Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 05:17

Eh oui, encore une histoire de vampire! Promis, ensuite, je vous proposerai des lectures sur d'autres thèmes mais je n'ai pas su résister à ce petit récit d'Alexandre Dumas, que l'on peut trouver dans la collection folio 2€. A la vue de la couverture, j'ai succombé à la morsure, jugez plutôt!

L'histoire :

 

" - Ecoutez, dit la dame pâle avec une étrange solennité, puisque tout le monde ici a raconté une histoire, j'en veux raconter une aussi. Docteur, vous ne direz pas que l'histoire n'est pas vraie; c'est la mienne... Vous allez savoir ce que la science n'a pas pu vous dire jusqu'à présent, docteur; vous allez savoir pourquoi je suis si pâle."

C'est ainsi que commence cette nouvelle qui est présentée à la manière d'un récit enchâssé. Hedwige, la narratrice est polonaise, et en 1825 alors que la guerre fait rage entre la Pologne et la Russie, elle a été victime d'étranges événements. Un jour, son père rentre accompagné d'une centaine de ses soldats. L'ennemi est proche mais il désire mourir dans son château. Il demande à ses meilleurs soldats d'accompagner Hedwige dans un monastère au milieu des monts Carpathes. Seulement, en route, ils tombent dans une embuscade menée par le terrible Kostaki. Celui-ci s'apprête à les tuer lorsque son frère Gregoriska intervient. Hedwige est emmenée au château où on lui offre de s'installer désormais. Seulement les deux frères sont épris de la jeune femme, et dans cette situation, il ne peut en rester qu'un...

Mais où se cache le vampire dans tout ça, me direz-vous... Justement c'est le reproche que je ferai à ce récit : il est très long à se mettre en route... Paradoxal pour un récit d'une centaine de pages à peine... mais l'action ne commence véritablement qu'au bout de 48 pages! " A dater de ce moment, je fus établie au château, et, à dater de ce moment, commença le drame que ja vais vous raconter.", annonce Hedwige. Heureusement, les cinquante dernières pages ont retenu toute mon attention, et je les ai dévorées tant l'histoire est belle et terrible à la fois. En effet, ce récit vampirique est avant tout une très belle histoire d'amour à laquelle on ne peut qu'adhèrer, et Alexandre Dumas nous montre avec brio comment l'amour peut être contrarié par la malédiction mais peut également mener jusqu'au sacrifice. Je ne peux malheureusement pas en révéler davantage sans gâcher le plaisir de la lecture, puisque tout est condensé à la fin du récit... Il ne vous reste plus qu'à le lire pour en savoir plus ... 

Partager cet article
Repost0
25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 06:00

Ce livre a été beaucoup commenté sur les blogs ces derniers temps, et les avis mitigés voire négatifs que j'avais pu lire ici ou là ne m'incitaient pas à me plonger dans cette lecture. Je me suis finalement décidée car il fallait bien que je me fasse mon propre avis. Eh bien, même si je n'ai pas été transportée par cette lecture, elle n'en reste pas moins très agréable.


L'histoire :
Dans la cale de L'utile, un navire français, se trouve une cargaison clandestine d'esclaves. Le capitaine Lafargue, soucieux d'en perdre le moins possible durant le voyage et d'arriver avant ses concurrents emprunte une route inhabituelle, malgré les recommandations de ses officiers. Soudain, le bateau vient heurter un récif et fait naufrage près de l'île du Sable, un minuscule bloc de corail sur lequel trouvent refuge les rescapés.
Castellan, l'un des officiers prend les choses en main car "rester c'est mourir". Le plus urgent étant d'apaiser la soif, les quelques barils d'eau récupérés ne permettant de tenir que peu de temps, il décide de creuser un puits. Il se lance ensuite dans la construction d'un bateau qui, il l'espère, leur permettra de rejoindre Madagascar. Trouvant peu de main d'oeuvre parmi ses marins, il se tourne alors vers le camp des Noirs, lesquels viennent immédiatement prêter main forte. Pourtant, cette embarcation ne sera pas assez grande pour emmener tout le monde, et Castellan se voit obligé d'abandonner les esclaves sur l'île, leur promettant toutefois qu'il viendra les rechercher...

J'ai apprécié la lecture de ce roman inspiré de faits réels, et j'y suis entrée assez facilement malgré mes craintes. En effet l'écriture est fluide et agréable à lire. Le thème abordé ne correspond pas vraiment à ce que je lis habituellement mais je suis rapidement entrée dans l'histoire, probablement parce que j'étais fascinée par la véracité de ces faits. Par contre, j'ai regretté que la quatrième de couverture ne se contente pas de résumer le début des événements mais donne les clés de la totalité de l'histoire ; cela a ôté à ma lecture une grande part de suspense et donc de plaisir. Est-ce que Castellan va réussir à construire son bateau? Celui-ci permettra-t-il de sauver les naufragés? Les Noirs vont-ils survivre sur l'île? Ira-t-on les rechercher?  Les réponses à ces questions, je les connaissais avant d'entrer dans le roman.  D'ailleurs, c'est sans doute ce terme de "roman" qui pose problème... Irène Frain écrit dans l'avant-propos que Max Guérout " rêvait qu'un écrivain, par la grâce d'un récit, donne vie à cette masse d'archives et d'objets qu'il venait d'arracher à l'ensablement de l'oubli." J'avoue avoir eu du mal à y voir un simple récit, on est parfois plus proche du documentaire, notamment parce qu'Irène Frain cite régulièrement ses sources, les confronte et les interroge. Tout ceci m'a intéressée mais je comprends que certains, s'attendant à lire un roman, aient pu être déçus par cette lecture.

 

Je remercie Suzanne de Chez les filles ainsi que les éditions Michel Lafon.

Partager cet article
Repost0
24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 08:38

Après une entrée en matière très plaisante dans l'oeuvre de Jane Austen avec Orgueil et préjugés, j'étais pressée de continuer l'aventure... J'ai donc choisi Lady Susan tout simplement parce que c'était le seul titre disponible dans ma librairie ce jour-là, et que finalement peu importait le titre, étant donné que je suis bien décidée à tous les lire!

 

 

L'histoire :

Lady Susan est un personnage très particulier. Veuve bien peu éplorée, elle passe son temps à séduire les hommes et à se jouer de leurs sentiments. Aussi doit-elle quitter la demeure de ses amis à Langford puisque le maître de maison est tombé sous son charme et que celui que l'on réservait à la fille de la maison désire maintenant épouser la fille de Lady Susan : Frederica. Elle trouve alors refuge chez son beau-frère Charles Vernon. Mais Madame Vernon voit d'un très mauvais oeil l'arrivée de sa belle-soeur, dont elle n'ignore pas la coquetterie. Elle est d'autant plus ennuyée qu'elle reçoit au même moment son jeune frère Réginald et que ce dernier, malgré les mises en garde, semble enclin à se laisser séduire par Lady Susan.

J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman par lettres : le choix de l'épistolaire m'a semblé très judicieux pour rendre compte de la duplicité du personnage de Lady Susan. En effet, lorsque cette dernière écrit à son amie Mme Johnson, elle ne manque pas de lui réveler les différents stratagèmes et mensonges donc elle use pour parvenir à ses fins. En parallèle, Madame Vernon écrit régulièrement à sa mère pour lui faire part de ses doutes quant à la sincérité de Lady Susan, mais également de l'aveuglement de son jeune frère. Cette lecture m'a souvent rappelé celle des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.
Comme dans Orgueil et préjugés le thème du mariage est très important. Lady Susan veut imposer un mari à sa fille alors que celle-ci n'éprouve que répulsion pour cet homme. Et c'est d'ailleurs dans son attitude envers sa fille que se révèle le plus le caractère odieux de Lady Susan : elle fait passer celle-ci pour une fille indigne qui la tourmente sans cesse. En réalité, Frederica est une jeune fille douce et très timide, et donc très facilement manipulable. Ainsi, Jane Austen analyse de nouveau à merveille les travers des gens de la société de son temps.
Cependant, je n'ai pas été aussi charmée que par ma précédente lecture, probablement parce que ce roman est très court et que les personnages y ont beaucoup moins de relief. Reginald ne vaut pas Darcy, cela ne fait aucun doute! Néanmois, je suis bien décidée à poursuivre la lecture des oeuvres de Jane Austen! A suivre donc...

Partager cet article
Repost0
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 19:53

Vous allez rire... J'avais choisi ce titre dans le cadre du Défi : littérature policière sur les cinq continents , catégorie Amérique. Une histoire de lettres dévoilant un terrible secret : probablement un crime odieux... J'aurais dû me douter qu'avec un titre pareil, ce roman n'avait rien à voir avec le monde policier... et en effet, dès les premières pages, j'ai compris ma méprise, car ce roman n'est autre qu'un roman d'amour...


L'histoire :

Jennifer a perdu son mari un an auparavant dans un terrible accident de surf. Depuis elle s'est complètement fermée à l'amour, ne vivant plus que pour son travail. Sam, sa grand-mère est son unique confidente, mais un jour, Jennifer reçoit un terrible appel : sa grand-mère est hospitalisée, elle est dans le coma. Elle se précipite alors auprès d'elle, et découvre dans la maison de Sam, un gros paquet de lettres qui lui est destiné. Ces lettres révèlent à Jennifer un douloureux secret, car si ses grands-parents formaient aux yeux de tous le couple parfait, Sam n'a en réalité jamais réellement aimé Charles.
Durant son séjour à Lake Geneva, dans la maison de sa grand-mère, Jennifer renoue peu à peu avec Brendan, un ami d'enfance et lui ouvre son coeur. Mais celui-ci cache également un terrible et douloureux secret...

Outre ma surprise puisque je m'attendais à tout autre chose, j'ai apprécié cette lecture. La narration est menée à la première personne par Jennifer, et celle-ci alterne avec les lettres de Sam. Deux histoires d'amour sont ainsi menées en parallèle. Les personnages sont attachants, touchants et chacun à sa manière essaie de s'accrocher à la vie, luttant contre un destin sans pitié, qui fait tout pour les empêcher de s'épanouir pleinement dans cet amour. Les chapitres sont très courts et l'ensemble se lit très vite. Une lecture agréable donc, même si elle m'a parue bien souvent relever du cliché de l'amour extraordinaire mais contrarié. Pourtant, il y a un je-ne-sais-quoi dans ce roman qui l'empêche de tomber dans la catégorie roman-à-l'eau-de-rose dont il s'approche parfois dangereusement. Sans doute aussi parce que je l'ai lu dans un état d'esprit "premier jour de vacances" et qu'une lecture légère venait à point nommé.

Il me reste maintenant à trouver un autre titre pour le challenge littérature policière, catégorie Amérique...

Partager cet article
Repost0
6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 17:00
 

C'est dans la file d'attente à la caisse de la librairie que j'ai découvert ce livre. Son titre a immédiatemment attiré mon regard depuis son petit présentoir. J'achète rarement un livre sur un coup de tête mais mon tour approchait, à peine le temps de lire la quatrième de couverture que ma décision était prise : je l'ai embarqué. Et j'ai bien fait!

 

L'histoire:


Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari Örjan qu'elle a perdu très tôt. Très souvent, elle y croise Benny, le mec de la tombe d'à côté qui vient se recueillir sur la tombe de sa mère. Ces rencontres à répétition les agacent tout autant l'un que l'autre. Benny voit en cette femme une petite citadine hautaine et très terne, il la surnomme même « la femme beige ». De son côté, Désirée voit en Benny un véritable ringard. Elle ne manque pas de remarquer sa casquette Forestier ainsi que la manière exagérée dont il fleurit la tombe de sa défunte mère : «  Une stèle funéraire monstrueuse, oui, carrément vulgaire! Marbre blanc avec calligraphie dorée, des angelots, des roses, des oiseaux, des guirlandes de devises et même une petite tête de mort vivifiante et une faux. La tombe elle-même est couverte de plantes, on dirait une pépinière. » Jusqu'au jour où leurs regards se croisent et qu'un sourire immense illumine leur visage. C'est alors le début d'une histoire d'amour dévorante. Dévorante parce que passionnée et passionnelle mais aussi parce que leur monde sont si différents qu'ils sont incapables de les faire cohabiter...En effet, Désirée travaille à la bibliothèque, elle est passionnée par les livres et aime se rendre à l'opéra. Benny lui est agriculteur, il élève seul son troupeau de vaches depuis la mort de sa mère, y consacrant beaucoup de temps, délaissant ainsi son intérieur et son apparence physique.


 

J'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a rappelé par certains aspects l'émission L'amour est dans le pré ( on ne rigole pas! ). En effet, c'est un véritable choc des cultures entre ces deux personnages, ils ne sont jamais d'accord sur des sujets aussi variés que la politique, la nourriture ou encore le choix d'un film. Pourtant, pour éviter les disputes, ils optent très souvent pour l'humour, relativisant ainsi les fossés qui les séparent :

« Il nous est arrivé de louer une cassette vidéo. C'est-à-dire, on ne loue pas un film, on ne réussit jamais à se mettre d'accord sur le choix. On en loue toujours deux. Ensuite elle va chercher son fourre-tout fleuri pendant mon film, et moi je m'endors pendant le sien. »

Mais parfois, les disputes sont inévitables : comment pourrait-il en être autrement alors qu'aucun des deux n'est prêt à faire le moindre sacrifice? La communication est bien souvent impossible et l'humour frôle très souvent le tragique.

On s'en rend d'autant plus compte que le choix de la narration à la première personne est très judicieux. Les chapitres alternent le point de vue de l'un et de l'autre sur les mêmes événements et le lecteur assiste impuissant à cette incompréhension grandissante qui tient à peu de choses parfois. Comme si ces deux êtres passaient chaque fois à un fil de leur destin : « Nous n'avons absolument pas essayé de jeter des passerelles au-dessus des ravins, nous avons cherché à nous y précipiter mutuellement. »

On passe du rire à l'émotion et la fin m'a particulièrement touchée.


Je terminerai avec cette citation qui illustre très bien le roman : « Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon ça peut prendre du temps. »


Partager cet article
Repost0
4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 13:03

C'est de nouveau dans le cadre d'une lecture commune que j'ai découvert ce titre et cet auteur dont je n'avais jamais entendu parler.


L'histoire :

Claudio est professeur de littérature en Pennsylvanie. Alors qu'il se rend à un colloque à Buenos Aires, il se retrouve bloqué toute une partie de la nuit à l'aéroport de Pittsburg. En effet, une forte tempête de neige rend tout vol impossible. Il est alors abordé par Marcelo, un voyageur espagnol comme Claudio qui attend lui aussi son vol.
Au début Claudio est gêné par cette intrusion d'autant que Marcelo n'est pas très pudique et qu'il se met à lui faire des confidences intimes. Mais Claudio se prend au jeu et finit par être intrigué par l'histoire que lui narre Marcelo : un jour qu'il était descendu dans un hôtel vieillissant de Buenos Aires, il a rencontré une femme à la fois magnifique et étrange avec laquelle il a vécu des nuits particulièrement chaudes... Quelques jours plus tard, Claudio, se trouvant à Buenos Aires passe devant cet hôtel et une force irrésistible le pousse à y entrer.

J'ai du mal à dire si j'ai aimé ou non ce livre... En fait, j'ai ressenti exactement la même chose que Claudio qui est le narrateur. A savoir que l'irruption de Marcelo m'a d'abord agacée, mais que comme Claudio, je me suis très vite prise au jeu et j'ai eu envie d'en savoir plus. Une mise en abime très étrange car Claudio tout au long de son récit fait des remarques sur les qualités ( et défauts) de narrateur de son compagnon, et que je me faisais bien souvent les mêmes réflexions sur le narrateur lui même. Je suis donc assez perplexe : est-ce une volonté de l'auteur et dans ce cas c'est un tour de force, ou certains passages sont-ils vraiment ennuyants? Très intéressant... Par exemple, Claudio est agacé par les digressions de Marcelo : " Mais aussi, je dois avouer que j'étais impatienté par cette divagation si peu pertinente, loin du fil conducteur de son histoire."  Suit alors une digression du narrateur lui-même sur la pratique de la digression qui m'a semblée peu pertinente et éloignée de l'histoire qui m'intéressait... Surprenant.

L'histoire justement, je l'ai trouvée fort intéressante, et j'ai eu très vite envie d'en savoir plus sur Carlota Fainberg. Seulement, j'ai très vite deviné la révélation finale à cause de la quatrième de couverture qui a mon sens, en dit trop! Un conseil donc, ne la lisez pas...

Pour finir, un détail, qui à la longue n'en est plus un, m'a véritablement agacée : c'est l'emploi au détour de chaque paragraphe de mots anglais... Certes, il s'agit de nous rappeler que nous sommes en Amérique, mais trop, c'est trop et dès les premières pages, cela m'a gênée.


L'avis de Stephie qui est déçue par cette lecture.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:17

J'avais eu l'occasion de lire quelques articles sur ce livre et j'étais assez tentée par cette lecture. Les premières lignes de la lettre, que l'on peut d'ailleurs lire sur la quatrième de couverture étaient très prometteuse : " Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais."

En effet, dans cette lettre, André Gorz revient sur la magnifique histoire d'amour qu'il a vécue avec sa femme Dorine. Il souhaite lui dire tout ce qu'il ne lui a jamais dit et surtout à quel point elle fut importante pour lui. Il retrace ainsi leur histoire, depuis leur rencontre, jusqu'à leurs vieux jours, alors que Dorine tombe gravement malade et que la mort se profile.

J'ai beaucoup aimé les premières et les dernières pages qui correspondaient à ce que j'attendais de cette lettre : une déclaration d'amour touchante d'un homme qui aime toujours autant sa femme après plus de cinquante ans de vie commune. Dans les premières pages, il narre leur rencontre, dont il se souvient avec précision. Certains passages sont très sensuels. La fin, quant à elle, pose le problème de la maladie : comment vieillir ensemble lorsque l'un des deux est physiquement réduit? Et surtout comment affronter la mort prochaine. " Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre" écrit André Gorz. Cette phrase prend tout son sens lorsque l'on apprend qu'André et Dorine ont choisi le suicide pour résoudre ce problème.

Pourtant, tout la partie centrale de la lettre m'a profondément ennuyée... et j'y ai surtout vu un prétexte pour revenir sur sa propre carrière littéraire. Il suffit de voir le nombre de fois où son oeuvre phare Le traître est mentionnée dans la lettre! Mais aussi le nombre de citations qu'il fait de ses propres écrits. J'ai trouvé cela assez égocentrique et le personnage de Dorine est alors effacé...

Bref, un avis plutôt mitigé... Peut-on en attendais-je trop de cette écrit qui se voulait avant tout intime?


" Etre passionnément amoureux pour la première fois, être aimé en retour, c'était apparemment trop banal, trop privé, trop commun : ce n'était pas une matière propre à me faire accèder à l'universel. Un amour naufragé, impossible, ça fait au contraire de la noble littérature."

Partager cet article
Repost0
24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 19:37

J'ai découvert cette nouvelle chez Stephie il y a quelques semaines, et j'ai eu envie de la découvrir. C'est pourquoi quand je suis tombée dessus au salon du livre je n'ai pas hésité une seconde avant de l'acheter.

L'histoire :

La scène se passe à New-York dans les années 90. Andi et Sarah sont en couple depuis quelques mois quand le récit commence. Ils s'aiment d'un amour très fort. Pourtant dès les premières pages, le malaise est sensible : Sarah est juive et plusieurs membres de sa famille ont péri à Auschwitz. Andi, lui, est Allemand, et même si la Shoah a eu lieu cinquante ans auparavant, les rancoeurs sont toujours présentes, et l'incompréhension règne. En effet, si Andi semble accepté par la famille de Sarah, il n'est jamais vraiment à l'aise, se demandant si leur gentillesse n'est pas forcée. Et quand Sarah rencontre les parents d'Andi à Berlin, le malaise s'installe lorsque le sujet de la guerre est évoqué. Pourtant Andi aime vraiment Sarah. Il va alors tout tenter pour lui prouver son amour, au delà de leur mésentente sur la façon de penser la Shoah.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture car c'est un sujet qui me touche énormément. Cette nouvelle se lit très vite et j'ai souvent été très émue de lire comme le poids du passé pouvait influencer la vie de ces deux êtres qui se vouent un amour sincère. Un amour qui, finalement, n'est pas suffisant, chacun demeurant l'image de ses ancêtres. Sarah se sent constamment agressée, les malentendus se multiplient, parfois sur un seul mot. Et Andi, aussi parfait soit-il ( "Tu leur as beaucoup plu à tous." ) reste avant tout un Allemand, le descendant de ceux qui ont persécuté les Juifs.
Cependant, j'aurais apprécié que l'histoire soit plus étoffée. Je pense que je suis de moins en moins attirée par les nouvelles. J'aime entrer dans un univers, faire connaissance avec des personnages soigneusement dépeints et passer un moment avec eux. Quand je lis une nouvelle, j'ai la sensation qu'il manque quelque chose, l'impression de rester sur ma faim, et la frustration de quitter aussi rapidement une écriture à laquelle je commençais tout juste à m'habituer. C'est pourquoi j'ai hâte de lire Le Liseur du même auteur, qui est, quant à lui, un roman.

" Ils marchèrent en silence, tous les deux avec un peu de rancoeur et chacun chagriné par cette rancoeur, la sienne et celle de l'autre."

Partager cet article
Repost0
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:32
   

Voilà une lecture qui m'aura donné du fil à retordre! Il m'a fallu un moment avant de me lancer dans le premier tome de cette série que l'on voit absolument partout depuis des mois et qui est considérée comme un best-seller parce que j'ai tendance à me méfier de ce genre de livres... Pourtant, j'ai fini par craquer, attirée un peu plus vers cette magnifique couverture noire et rouge à chacune de mes visites en librairie. D'ailleurs, il n'est pas resté très longtemps dans ma PAL...


L'histoire :


Mikael Blomkvist travaille en tant que rédacteur pour le journal Millénium, jusqu'au jour où il publie un article diffamatoire sur Wennerström après avoir obtenu de fausses informations. Condamné à purger trois mois de prison, Mikael prend ses distances avec le journal. C'est ce moment que choisit Henrik Vanger, un riche industriel, pour le contacter. Sa nièce Harriet a disparu depuis plus de trente ans dans des conditions très mystérieuses : aucun corps n'a pu être retrouvé et sa disparition a eu lieu alors que l'île d'Hedeby, sur laquelle résident les Vanger, était isolée du reste du monde. En effet, un camion s'était couché sur le pont, bloquant tout accès à l'île. Une soixantaine de personnes étaient présentes sur l'île à ce moment et sont dont suspectes. La police n'a jamais réussi à résoudre cette énigme. Pourtant Henrik Vanger n'a jamais cessé de mener des recherches, persuadé qu'Harriet a été assassinée et que son assassin le nargue chaque année en lui envoyant une fleur le jour de l'anniversaire de la disparition de la jeune fille. Toutes les pistes semblent avoir été explorées mais Henrik compte sur les talents de Mikael pour relancer l'affaire. Et il dispose d'un argument imparable : des informations sur Wenneström qui permettraient à Mikael de se venger du mauvais tour qui lui a été joué dans cette affaire.


Que dire de ce livre? J'ai détesté les cent premières pages dans lesquelles on lit nombre de détails sur les magouilles financières des uns et des autres. Le livre a bien failli me tomber des mains plusieurs fois mais j'ai persévéré puisque j'avais lu de nombreux articles disant que le début pouvait sembler long. Bel euphémisme, il m'a fallu plusieurs jours pour atteindre péniblement la centième page. D'ailleurs, je m'ennuyais tellement que j'ai lu deux autres livres entre temps, alors que je mène très rarement plusieurs lectures de front!


J'ai eu un regain d'intérêt lorsque Mikael rencontre Henrik Vanger et que celui-ci lui expose l'énigme concernant sa nièce. Seulement, j'ai été gênée par la multitude des personnages qui forment le clan Vanger, ayant beaucoup de mal à me repérer parmi eux, malgré les schémas proposés par l'auteur! Tous apparaissent en même temps, et le lecteur n'a pas le temps d'assimiler les liens qui unissent tel et tel membre de la famille, que d'autres cousins surgissent... Certes, nous avons affaire à une trilogie, et il y a donc pas mal de choses à mettre en place, mais j'ai trouvé cela assez maladroit.


Bref, ça commençait plutôt mal... jusqu'à ce que Lisbeth Salander entre véritablement en scène et vienne épauler Mikael dans son enquête. J'ai été littéralement conquise par ce personnage : Lisbeth est asociale, elle a le corps couvert de tatouages et de perçings et elle est considérée comme une malade mentale. Pourtant lorsqu'il s'agit de faire des recherches, personne ne semble pouvoir l'égaler : aucune information ne lui échappe, aucun détail ne lui reste inconnu. Et peu à peu ces deux personnages, qui forment un duo de choc, font des découvertes qui vont les mener jusqu'à une vérité que nul n'aurait imaginé. L'intrigue est très bien construite et à aucun moment, je n'ai eu de soupçons sur ce qui s'était réellement passé ; je suis allée de découvertes en découvertes et j'ai lu la deuxième moitié du livre sans pouvoir le refermer.


Dans l'ensemble, mon enthousiasme concernant la deuxième partie du livre l'emporte puisque je pense que je lirai le deuxième tome ( même si je ne vais pas me précipiter dès demain pour l'acheter..) et j'irai sans doute voir le film dont la sortie est prévue cette année.

 

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi : Littérature policière sur les cinq continents, catégorie Europe.

 

Partager cet article
Repost0
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:50
 

Ca faisait quelques mois que je l'avais acheté et bizarrement, je ne m'étais pas précipitée dans cette lecture comme je pouvais le faire il y a quelques années quand j'achetais un Nothomb... Grande fan de ses premiers romans, je les dévorais chaque fois avec grand plaisir. Mais depuis deux ans, la vie a fait que nos chemins ne s'étaient pas recroisés. Et si j'ai lu Journal d'Hirondelle avec plaisir, je n'ai pas retrouvé cette émotion qu'Amélie me procurait autrefois...


 

L'histoire :


Urbain, le narrateur, a vécu un immense chagrin d'amour qui l'a rendu totalement insensible, comme si ses sens refusaient de fonctionner. Alors, lorsqu'on lui propose un boulot de tueur à gages, il accepte sans hésiter. Il se met donc à tuer de sang-froid de nombreuses personnes, n'éprouvant aucune pitié pour ses victimes, ni aucun remords une fois le crime accompli. Au contraire, chaque fois qu'il tue, cela lui procure un immense plaisir comme s'il retrouvait une partie de sa sensibilité, si bien qu'un rituel s'installe : il se « termine » sur son lit jusqu'à l'orgasme. Puis vient le jour où on lui demande d'assassiner un ministre, son épouse et leurs trois enfants. A ce moment, tout bascule...



Ce qui est étonnant dans ce livre, c'est que le lecteur se prend d'amitié pour le narrateur qui est pourtant le plus pervers des tueurs. En effet, il nous raconte avec une extrême froideur la manière dont il élimine les gens, donnant même certaines astuces, comme par exemple, comment faire pour ne pas défigurer la victime. Pourtant, on attend avec lui que le téléphone sonne pour annoncer sa prochaine victime, on a peur pour lui lorsque la tâche est risquée et on a envie qu'il s'en sorte lorsque la mafia le poursuit.

Pendant toute la première moitié du livre, je me suis demandée quel était le rapport entre le titre et l'histoire que j'étais en train de lire. Puis peu à peu, tout se met en place et s'éclaire jusqu'à la révélation finale, certes logique mais qui m'a pourtant déçue et me fait dire que Nothomb n'est plus ce qu'elle était...


Extrait :

« D'habitude, passé le meurtre et ma séquence onaniste, je ne me préoccupais plus de mes victimes. Et même, pendant le meurtre et la séquence onaniste, je me préoccupais oins d'elles que de la perfection de mon acte, de mes gestes et de mes instruments. Les clients n'avaient d'autre raison d'être que de servir de combustible à mes actions. Pourquoi me serais-je intéressé à eux? La seule image que j'en gardais était leur expression au moment de mourir. »

Partager cet article
Repost0