, à nous Occidentaux, bien peu vraisemblable! Comment est-ce possible? La révolte de Fiore et Nasser contre ce système qui les empêche de vivre leur amour est véritablement poignante. Ce sont des criminels et leur crime est de s'aimer. Sulaiman Addonia dénonce donc au travers de cette histoire d'amour les frustrations, la persécution, les brutalités vécues au quotidien par les saoudiens. Mais il délivre également un message d'espoir puisque certains bravent les dangers pour essayer de vivre autrement, et de ce point de vue, la fin du roman est particulièrement réussie. Un livre dont le souvenir ne me quittera pas de sitôt!

Un extrait que j'ai beaucoup aimé :

" Soudain, j'ai détesté ma vie. Tout ce que je voulais, c'était me retrouver auprès de cette femme. J'ai pressé le pas.
Sans m'en rendre compte, je commençais à parler tout seul, comme un fou. Je ne parvenais pas à me défaire de ma colère. Hommes et femmes marchaient côte à côte sans un regard, sans un frôlement, sans un murmure, sans même oser respirer. Nous vivions dans un monde lugubre où la peur était omniprésente, où le rire constituait un péché, où embrasser une femme était aussi grave que voler et où admirer son visage vous conduisait tout droit en enfer."

Je vous invite à lire l'avis de
Keisha et de Kenza qui, comme moi ont été touchées par ce roman.
Mais aussi les billets de
Stephie et Moka qui sont moins enthousiastes.
Et je remercie Suzanne de
Chez les filles ainsi que les éditions Flammarion pour cette superbe découverte.

Partager cet article
Repost0
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 07:29

La lecture du dimanche

Ce livre m'avait été conseillé, il y a quelques années par mon prof d'allemand de prépa. L'histoire m'attirait énormément mais je ne sais pourquoi, je suis toujours passée à côté. J'ai même lu
La circoncision du même auteur avant celui-ci et ce sont vos commentaires me conseillant Le liseur, ainsi que ceux que j'ai pu lire sur d'autres blogs qui m'ont donné envie d'en savoir plus et de l'ajouter à ma PAL. Et comme Stephie l'avait aussi sur sa PAL, nous l'avons donc choisi pour cette quatrième lecture du dimanche.


 

L'histoire :

 

Un soir, après le lycée, Mickaël, quinze ans est malade sur le chemin du retour. Une femme lui vient en aide. Quelques mois plus tard, Mickaël, guéri décide de retourner chez cette femme pour la remercier. Cette femme, c'est Hanna, trente-cinq ans, et Mickaël tombe amoureux. Il devient son amant, et chaque jour il la rejoint. Elle lui donne le bain, ils font l'amour et peu à peu un rituel se met en place : Mickaël lui fait la lecture. Cette relation dure plusieurs mois, jusqu'au jour où Hanna disparaît sans explication.  
Quelques années plus tard, Mickaël, devenu étudiant en droit, assiste à un procès dans le cadre d'un séminaire sur le passé nazi. Ce procès, c'est celui d'anciennes gardiennes du camp d'Auschwitz et parmi ces gardiennes, il reconnaît Hanna. Il découvre alors que cette femme qu'il a aimée est une criminelle qui a participé au plus grand crime contre l'humanité...

Ce livre est un véritable bijou. J'ai tout de suite accroché : l'écriture est simple mais efficace. C'est Mickaël, quelques années après les faits qui décide de raconter son histoire, et c'est donc avec le regard d'un enfant ( mais est-il vraiment un enfant? ) que nous est contée cette sublime histoire d'amour. Je dis sublime parce que j'ai eu envie d'y croire et j'y ai cru... Pourtant, je savais très bien ce qui se cachait derrière cette femme si sensuelle et mystérieuse. Mais voilà, le pouvoir des mots est bien plus fort. Plus fort que la bienséance également car Mickaël n'a que quinze ans et cette femme pourrait être sa mère...mais bizarrement là encore, cela ne m'a pas gênée. Sans doute parce que le jeune homme semble très mature.
Et puis, il y a cette deuxième partie, qui même si on l'attend dès les premières pages, vous fait redescendre sur terre et vous invite à la réflexion... En effet, et c'est là que se trouve le malaise, Hanna m'a beaucoup émue tout au long du livre, alors même qu'elle a participé à un crime abominable : laisser brûler des femmes enfermées dans une église. Peut-être est-ce son secret dévoilé peu à peu qui la rend plus humaine à nos yeux? Dans tous les cas, c'est un véritable tour de force. Et Bernhard Schlink mène une réflexion vraiment intéressante sur le rôle des bourreaux mais aussi sur la culpabilité ressentie par leurs descendants comme s'ils devaient payer éternellement pour le crime de leur ancêtre.
Et puis il y a cette fin absolument magnifique, dont je ne peux guère parler sans trop en dévoiler. J'ai été complètement retournée par tout cet épisode qui suit le procès.Un très beau livre vraiment sur un sujet qui me touche beaucoup...

On peut donc dire que cette quatrième lecture du dimanche est encore un succès pour moi, j'ai vraiment eu du mal à lâcher ce livre et je pense que son souvenir va me suivre un long moment. Quant à Stephie, j'ai hâte de découvrir
son avis que je vous invite bien sûr à aller lire.


Petit ajout : je vous remercie pour vos commentaires laissés sur mon article d'hier, tous vos encouragements sont les bienvenus, et je tâcherai de vous répondre individuellement aujourd'hui ou demain et de vous rendre une petite visite afin de découvrir vos nouveautés.

Partager cet article
Repost0
10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 09:38

La lecture du dimanche

Cela faisait un moment que j'entendais parler de cet auteur islandais de romans policiers. Et j'étais très tentée par cette lecture. Aussi je n'ai pas pu résister lorsque Stephie me l'a mis dans les mains lors de notre virée en librairie... Heureusement pour mon porte-monnaie, je ne vais à Paris qu'une fois tous les cinq ans...


L'histoire:

Holberg, un vieil homme célibataire est retrouvé mort dans son appartement. En apparence un "truc bête et méchant" si ce n'est un mystérieux message laissé par l'assassin. Le commissaire Erlendur se charge de l'enquête et ne tarde pas à découvrir la véritable face de Holberg : un passé de violeur et une passion exagérée pour la pornographie. Mais il découvre également une photographie cachée au fond d'un tiroir : celle de la tombe d'une enfant décédée à l'âge de quatre ans. Il découvre alors que cette dernière n'est autre que la fille de Kolbrun, l'une des victimes de Holberg, dont l'accusation n'a jamais été prise au sérieux. Cette piste va mener Erlendur jusqu'à une affaire datant de quarante ans. Mais il ne se doute pas encore des conséquences importantes de cette affaire sur le présent des différents protagonistes...

J'apprécie de plus en plus la lecture des polars et je dois avouer que j'ai été totalement conquise par celui-ci! Ceux qui me connaissent un peu comprendront que j'ai apprécié cette histoire assez glauque : des viols, une inhumation, des organes égarés et une atmosphère pesante. Le climat islandais y est pour quelque chose : tous les déplacements du commissaire se font sous une pluie battante et très souvent à la nuit tombée...
Erlendur, parlons-en! Voilà un commissaire hors du commun et j'ai adoré ce personnage qui nous fait passer du sourire à l'émotion. En effet, il a un côté assez taquin dans sa relation avec ses deux collègues Sigurdur Oli et Elinborg et il ne manque pas d'humour. Cependant, il sait se montrer humain avec les personnes touchées par cette histoire, notamment lorsqu'il s'agit d'évoquer la disparition d'un enfant. En effet, on suit également Erlendur dans sa vie privée et il a lui-même deux enfants qui lui causent bien du souci : un fils qu'il ne voit plus et sa fille Eva Lind, une droguée qui n'hésite pas à le bousculer pour obtenir de l'argent.
Enfin, le lecteur est emmené dans une intrigue très bien menée, les révélations sont distillées au fil des pages et on avance peu à peu vers une résolution de l'enquête qui tient bien la route et que je n'avais absolument pas devinée.

Un petit extrait qui résume bien ce roman :
" On s'imagine que ça n'attaque pas le moral. On se croit assez fort pour supporter de telles choses. On pense qu'avec les années, on se forge une carapace, qu'on peut regarder tout ce bourbier à bonne distance comme s'il ne nous concernait en rien et qu'on peut ainsi parvenir à se protéger. Mais il n'y a pas plus de distance que de carapace. Personne n'est suffisamment fort. L'horreur prend possession de ton être comme le ferait un esprit malin qui s'installe dans ta pensée et te laisse en paix seulement lorsque tu as l'impression que ce bourbier est la vie réelle car tu as oublié comment vivent les gens normaux. Voilà le genre d'enquête que c'est. Elle est semblable à un esprit malfaisant qui aurait été libéré et s'installerait dans ta tête jusqu'à te réduire à l'état de pauvre type."

Voilà cette deuxième lecture du dimanche est une réussite pour moi, et je vous invite bien sûr à aller lire ce qu'en a pensé Stephie. Et pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, petit rappel du principe ICI...
A dimanche prochain pour une nouvelle lecture!

Partager cet article
Repost0
6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 12:57

Pourquoi abrégée me direz-vous? Tout simplement parce que c'est celle que j'avais donnée à lire à mes élèves pendant les vacances et qu'il valait mieux que je lise la même version qu'eux... Donc comme vous le voyez,  les vacances sont terminées et il a fallu se remettre au travail ce qui explique mon silence depuis dimanche...

L'histoire :

 

Oliver naît dans un dépôt de mendicité en Angleterre. Sa mère meurt lors de l'accouchement, il se retrouve donc orphelin. Une bien triste venue au monde... qui n'est que le présage de ce qui va suivre. En effet, Oliver est d'abord placé dans une succursale du dépôt gérée par l'horrible Mme Mann qui n'hésite pas à l'enfermer à la cave pour le punir. Il est ensuite ramené au dépôt, et alors qu'il n'a que neuf ans on lui donne un travail : trier l'étoupe. Mais parce qu'il a l'arrogance de réclamer un soir une part supplémentaire de gruau, on décide de le proposer en ville comme apprenti. M. Sowerberry, croque-mort le prend à son service. Mais Noé, un jeune garçon qui travaille également chez M. Sowerberry voit d'un très mauvais oeil l'arrivée d'Oliver. Un jour, il insulte la mère d'Oliver. Ce dernier se rebelle et le frappe. Noé l'accuse alors d'être devenu fou et d'avoir voulu l'assassiner. Oliver prend alors la décision de s'enfuir. Au bout de plusieurs jours après 112 kilomètres de marche, Oliver arrive à Londres où il va faire connaissance d'une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour un étrange vieillard nommé Fagin. Mais Oliver n'a pas un mauvais fond et il va tenter d'échapper à cette bande dont il n'approuve pas les méthodes. Malheureusement, il en sait trop...

J'avais vu le film il y a quelques mois lors d'un stage sur le cinéma, et j'avais depuis, très envie de lire le livre. Comme d'habitude, j'aurais préféré lire le livre avant de voir le film mais je n'avais pas été informée du film retenu pour ce stage. Néanmoins, je me suis régalée avec cette lecture : Charles Dickens y dénonce de manière très habile les injustices sociales de son époque et surtout la manière dont sont traités les enfants. Et Oliver Twist incarne cette injustice à la perfection : en effet, tout au long du roman, il refuse la facilité de devenir un voyou et parvient à rester honnête malgré les nombreuses épreuves qu'il traverse. Je me suis énormément attachée à ce petit personnage qui apparaît si fragile dès les premières lignes et qu'on a véritablement envie de protéger tout au long du roman.
Mais je dois avouer que j'ai trouvé la fin un petit peu tirée par les cheveux... Peut-être est-ce dû à la version abrégée mais cette scène de reconnaissance finale m'a laissée perplexe... Trop facile à mon goût, même si on l'a bien compris, le but que voulait atteindre Dickens était moral : Oliver est récompensé pour avoir su résister au vice. Malgré cela, je reste quand même très enthousiasmée par cette lecture et ce détail n'a pas suffi à entacher mon plaisir!

Partager cet article
Repost0
3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 11:00

La lecture du dimanche

Voilà un auteur que je n'avais jamais lu, et que Stephie, lors de notre longue promenade chez Gibert m'a fortement recommandé... Bien entendu, comme je lui fais une confiance presque aveugle, je n'ai pas su lui résister. D'ailleurs, elle s'est, elle aussi, laissée tenter par un van Cauwelaert et une idée de génie nous est venue : publier notre article le même jour. Puis de fil en aiguille nous avons décidé de nous lancer dans une petite aventure dominicale que nous intitulerons la lecture du dimanche. En effet, nous avons pas mal de titres ou auteurs en commun dans nos PAL; nous allons donc tenter chaque dimanche un billet simultané sur le même titre, ou du moins, comme aujourd'hui, le même auteur. Maintenant que vous savez tout, passons aux choses sérieuses!



L'histoire :

 

Tout commence par un double coup de foudre dans un bus Air France. Nicolas Rockel tombe sous le charme d'Ingrid et de son fils Raoul, et il sait avant même de leur adresser la parole que ces deux-là vont faire partie de sa vie. Pourtant c'était plutôt mal parti... Raoul vient de perdre son papa à la guerre, et lorsqu'il demande à sa mère à quoi sert la guerre, Nicolas s'empresse de lui répondre : " Ca ne sert à rien la guerre, c'est pour ça que les hommes la font".

Malgré cette maladresse, une très belle histoire d'amour naît rapidement entre les trois personnages. Pourtant, dès les premières pages, le lecteur est prévenu : cette histoire qui semble faite pour durer éternellement va brusquement s'arrêter au bout de quatre ans. Et c'est cette terrible rupture que nous raconte Didier van Cauwelaert. C'est Ingrid qui prend cette décision, du jour au lendemain. Sa raison? Elle aime Nicolas. Ce dernier ne comprend pas : quelle erreur a-t-il commise?  Il est pourtant un mari aimant et attentif et aussi un très bon père pour Raoul... Certes, il est resté un grand enfant et il maintient ce dernier dans le rêve et l'innocence en lui faisant croire que les fées existent, malgré les moqueries de Ludovic Sarres, un copain de Raoul. Mais Raoul l'aime comme un père et lorsqu'il voit que ses parents se déchirent, il se met à la recherche de la fée qui pourra l'aider à les réconcilier.

Nicolas, désespéré, se rend chaque jour au supermarché où il s'invente une autre vie en achetant chaque fois des articles dont il n'a pas besoin.  Chaque jour, il passe à la même caisse, celle de César, une jeune irakienne qui a fui son pays en guerre. Et si cette jeune femme était la fée tant attendue par Raoul?

J'ai beaucoup aimé cette lecture. Le début m'a fait un peu peur : encore une histoire d'amour et de coeurs brisés... Mais finalement, ce thème est traité d'une manière très originale, un peu comme un conte de fée pour adultes, par ailleurs, très bien écrit. En effet, les personnages inspirent une grande tendresse et sont auréolés de magie, même si on ne tombe jamais dans le fantastique. J'ai été particulièrement touchée par le personnage de César qui souffre énormément : elle a fui son pays pour la France où elle pensait pouvoir valider son mémoire sur Gide. Seulement la réalité est différente : il lui manque un papier pour s'inscrire à la Sorbonne, elle subit le harcèlement de son patron et vit seule dans une cité miteuse depuis que son petit ami a été incarcéré. Malgré cela, elle continue d'y croire et elle compatit à la souffrance des autres, notamment celle de Nicolas. Cela est particulièrement bien rendu par l'alternance des points de vue. Tantôt Nicolas est le narrateur, tantôt il s'agit de César, et si au début, on a un peu de mal à faire le lien entre les deux narrations, tout s'éclaircit au fil des pages.

Je me rends compte alors que j'arrive à la fin de mon article que je n'ai presque pas parlé d'Ingrid. Probablement, parce que c'est celle qui m'a le moins touchée alors qu'elle souffre elle aussi énormément de cette séparation. Mais tout au long du livre, on ne comprend pourquoi elle fait  ça et on lui en veut de faire autant souffrir Nicolas et Raoul. Elle donne l'impression de ne pas prendre ses responsabilités puisqu'elle laisse à Nicolas le soin d'annoncer à leur fils qu'ils se séparent. Bien sûr, à la fin, on comprend... Pourtant, je n'ai pas été surprise par cette fin que j'ai trouvée un peu bâclée, comme si l'auteur était pressé d'en finir. Je m'attendais à quelque chose de plus haute voltige après un livre aussi magnifique. Et disons que ça tombe un peu à plat...

Je vous invite bien entendu à aller consulter la lecture du dimanche chez
Stephie qui a choisi un autre titre de Didier van Cauwelaert puisqu'elle avait déjà lu celui-ci.

Partager cet article
Repost0
26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 05:51

Ma passion pour les vampires est toute récente. Elle est apparue à la lecture de la saga Twilight. J'ai ensuite découvert un tout autre aspect du vampire en lisant Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex . Aussi quand j'ai découvert cet article sur le blog de Stephie, je me suis dit qu'il me le fallait, et c'est même ensemble que nous l'avons acheté le jour même!



L'histoire :

Laura vit avec son père, sa gouvernante et sa préceptrice dans un château isolé en Styrie. Elle se sent très seule aussi est-elle impatiente de voir arriver le Général Spielsdorf en compagnie de sa jeune nièce. Cependant cette dernière meurt dans des conditions très étranges que le Général expose dans une lettre à son ami en des termes peu compréhensibles : "Sa mort est l'oeuvre du démon qui a trahi notre folle hospitalité."
Juste après avoir lu cette lettre, et alors qu'ils rentrent au château, Laura et son père sont témoins d'un accident : une voiture tirée par quatre chevaux se renverse sous leur yeux. Laura et son père se précipitent et font la connaissance d'une dame mystérieuse. Celle-ci est attendue de toute urgence et sa fille Carmilla, choquée par l'accident ne semble pas capable de poursuivre le chemin. Laura insiste auprès de son père pour qu'il réponde favorablement à la demande de la dame : garder Carmilla le temps qu'elle règle ses affaires. Les deux jeunes filles deviennent rapidement amies. Mais des événements étranges se produisent dans le village voisin : des jeunes filles meurent d'un mal qu'aucun médecin ne parvient  identifier. Laura, elle-même, est sujette à d'étranges langueurs...

J'ai adoré ce récit qui met en scène une histoire de vampire pour le moins originale! D'abord, le vampire est une jeune femme qui est proprement fascinante du début à la fin du récit. Tout comme Laura, le lecteur est à la fois effrayé mais surtout attiré par ce personnage. En effet, l'amitié des deux jeunes filles est très ambiguë : "elle resserrait son étreinte frémissante, et ses lèvres me brûlaient doucement les joues par de tendres baisers". Laura avoue être gênée par ces élans, mais ne pas pouvoir leur résister. L'originalité réside donc également dans la relation entre le vampire et sa victime, puisque Carmilla ne tue pas Laura immédiatement mais distille le mal petit à petit. Le vampire  "s'applique à faire durer son plaisir criminel avec tout le raffinement d'un gourmet et il en rehaussera la force par une cours habile et progressive. Il semble alors aspirer à obtenir le consentement et à gagner la sympathie de sa proie, tandis que d'ordinaire, il va droit au but, maîtrise sa victime par la violence, et souvent même l'étrangle et la draine de tout son sang en un seul festin."  J'ai également beaucoup apprécié l'ambiance noire qui se dégage de ce roman sans pour autant tomber dans l'excès de certains récits fantastiques.

Ce récit, publié en 1872, soit 25 ans avant Dracula de Bram Stoker est considéré comme fondateur des récits vampiriques. Une pure merveille qui m'invite à m'intéresser aux autres écrits de Le Fanu et à poursuivre mon aventure avec les vampires... ( déjà deux titres en attente sur ma PAL...) Et merci encore à Stephie pour cette découverte!

Partager cet article
Repost0
22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 08:52

J'ai fait hier une virée parisienne en compagnie de Stephie ( ce qui m'a d'ailleurs valu une nouvelle augmentation de PAL... ). Comme j'avais un petit moment de TGV, j'en ai profité pour bouquiner. Je suis en train de lire Les naufragés de l'île Tromelin mais comme il est très gros, mon choix s'est porté sur un livre plus léger;

 

L'histoire :

 

La guerre fait des ravages dans le pays de Monsieur Linh et un jour, il découvre que son fils et sa belle-fille ont été sauvagement assassinés. Seule Sang Diû sa petite-fille a survécu. Il la prend alors dans ses bras et décide de fuir ce pays dans lequel il n'a plus rien. Après une longue traversée en bateau, il arrive dans un pays étranger et se retrouve dans un camp pour réfugiés. Deux familles s'y trouvent déjà mais ne semblent pas voir d'un bon oeil l'arrivée d'un tel vieillard qui ne laisse personne s'approcher de la petite. Quant aux personnes qui gèrent le camp, elle ne parlent pas sa langue et l'interprète n'est pas toujours là. Après être resté enfermé des semaines car il a peur des voleurs d'enfants, Monsieur Linh se décide enfin à sortir. C'est alors qu'il rencontre Monsieur Bark, un gros homme qui vient s'asseoir chaque jour sur le même banc.  Monsieur Linh est d'abord méfiant, mais peu à peu une très belle amitié naît entre les deux hommes qui, pourtant, ne se comprennent pas. Jusqu'au jour où le camp ferme ses portes...

Cette histoire est magnifique!  Philippe Claudel a su rendre le déchirement ressenti par les réfugiés. En effet Monsieur Linh quitte ce pays devenu hostile, mais il y laisse toute sa vie. Les seules choses qu'il emporte sont une petite poignée de terre dans un sac, une photographie et Sang Diû sa petite-fille. Et si ce vieillard a la force de partir, c'est uniquement pour cette dernière, pour qu'elle puisse connaître un jour le bonheur.
Je me suis beaucoup attachée à ce personnage qui semble si fragile mais qui tire une si grande force de cette petite qu'il refuse de lâcher. J'ai trouvé également très touchante l'amitié qui naît entre Monsieur Linh et Monsieur Bark alors que tout oppose ces deux hommes, au-delà même de ce que l'on peut imaginer... Ils ne se comprennent pas, mais les mots semblent bien dérisoires comparés aux gestes : une main posée sur l'épaule, un paquet de cigarette tendu, un verre partagé...
Et pour ne rien gâcher, la dernière scène et la révélation finale sont absolument sublimes. Une véritable leçon de vie qui m'a mis les larmes aux yeux.

Partager cet article
Repost0
19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 19:02

C'est grâce à sa première de couverture que je me suis tournée vers ce livre, je l'ai immédiatement trouvée magnifique. Et lire le court résumé de la quatrième de couverture, pourtant très mystérieux,  a suffi à me convaincre de repartir avec ce livre sous le bras!


L'histoire est celle d'un homme, le narrateur, dont on ignore le nom. Acteur porno et drogué depuis l'adolescence, il mène une vie dissolue. Jusqu'au jour où l'accident survient. Victime d'une hallucination - des flèches enflammées se dirigent vers lui- il donne un coup de volant qui le précipite au fond d'un ravin. La voiture s'enflamme, consumant une grande partie de son corps, avant de finir sa chute dans une rivière, le sauvant ainsi d'une mort certaine. Admis dans un service pour grands brûlés, il n'a qu'une hâte , en sortir pour se donner la mort. En effet, la belle gueule est devenu un monstre, une masse de chairs en souffrance dont la vue est insoutenable et son pénis a été entièrement détruit par les flammes, alors qu'une grande partie de sa vie tournait autour du sexe. C'était sans compter sur les visites de Marianne Engel, une jeune femme étrange, admise régulièrement au service de psychiatrie pour schizophrénie. Celle-ci lui conte qu'ils se sont rencontrés sept cent ans plus tôt, alors qu'elle était religieuse et que lui était mercenaire. Brûlé très griévement par une flèche enflammée dans un combat, elle aurait pris soin de lui, lui permettant d'échapper à la mort...

Cette lecture est pour le moins déroutante et elle suscite des émotions fortes. L'auteur, qui signe ici son premier roman a un véritable talent pour dépeindre sentiments et sensations. Les premières pages sont véritablement insoutenables, le lecteur est amené à vivre la souffrance du narrateur, à ressentir ses brûlures au plus profond de lui même. Les différents traitements sont décrits avec précision et sans retenue. 
L'émotion est aussi suscitée par les différents récits de Marianne... entre folie et fantastique. La voix du narrateur s'efface alors pour laisser place à celle de cette conteuse envoûtante, qui s'adresse à lui à la deuxième personne pour lui raconter les circonstances de leur rencontre. On navigue ainsi entre aujourd'hui et le Moyen-Âge, ce qui suscite l'envie d'en savoir plus sur les deux intrigues, pourtant si étroitement mêlées. Et cette histoire d'amour à travers les âges, on a envie d'y croire, parce qu'elle est tout simplement magnifique, et qu'il y a trop de coïncidences pour qu'elle soit seulement issue de l'imagination de Marianne...
Le roman est également ponctué de quatre légendes sur le thème de l'amour et du sacrifice. Je me suis chaque fois laissée complètement emporter par ces histoires très belles et touchantes qui prennent tout leur sens à la fin du roman.

Bref, une lecture très forte, qui m'a souvent donné des frissons, et qui a bien failli m'arracher quelques larmes...

Plus de détails sur
le site officiel du livre qu'il vaut mieux consulter après la lecture car on y lit quelques spoilers.
Et le très bel article de
La liseuse qui a eu, comme moi, un gros coup de coeur pour ce roman.

Partager cet article
Repost0