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Fablehaven voyage...

Fablehaven a pris la route jusque chez Deliregirl1.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 14:00

J'avais repéré La Femme de l'Allemand du même auteur sur plusieurs blogs, et j'avais très envie de le lire. Quand j'ai vu que Stephie avait ce titre dans sa PAL et qu'il s'agissait en fait de son premier roman, je lui ai proposé d'en faire une lecture du dimanche.

L'histoire :

En 1944, sous l'Occupation, France vit à Paris avec sa mère. Certes, c'est la guerre, mais la vie de celle que l'on surnomme la petite est bien douce. Elle entretient une relation fusionnelle avec sa mère, et l'absence de son pauvre petit papa, prisonnier de guerre, que du haut de ses quatre ans, elle n'a encore jamais vu ne lui cause aucun chagrin. Au contraire, c'est l'annonce du retour de ce père inconnu qui va bouleverser la vie de la petite, ce père avec qui, dorénavant, elle va devoir partager sa mère. Ce père,qui, ébranlé par ce qu'il a vécu, ne supporte aucun bruit, ne tolère pas qu'on puisse ne pas finir son assiette et se met parfois dans une colère noire face à cette petite qu'il juge mal élevée. Puis peu à peu, le père et la petite s'apprivoisent et elle lui confie alors un secret qui va  être à l'origine d'un véritable drame familial.

Dès les premières lignes, j'ai été conquise par ce style si particulier, cette écriture à la fois si épurée et si riche. Epurée parce que proche de cet univers enfantin et riche parce que chaque mot semble préparer le drame, parce que dans chaque phrase la tension est palpable, parce que dans chaque chapitre, elle monte d'un cran jusqu'à ce que tout vole en éclats. Les chapitres sont courts, l'ensemble se lit assez rapidement, mais avec cette impression de devoir retenir son souffle. En effet, dès le début, le lecteur sait, le lecteur sent. Ce récit m'a véritablement bouleversée, davantage encore, après avoir lu qu'il était en partie autobiographique. Cette petite fille qui tient dans ses mains une véritable bombe, un secret inavouable, dont elle ne comprendra que trop tard la portée : "Personne ne s'occupe de la petite ce soir-là. Elle finit par s'endormir sur le canapé, dans la tristesse de n'avoir pas obtenu de réponse à sa question, et le sentiment très vague, très lointain d'avoir fait ce qu'il ne fallait pas."  La mère m'a également beaucoup touchée, parce que sous les non-dits, on devine sa grande souffrance, celle d'avoir "perdu" sa fille qui semble ne pouvoir aimer ses deux parents en même temps, tant son amour est inconditionnel. Mais la souffrance également de perdre cet homme qu'elle semble aimer malgré tout, même si finalement elle est seule responsable de ce drame.

Je crois que le souvenir de ce livre va me suivre très longtemps, et que je vais me précipiter sur les autres titres de cet auteur qui fait mouche.

Et toi
Stephie, qu'en as-tu pensé?


Je vous rappelle par ailleurs qu'il vous reste une semaine pour nous envoyer vos propositions de logo pour notre lecture du dimanche : les détails ICI

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 06:59

C'est encore en compagnie de Stephie et sur ses conseils que j'ai acheté ce livre cet été.  Après ma lecture forte en émotions de La chambre des officiers de Marc Dugain   j'avais envie de lire d'autres romans sur le première guerre mondiale.

L'histoire :

Nous sommes le mercredi 20 décembre 1916, il est 22h et Marthe attend qu'il soit minuit pour aller se coucher. Elle attend de tomber de fatigue pour ne pas ressentir la solitude qui l'étreint dans ce grand lit vide. Ce lit qui lui rappelle chaque fois combien l'absence de Jean est pesante. Au même instant, Jean se trouve dans les tranchées et lutte contre le sommeil. Il fait froid, il pleut, il faut supporter la boue et les rats en attendant la relève prévue pour minuit. Le lecteur suit ainsi les pensées de ce couple séparé par cette guerre qui n'en finit pas. Marthe songe à tout le travail qu'elle a accompli pour faire tourner la ferme en l'absence de Jean. C'est avec une volonté de fer qu'elle poursuit l'oeuvre qu'ils avaient commencée ensemble, en dépit des remarques acerbes de sa belle-mère qui ne l'a jamais appréciée. Jean, quant à lui, songe à sa famille. Ses enfants lui manquent et il se raccroche au souvenir de sa dernière permission en attendant la prochaine. Il songe également aux atrocités qu'il a vues, aux camarades morts au combat, parfois dans d'atroces souffrances. Les deux points de vue sont alternés et le lecteur vit au rythme de ces personnages pendant les deux heures qui les séparent de minuit.

J'ai été très touchée par ce livre qui narre le destin de deux êtres pris dans la tourmente de la guerre. J'ai trouvé très originale cette alternance des points de vue. En effet, on parle souvent des soldats et des horreurs qu'ils ont pu vivre dans les tranchées mais on oublie très souvent les civils restés à l'arrière. Toutes ces femmes admirables qui ont pris la route de l'usine ou celle des champs afin de continuer à faire vivre leurs familles. Et Marthe est l'une de ces femmes, un personnage fort qui impose le respect. Elle a une volonté hors du commun, poussée par son amour pour Jean ( quelle fierté pour lui lors de ses permissions de voir que la ferme est aussi bien entretenue ) mais aussi par la haine que lui voue sa belle-mère qui ne croit pas en elle, qui est persuadée qu'elle échouera dans tout ce qu'elle entreprend.  C'est ce pan du roman qui m'a le plus touchée, sans doute parce que la souffrance des soldats, je la connaissais déjà pour avoir lu d'autres textes. Jean n'en est pas moins un personnage attachant bien sûr, et au fil des pages, le lecteur souhaite qu'il s'en sorte, qu'il puisse rentrer aux Combettes retrouver femme et enfants. "ATTENTION SPOILER " Et d'ailleurs, le roman se termine sur une lueur d'espoir ce qui m'a un peu gênée, j'aurais préféré une vision plus sombre, à l'image de la réalité de la guerre.

Une très belle lecture donc, que ce roman écrit " En souvenir de tous ceux qui étaient là-bas et de toutes celles qui les attendaient."

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 07:00

La lecture du dimanche

Après avoir lu et apprécié La cité des Jarres , La femme en vert et La voix  dans le cadre de nos lectures du dimanche, nous avons choisi de vous parler aujourd'hui de la quatrième enquête menée par le commissaire Erlendur Sveinsson.


L'histoire :

C'est lors d'un relevé qu'une jeune hydrologue découvre un squelette au fond du lac. L'endroit était encore immergé quelques jours auparavant mais l'asséchement du lac a permis de découvrir qu'un homme y a été jeté plus de quarante ans auparavant, lesté d'un vieil appareil d'écoute russe. Voilà un mystère parfait pour notre commissaire qui s'intéresse de très près aux disparitions. Il commence alors son enquête en faisant le tour des personnes disparues à cette époque qui auraient pu avoir un lien quelconque avec l'espionnage russe puisque le seul indice dont il dispose est cet appareil d'écoute. Parallèlement, nous suivons un groupe d'étudiants islandais en Allemagne de l'est, au lendemain de la seconde guerre mondiale : la terreur règne, le Parti pratique la surveillance réciproque et il est très mal vu de ne pas suivre l'idéologie en place...

On retrouve dans ce polar le talent d'Indridason. J'ai particulièrement apprécié de suivre en parallèle le moment de l'enquête et le moment des faits, cela rend le récit très vivant et favorise le suspense. Et cela fonctionne puisque je l'ai quasiment lu d'une seule traite! Un petit bémol cependant : j'ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, notamment lorsqu'il est question du groupe d'étudiants, l'espionnage et la surveillance politique ne font pas partie de mes thèmes préférés et comme les clés ne nous sont données qu'au fur et à mesure, il m'a fallu un temps d'adaptation. Mais ensuite quel plaisir! Quelle intrigue! Indridason a cette force de savoir renouveler ses enquêtes tout en conservant ce qui fait sa force. Au bout de quatre romans, les pesonnages me sont devenus familiers et j'apprécie le fait de les retrouver d'un roman à l'autre. Je pense par exemple au personnage de Valgerdur, apparue dans
La voix  qui aurait tout aussi bien pu disparaître ici. Je pense aussi à Eva Lind dont on suit le parcours depuis le début. Certes, elle est moins présente dans ce roman, mais cela fait partie du personnage et de la relation mouvementée qu'elle entretient avec son père.

Bref, encore un très bon moment de lecture grâce à Indridason. Malheureusement, pour le moment, il n'y en a plus qu'un seul qui nous attend et il faudra attendre un peu pour le voir sortir en poche!

Je vous invite bien sûr à aller lire
l'avis de Stephie! Je pense que cette fois encore, nous serons du même avis!

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 14:30

La lecture du dimanche

Je vous parlais vendredi de
L'ombre du vent que j'avais énormément apprécié, je vais vous parler aujourd'hui du jeu de l'ange que Stephie et moi avons choisi pour notre lecture du dimanche car nous avons toutes deux été sélectionnées par Blog-o-Book pour le recevoir.

L'histoire :

Lorsque son père se fait assassiner sous ses yeux, David Martin se retrouve orphelin. Mais Vidal, pour qui son père travaillait en tant que gardien, lui propose un poste inespéré de journaliste au sein de son entreprise. Passionné par les livres et écrivain, David fait peu à peu son chemin : on lui propose tout d'abord d'écrire un feuilleton pour le journal. Puis repéré par des éditeurs il signe un contrat de dix ans avec une maison d'édition. Seulement, on l'oblige à écrire sous un pseudonyme... et souffrant d'affreuses migraines, David a du mal à rendre les nombreuses pages qu'il s'est engagé à écrire chaque mois. C'est alors qu'il rencontre un éditeur français : Andreas Corelli qui lui propose un contrat alléchant : cent mille francs en l'échange d'un livre, un seul qui serait en quelque sorte une nouvelle religion. Mais David, toujours lié à ses premiers éditeurs et incapable d'écrire à cause de ses migraines hésite... jusqu'à ce que Corelli ajoute une nouvelle clause au contrat. Dès lors, David n'est plus maître de son destin et il assiste, presque impuissant à sa descente aux enfers.

Difficile de trouver les mots pour parler de ce livre... c'est une véritable merveille. J'avais beaucoup aimé le premier, j'ai adoré celui-ci que j'ai trouvé bien meilleur encore. Du début à la fin, j'ai été complètement transportée par cette lecture, avide d'en savoir plus, de comprendre. Je ne regrette pas d'avoir lu L'ombre du vent avant celui-ci, car même s'il est possible de le lire indépendamment, on retrouve de nombreux clins d'oeil à l'histoire de Daniel Sempere. Ainsi, j'ai retrouvé avec plaisir la librairie Sempere et fils et le Cimetière des Livres oubliés , des lieux dans lesquels on aimerait pouvoir réellement pénétrer. Certains thèmes sont également communs, notamment l'importance de la littérature, par le biais de l'écriture, aussi bien que de la lecture et son pouvoir sur le destin des personnages. Ces derniers sont d'ailleurs tous plus extraordinaires les uns que les autres, je me suis d'ailleurs beaucoup attachée aux deux personnages féminins qui gravitent autour du narrateur : Cristina et Isabella. La première pour son destin si tragique et la souffrance qui semble ne jamais la quitter, même dans les quelques moments heureux. La seconde pour son caractère bien trempé et sa relation particulière avec le narrateur à qui elle n'a pas peur de tenir tête.
J'ai également apprécié d'être plongée dans le fantastique. L'ensemble est traité avec beaucoup de talent, on quitte la réalité en douceur, sans procédés grossiers. Des éléments sont d'abord distillés dans le récit puis on plonge peu à peu hors de la réalité mais sans jamais véritablement perdre pied. D'ailleurs, la seule chose que je regrette c'est que la quatrième de couverture nous donne déjà les clés pour comprendre, et que j'aurais aimé découvrir les choses sans savoir.
Un mot de la fin : j'ai été véritablement époustouflée par la manière dont se termine le roman, à tel point que j'en ai eu les larmes aux yeux, chose assez rare pour être signalée. J'ai particulièrement aimé l'écho fait à L'ombre du vent qui a permis d'éclaircir certaines interrogations qui m'avaient suivie tout au long de ma lecture.
Pour moi, ce livre est un véritable chef-d'oeuvre, que je ne suis pas prête d'oublier. Et pour en avoir éjà discuté un peu avec Stephie, je pense pouvoir dire sans me tromper qu'elle sera de mon avis. Je vous invite donc à aller lire
son article.

Je remercie bien sûr
Blog-o-Book pour cette magnifique découverte, l'une des plus belles de cette année, ainsi que les éditions Robert Laffont.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 15:17

Lorsque j'ai vu que j'avais été sélectionnée par BoB pour recevoir le nouveau Zafon, je me suis dit qu'il fallait quand même que je commence par lire le premier qui était dans ma PAL depuis quelques mois déjà... Je ne sais pourquoi, ce livre me faisait un peu peur, peut-être parce que je suis souvent déçue par certains titres qui sont portés aux nues comme celui-ci a pu l'être...

L'histoire :

Le petit Daniel Sempere a dix ans lorsque son père lui fait découvrir le Cimetière des Livres oubliés. Dans ce lieu étrange et réservé aux initiés, on trouve des milliers de livres qui sont arrivés là parce que plus personne ne les lisait. Le rituel est toujours le même : le nouvel arrivant doit choisir parmi ces livres un titre qu'il gardera et protégera jusqu'à la fin de ces jours. Et lorsque le petit Daniel choisit un roman intitulé L'ombre du vent, il est loin d'imaginer les conséquences qu'aura ce choix sur le cours de sa vie. Ce livre a été écrit par un certain Julian Carax que tout le monde semble avoir oublié sauf Barcelo, un libraire de Barcelone qui propose à Daniel de lui racheter ce roman à un prix astronomique. Un inconnu semble également très intéressé par le roman qu'il ne souhaite pas lire, mais brûler... Intrigué, Daniel va tenter d'en savoir plus sur ce mystérieux Julian.

Que dire? Dès les premières pages j'ai été conquise par cette écriture poétique et par ce jeune narrateur qui nous raconte qu'il a perdu sa mère . Puis, la plongée au coeur des livres, mêlant réalité et fiction, l'inconnu qui cherche à acquérir le livre de Daniel semble en effet sorti tout droit du roman de Julian Carax. Je me suis attachée à chacun des personnages, tant ils sont dépeints avec exactitude, tant ils ont chacun une personnalité propre, tant leur caractère est creusé. Chacun des lieux décrits est magique, et si habituellement, les passages descriptifs me lassent rapidement, j'ai ici apprécié la manière dont le lieu se mêle à l'histoire, la librairie, les Cimetière des Livres, la demeure Aldaya... les secrets y sont enfouis et il semble que les murs pourraient parler... Bref, j'ai tout aimé de tout ce roman. Je n'ai qu'un regret , l'avoir lu à un moment où j'avais peu de temps pour lire. De ce fait, ma lecture s'est étalée sur presque deux semaines alors que j'aurais sans doute pu le dévorer en quelques jours. D'ailleurs, j'ai commencé le jeu de l'ange dont je vous parlerai très bientôt, et j'avance beaucoup plus vite, ayant retrouvé un rythme de lecture presque normal.

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 07:00

La lecture du dimanche

Pour cette dernière lecture du dimanche des vacances, j'ai encore une fois suivi l'avis de
Stephie qui m'a proposé lors de notre virée en librairie d'ajouter ce titre à nos PAL, me promettant une lecture assez crue. Vous imaginez bien qu'il n'en a pas fallu davantage pour me convaincre....

L'histoire :

Deux jeunes garçons, frères jumeaux, sont confiés à leur grand-mère. Leur mère souhaite qu'ils échappent aux horreurs de la guerre qui frappent la ville mais qui n'ont pas encore envahi les campagnes. Mais cette vieille femme n'a rien de la grand-mère gâteau, les gens du village la surnomme "La sorcière" car on la soupçonne d'avoir assassiné son mari. Elle est sale, très sale. Méchante aussi, très méchante. Mais les garçons vont apprendre à partager la vie de cette étrange femme qui les appelle "fils de chienne". Ils apprivoisent peu à peu l'univers particulier qui les entoure et rencontrent d'étonnants personnages : Bec de Lièvre,une jeune adolescente déjà très portée sur le sexe, le curé qui n'a rien d'un saint, sa servante qui n'est pas farouche... Peu à peu, ils font eux-mêmes leur éducation et consigne les événements qui la ponctue dans un grand cahier...

Voilà exactement le genre de lecture que j'apprécie : c'est sale, c'est cruel, c'est pervers mais ça reste très touchant, sans doute parce que tout ceci est vu du point de vue de deux jeunes enfants. D'ailleurs, j'ai particulièrement aimé la façon dont est menée la narration, à la première personne du pluriel, ce qui renforce le lien entre les deux frères qui semblent sans cesse parler d'une seule voix. J'ai été touchée par la relation qu'ils entretiennent avec leur grand-mère, mélange de haine, de curiosité et d'amour néanmoins. En effet, cette vieille femme est véritablement étonnante, un chapitre est consacré à son portrait et la lecture en est particulièrement truculente! D'ailleurs, l'ensemble est un régal de noirceur et de cruauté, avec des passages complètement immoraux, mais toujours narrés avec la simplicité et la naïveté d'un regard d'enfants. Des enfants qui se révèlent beaucoup moins naïfs qu'il n'en ont l'air...

Bref, j'ai adoré, vous l'aurez compris, et je n'ai qu'une hâte, lire la suite, puisque ce titre est en fait le premier d'une trilogie. Peut-être à l'occasion d'une prochaine lecture du dimanche...si Stephie est du même avis... 
Avis que je vous invite bien sûr à aller lire! 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:39

Il y a quelques semaines je vous parlais de La Bête et la Belle de Thierry Jonquet  dans le cadre d'une de nos lectures du dimanche. Il s'agissait pour moi d'une véritable découverte, n'ayant jamais lu cet auteur auparavant, et l'atmosphère glauque et sordide à souhait m'avait conquise! Bien décidée à ne pas en rester là, et suite à tous vos conseils de lecture, j'ai choisi de continuer avec ce titre que j'avais repéré sur la ronde des post-it et que lasardine m'avait vivement conseillé. Je n'ai pas été déçue du voyage!!!


L'histoire :

Cynthia a quinze ans. Cynthia finira sa vie dans un fauteuil roulant. La tête de coin, elle passe sa journée à baver. Cynthia est devenue débile et partage ses journées avec les autres infirmes moteurs cérébraux du pavillon C. Du moins, c'est ce que pensent les médecins ainsi que son entourage. Car si Cynthia a en effet perdu ses capacités physiques, elle n'est pas si débile qu'elle veut bien le laisser croire...
Au contraire, elle met en place une terrible machination afin de se débarrasser de celui qu'elle appelle l'ordure : le docteur Morier... Bien évidemment, elle sait pourquoi elle va faire ça, elle sait également où cela aura lieu, mais elle ne sait pas encore comment... L'arrivée des vacances et d'Alain au pavillon va lui apporter la réponse... Tous les enfants sont rentrés chez leurs parents pour les vacances. Il n'en reste que trois, dont Cynthia, et Alain est employé comme garde de nuit. Mais Alain n'est pas un garde comme les autres, Alain est obnubilé par le sexe, par son sexe... L'aide-soignante, l'amie de sa mère et Cynthia, si particulière... Cynthia pour qui l'heure de la vengeance a sonné!


Que dire? Ce livre, je l'ai dévoré. J'aime ce qui est glauque, j'ai été servie et plutôt deux fois qu'une! Thierry Jonquet touche ici au tabou et joue la provocation. Cynthia est retorse, son plan est machiavélique et ce qu'elle est prête à supporter pour parvenir à ses fins est proprement dérangeant.  Et aucun détail n'est épargné au lecteur : les règles, la merde, le sexe... J'ai particulièrement apprécié la scène où Cynthia se venge de ses parents en se donnant en spectacle dans leur restaurant.

La manière dont la narration est menée est également très intéressante : une narration à la troisième personne, un peu comme une caméra extérieure entrecoupée de narrations à la première personne, donnant accès alternativement aux pensées de Cynthia, de Morier et d'Alain. Les événements importants sont donc racontés par plusieurs personnages et prennent une dimension différente, Morier et Alain ne pouvant douter de la débilité de Cynthia.

Et puis, il y a la fin, et quelle fin! Moi qui suis pointilleuse quant à la manière dont se termine un roman, je n'ai cette fois pas été déçue, Thierry Jonquet est allé bien au-delà de ce que j'avais pu imaginer!!

Pervers, dérangeant, troublant, bref, un roman comme je les aime! C'est certain, vous entendrez encore parler de Jonquet sur ce blog!

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:41

Ce livre m'attendait depuis un petit moment dans ma PAL. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur ce blog, j'aime lire tout ce qui touche à la seconde guerre mondiale et plus précisèment à l'univers concentrationnaire, mais si, chaque fois ce sont des lectures difficiles. Difficiles mais nécessaires je pense...


La couverture que vous voyez n'est pas celle de mon exemplaire, pourtant il s'agit bien de la même collection. La mienne est plus calme, moins tourmenté. Mais je trouve celle-ci bien plus fidèle à l'esprit du livre.

Dans ce roman autobiographique, Jorge Semprun nous raconte son grand voyage, celui qui le mena  en 1943 jusqu'au camp de concentration de Buchenwald. Il y décrit l'enfermement, l'entassement, la lutte pour survivre à la faim et à la soif, l'inquiétude et l'attente de ces hommes qui ne savent pas encore exactement quelle est leur destination. Son compagnon de voyage, le gars de Semur a une grande importance dans le récit , ils se souviennent, ils se soutiennent. En effet, Jorge Semprun évoque également ses souvenirs de résistant. On bascule ainsi sans arrêt du train au passé, sans oublier le futur, celui de la liberté, celui de l'après, celui de l'incompréhension, celui de la reconstruction. Mais de la vie dans les camps, il n'en est que très peu question, comme si vingt ans après la souffrance était encore trop grande pour l'évoquer. En effet, il s'agit ici du premier roman autobiographique de l'auteur.

Difficile de parler d'un tel roman... On y entre avec un profond respect, on en sort sans voix. Mais tout est là, au plus profond de soi. Une lecture que l'on oublie pas.
Une lecture difficile, dans laquelle on avance pas à pas. D'ailleurs, depuis, j'ai commencé la lecture des Bienveillantes, une somme de plus de 1400 pages, qui me procure la même sensation : un besoin de reprendre mon souffle avant de l'ouvrir de nouveau. L'écriture ou la vie est également dans ma PAL, son tour viendra...

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 14:00

J'ai lu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.

 
livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Et je suis absolument ravie de cette première participation : j'avais coché plusieurs titres et le hasard a bien fait les choses. Je l'ai dévoré en 24 heures!

 

L'histoire :

Nous sommes à Cambridge sur le campus de l'Ariel College. Depuis trois ans un meurtrier sévit avec des méthodes véritablement abjectes et une violence sans nom. C'est lors du bal de fin d'année que l'on découvre la troisième victime baignant dans son sang et ses viscères. A ses côtés, on découvre Olivia, une autre étudiante, couverte de sang et prostrée. Cette dernière est admise au service psychiatrique du Docteur Matthew Denison qui mène l'enquête en parallèle avec son ami le commandant Stephen Weathers. Olivia a sans doute assisté, impuissante, à l'assassinat de son amie : elle connaît donc le meurtrier. Seulement, elle est en état de choc et donc incapable de parler. Peu à peu le docteur Denison parvient à gagner sa confiance mais Olivia a des trous de mémoire et ne se souvient pas de tout. Ils évoquent ensemble les événements de ces trois dernières années. Pendant ce temps, l'enquête piétine, bien que Weathers soit persuadé que celui qu'on a nommé le " Boucher de Cambridge" ne soit autre que l'un des étudiants...

 

J'ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre tant j'avais hâte de savoir qui se cachait derrière le "Boucher de Cambridge". Et pourtant, on pourrait penser de prime abord que c'est du déjà vu : un sérial killer sur un campus, c'est presque banal... Et pourtant! J'ai vraiment tout aimé dans ce roman... Commençons par la construction du roman : il débute avec le troisième meurtre, et le lecteur est ensuite plongé dans de nombreux flashbacks signalés par un changement de police d'écriture. Ce procédé permet d'éclairer peu à peu les événements mais aussi de prendre la mesure de toute la complexité des personnages. En effet, ces derniers sont véritablement construits et l'auteur leur donne beaucoup d'épaisseur : j'ai particulièrement apprécié le docteur Denison qui prend son rôle très à coeur, partagé entre la nécessité de faire avancer l'enquête et sa volonté de préserver Olivia qui semble avoir été suffisamment malmenée par le passé. Enfin, j'ai été totalement emportée par le suspense, et je suis allée de surprises en surprises, au fur et à mesure que les suspects se succèdent. Et chaque fois, je me suis laissée avoir... Je peux même dire que je n'avais rien vu venir, ou plutôt si, j'avais envisagé une possibilité qui n'était pas tout à fait fausse tout en étant à mille lieues de la vérité! Une fin excellente vraiment! D'autant plus excellente que l'auteur lève toutes les zones d'ombres dans l'Epilogue : en effet, elle reprend les passages qui pourraient sembler incohérents et nous livre de nouvelles clés pour les éclairer.

Notons pour finir qu'il s'agit du premier roman de l'auteur, un auteur que je relirai avec grand plaisir si d'autres titres suivent!

Je remercie bien sûr Guillaume de
Babelio et les éditions First pour cette formidable découverte!

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 07:00

La lecture du dimanche

Après
La femme en vert, d'Arnaldur Indridason  la semaine dernière, nous changeons totalement de registre avec ce titre de Laurence Tardieu, un auteur que je n'avais jamais lu auparavant et que j'ai découvert avec beaucoup d'émotion dans ce roman. La lecture du dimanche a encore frappé juste!

L'histoire:

 

Le livre est divisé en trois parties. Dans la première partie, Vincent vient de recevoir une lettre de Geneviève, elle va mourir et elle lui demande de la rejoindre pour le voir une dernière fois. Cette lettre fait resurgir toute une époque qu'il avait mise de côté, tentant vainement d'oublier les événements tragiques auxquels ils ont été confrontés. En effet, quinze ans auparavant Geneviève et Vincent vivaient le parfait amour entourés de leur fille Clara. Mais un jour celle-ci a disparu en sortant de l'école, les laissant en proie à un immense désespoir auquel leur couple, pourtant si soudé autrefois, n'a pas su résister. Et Vincent est parti comme pour échapper à la réalité. Dans la seconde partie, c'est le journal de Geneviève que nous découvrons, journal qu'elle a commencé à tenir lorsque Clara a disparu et qui l'a aidée à ne pas sombrer : "Si je n'avais pas ce cahier, je crois que je me serais lentement laissée aller au désespoir, comme Vincent. Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd'hui, je sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s'égarer dans la nuit profonde de la folie."  Dans la dernière partie, Vincent rejoint Geneviève et c'est l'heure des confidences...


Je ne pensais pas que ce livre allait autant me toucher... En effet, n'ayant pas encore d'enfant, je pensais que je n'allais pas vraiment me sentir concernée, mais la puissance des mots est telle, qu'ils ont réussi à me mettre les larmes aux yeux. Quelle souffrance, quel déchirement que la perte de l'enfant mais ce qui m'a touchée le plus, c'est cette impuissance à soutenir l'être aimé dans la difficulté. Impossible de s'appuyer sur l'autre comme s'il était soudain devenu un étranger. L'incompréhension, l'impossibilité de communiquer, de partager qui mènent à la rupture.  Tout ceci est magnifiquement rendu et l'alternance des points de vue m'a semblé très judicieuse : le lecteur a accès aux sentiments auquel l'autre n'a pas accès et voit comment le fossé a pu se creuser. Et puis il y a ces retrouvailles finales, comme si la mort était la seule capable de délier les langues, on se confie, on parvient enfin à mettre des mots sur la souffrance. Une lecture véritablement déchirante, dont on ne sort pas indemne...

Je crois ne pas me tromper en disant que Stephie aura aimé cette lecture également et j'ai hâte de lire
son article, puisqu'étant maman, elle a dû être encore plus remuée que moi par ce magnifique roman.

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