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Fablehaven voyage...

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:50
 

Ca faisait quelques mois que je l'avais acheté et bizarrement, je ne m'étais pas précipitée dans cette lecture comme je pouvais le faire il y a quelques années quand j'achetais un Nothomb... Grande fan de ses premiers romans, je les dévorais chaque fois avec grand plaisir. Mais depuis deux ans, la vie a fait que nos chemins ne s'étaient pas recroisés. Et si j'ai lu Journal d'Hirondelle avec plaisir, je n'ai pas retrouvé cette émotion qu'Amélie me procurait autrefois...


 

L'histoire :


Urbain, le narrateur, a vécu un immense chagrin d'amour qui l'a rendu totalement insensible, comme si ses sens refusaient de fonctionner. Alors, lorsqu'on lui propose un boulot de tueur à gages, il accepte sans hésiter. Il se met donc à tuer de sang-froid de nombreuses personnes, n'éprouvant aucune pitié pour ses victimes, ni aucun remords une fois le crime accompli. Au contraire, chaque fois qu'il tue, cela lui procure un immense plaisir comme s'il retrouvait une partie de sa sensibilité, si bien qu'un rituel s'installe : il se « termine » sur son lit jusqu'à l'orgasme. Puis vient le jour où on lui demande d'assassiner un ministre, son épouse et leurs trois enfants. A ce moment, tout bascule...



Ce qui est étonnant dans ce livre, c'est que le lecteur se prend d'amitié pour le narrateur qui est pourtant le plus pervers des tueurs. En effet, il nous raconte avec une extrême froideur la manière dont il élimine les gens, donnant même certaines astuces, comme par exemple, comment faire pour ne pas défigurer la victime. Pourtant, on attend avec lui que le téléphone sonne pour annoncer sa prochaine victime, on a peur pour lui lorsque la tâche est risquée et on a envie qu'il s'en sorte lorsque la mafia le poursuit.

Pendant toute la première moitié du livre, je me suis demandée quel était le rapport entre le titre et l'histoire que j'étais en train de lire. Puis peu à peu, tout se met en place et s'éclaire jusqu'à la révélation finale, certes logique mais qui m'a pourtant déçue et me fait dire que Nothomb n'est plus ce qu'elle était...


Extrait :

« D'habitude, passé le meurtre et ma séquence onaniste, je ne me préoccupais plus de mes victimes. Et même, pendant le meurtre et la séquence onaniste, je me préoccupais oins d'elles que de la perfection de mon acte, de mes gestes et de mes instruments. Les clients n'avaient d'autre raison d'être que de servir de combustible à mes actions. Pourquoi me serais-je intéressé à eux? La seule image que j'en gardais était leur expression au moment de mourir. »

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 09:22
 

Après avoir découvert cet auteur en lisant Nous étions les Mulvaney , j'avais envie de remettre ça et de lire un autre titre. Et là, j'ai réalisé à quel point sa bibliographie est fournie : quarante-cinq titres répertoriés à la fin du livre! Mon choix s'est porté sur Viol, une histoire d'amour pour deux raisons : la première c'est ce titre oxymorique et proprement dérangeant qui m' a aussitôt interpellée dans le rayonnage de la librairie ; la seconde c'est l'épaisseur du livre, je n'avais pas envie de me replonger de suite dans un pavé et j'avais envie de la découvrir dans un roman plus court.


 

 

L'histoire :


Tina Maguire passe la soirée du 4 juillet 1996 chez son ami Casey. C'est le soir du feu d'artifice à Niagara Falls et après la fête, les esprits sont échauffés. Bethie, la fille de Tina s'est endormie sur le canapé. Il est temps de rentrer, mais Tina refuse que Casey les raccompagne en voiture, elle a envie de marcher. Première erreur. La seconde erreur sera le choix de l'itinéraire : Tina emprunte le sentier de l'étang parce que « c'est si joli ». Sur le chemin Tina et sa fille croisent une bande de jeunes ivres et complétement défoncés qui vont les traîner jusqu'au hangar à bateaux non loin de l'étang. Bethie, après avoir été violemment battue parvient à s'échapper des griffes de son agresseur, trop ivre pour la retenir, et se cache dans un recoin du hangar. Elle assiste, effrayée, au viol de sa mère par les huit agresseurs qui laissent Tina pour morte, baignant dans son sang... Pourtant, ce ne sont pas les agresseurs qui sont condamnés par la population, mais Tina elle-même :


« Vous savez quoi : Tina Maguire était probablement en train de boire des bières avec ces types. De fumer de la drogue avec ces types. Elle a peut-être laissé entendre qu'elle aimerait être payée pour quelque chose? En liquide ou en drogue. Une femme comme ça, trente-cinq ans et habillée comme une adolescente. [...] Des vêtements sexy qui lui moulent les seins, les fesses, elle s'attendait à quoi? »


Tout comme dans Nous étions les Mulvaney le poids de la société est déterminant dans ce roman. Tina est veuve depuis quatre ans, elle élève donc seul sa fille, et oui, elle a eu plusieurs relations depuis. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde. « Cette femme. C'était couru. Elle le cherchait, cette garce. Habillée comme une pute. »

Et cela la poursuit jusqu'au procès. Bethie n'a pas vu la scène, elle l'a juste entendue. Et après tout c'est sa parole contre celle des agresseurs, lesquels ont un avocat prêt à tout, même au plus aberrant des mensonges pour innocenter ses clients.

Mais d'une manière ou d'une autre, justice sera faite, et c'est là que le titre du roman prend tout son sens. Mais je ne peux en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la lecture. Lisez-le! Même si certains passages sont difficiles, même si on a envie de hurler à l'injustice, on s'attache aux personnages, notamment à Bethie.

Par contre, je m'interroge de nouveau sur le choix de la narration : une narration à la deuxième personne du singulier, le narrateur s'adressant directement à Bethie devenue adulte. Mais encore une fois, l'auteur ne s'y tient pas dans tout le livre ( il est vrai que c'est un exercice difficile ) et plusieurs chapitres peuvent se suivre avec une narration à la troisième personne. Est-ce ainsi dans tous les romans de l'auteur?


Ce livre m'a rappelé Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur dans sa critique de la justice qui n'est pas toujours aussi "juste" qu'elle le devrait :


«  La parole de cette femme contre la leur. Tout le monde peut crier au viol. Un doute raisonnable, c'est tout ce qu'il faut à un jury. Qui peut prouver, réfuter? »



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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 08:45
 

Après la lecture de Il a jamais tué personne mon papa  que j'avais beaucoup appréciée, j'avais envie de poursuivre ma découverte des oeuvres de Jean-Louis Fournier. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers J'irai pas en enfer , puisque de père au Père il n'y a qu'un pas...

 

J'ai retrouvé avec plaisir le petit Jean-Louis et son humour caustique, sur un sujet cette fois moins tragique. Le père est très souvent absent ici, sauf lorsqu'il s'agit d'évoquer son décès, ce qui nous montre bien que chez les Fournier, la religion est une affaire de femmes... En effet, si Jean-Louis prie et va à la confesse, c'est d'une part, pour obéir à la tradition familiale, mais aussi parce qu'il a peur d'aller "cuire dans les marmites de l'enfer". Pour le reste, il enchaîne les « péchés » : il est renvoyé du lycée pour avoir déposé la statue de la vierge dans les WC, il regarde les femmes nues dans le Larousse illustré, il pille les fruits du verger de tante Védastine jusqu'à s'en rendre malade, fait ses devoirs pendant la messe...


Décidément, ce petit Jean- Louis est un enfant attachant, et on aurait tendance à lui pardonner ses bêtises tant elles sont drôles! D'ailleurs, l'abbé qui surveille l'étude a bien du mal à garder son sérieux lorsque Jean- Louis se présente devant lui un soir : « J'ai collé des yeux sur mes lunettes. Des yeux en papier découpé. Je ressemble à un hibou avec mes grands yeux ronds et mes picots sur la tête. Il mord ses lèvres pour ne pas rire. » Et puis ce livre se déguste en une bouchée, je ne vois vraiment aucune raison pour ne pas s'y plonger : c'est une véritable bouffée d'oxygène!


Quelques bêtises :


« Je baisse la tête, confus, honteux. Je suis très mal à l'aise. Je pense à mes péchés : j'ai regardé longtemps dans le décolleté de la maîtresse quand elle se penchait vers moi ; j'ai piqué un paquet de Players à mon père ; j'ai mangé une plaque de chocolat... Quand je pense que c'est à cause de ces péchés là qu'ils sont en train de sanguinoler sur la croix. Ca me paraît un peu cher payer. »


« Toutes les trente pages, il y avait des reproductions de tableaux, avec des muses et des nymphes pleines de poitrines. Enfin je pouvais regarder légalement des femmes à poil, tout le monde croyait que je travaillais. Je travaillais beaucoup avec le dictionnaire. Ces pages-là sont plus abîmées que les autres. »

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 10:37
 

Adolescente, j'aimais beaucoup lire ce genre de récits-témoignages, alors quand je suis tombée sur ce livre à la librairie, je me suis dit : « Pourquoi pas? ». Et bien, c'est indéniable maintenant, j'ai grandi...


 

L'histoire :

Valérie a quinze ans quand elle écrit ce qu'elle a vécu deux ans auparavant : un internement dans un hôpital au pavillon des enfants fous pour anorexie mentale. Elle refuse de se nourrir et ne pèse plus que trente kilos quand sa mère décide de l'interner. Valérie raconte donc son périple qui a duré quatre mois. Dans un premier temps, elle refuse totalement de s'alimenter et de communiquer avec infirmiers, psychologues et psychiatres. Mais elle se rend vite compte que si elle veut sortir de cet enfer, il lui faut entrer dans leur jeu, se remettre à manger, prendre du poids, en considérant qu'une fois sortie, elle sera de nouveau libre de faire ce qu'elle veut de son corps...


J'ai lu le début de ce témoignage avec beaucoup d'intérêt. Valérie nous offre un regard sur le monde médical, et très vite, on comprend à quel point les « soins » ne sont pas adaptés à ce dont elle souffre : cela se résume en effet à un chantage, elle est enfermée dans une chambre où il n'y a qu'un lit et une table pour manger. On lui a retiré toutes ses affaires personnelles, ne lui laissant qu 'un pyjama et les grammes constituent la monnaie d'échange. Tu prends cinq-cent grammes et tu as droit à un livre, tu prends trois kilos et tu as droit à une visite... etc. Et si ce « traitement » se révèle efficace, on comprend bien qu'à leur sortie les anorexiques replongeront forcément puisque si le mal du corps a été soigné, celui de l'âme n'a pas été pris en considération du tout...

Mais je me suis très vite ennuyée. En effet, j'ai eu l'impression de tourner en rond, de ne pas véritablement avancer, sans doute à l'image de ce que ressent Valérie lorsqu'elle vit ces événements mais les répétitions et les confusions se font de plus en plus nombreuses. Finalement, seule la haine qu'elle voue aux médecins et à sa mère semblent guider l'écriture, et il manque, je pense, un certain recul. J'aurais aimé qu'elle se livre davantage sur ce qu'elle ressentait au moment de l'écriture, deux ans après les événements. Peut-être l'a-t-elle écrit trop tôt? Ou peut-être l'ai-je lu trop tard?


Quelques extraits :


«  J'espère qu'ils vont au moins me laisser mourir comme je veux... Je sais que la torture consiste à vous faire vivre malgré vous. N'est-ce pas plus terrible que de vous dérober la vie lorsque vous voulez la garder? »


« Ah! Bon, vous m'amenez gentiment un plateau. « Tu sais, je pourrais te laisser mourir de faim. » C'est déjà fait mais ce n'est malheureusement pas moi qui suis morte, c'est seulement la faim. »

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 08:20
 

C'est de nouveau dans le cadre d'une lecture commune que j'ai découvert ce livre. Place cette fois à la littérature américaine et à un auteur que j'ai lu avec grand plaisir! Pour tout vous dire, j'ai déjà fait l'acquisition d'un autre titre...



 

L'histoire :

« Une maison de conte de fées », tel est le titre du tout premier chapitre qui donne le ton. Les Mulvaney sont une famille unie, ils vivent dans une grande ferme et cohabitent joyeusement avec chats, chiens, chevaux... Le père Mickaël tient une entreprise de couverture à Mont-Ephraïm, la mère Corinne a ouvert une modeste boutique d'antiquités dans l'une des granges de la propriété afin de s'adonner à sa passion. De leur amour sont nés quatre enfants : Mickaël Junior et Patrick, les deux ainés, Marianne leur unique fille et Judd, le petit dernier qui est également le narrateur de cette histoire. Un véritable conte de fées... Jusqu'à ce bal de la Saint-Valentin 1976, où un terrible événement se produit, événement appelé ça puisque les membres de la famille ont bien du mal à mettre un nom dessus. On assiste alors à une véritable descente aux enfers de la famille Mulvaney...



J'ai eu un peu de mal à entrer dans les premiers chapitres, le narrateur ayant soin de décrire avec beaucoup de détails le cadre de l'histoire. Mais une fois l'intrigue nouée, je ne l'ai plus lâché. D'autant que l'événement dont il est question n'est clairement nommé que bien plus tard. On le devine certes aisément, mais on a envie d'en savoir plus... J'ai trouvé très touchante la manière dont sont décrites les relations entre les différents membres de cette famille, notamment la relation qui unit ( ou devrais-je dire désunit? ) Marianne à son père. Mais aussi l'importance du regard des autres, la façon dont petit à petit, la famille est exclue du cercle social. Nous sommes dans un village, tout se sait... Je me suis beaucoup attachée au personnage de Marianne, j'ai admiré son courage et sa force de caractère malgré le sacrifice dont elle est l'objet : ne surtout pas montrer que l'on souffre afin de ne pas faire souffrir les autres membres de la famille. Finalement, chacun souffre dans son coin et la famille si solidaire éclate peu à peu...

J'ai également beaucoup aimé le rôle des animaux dans cette histoire, notamment le chat Muffin qui accompagne toujours Marianne, le seul qui lui restera fidèle jusqu'au bout. Certains passages m'ont beaucoup émue, probablement parce que j'ai un amour incommensurable pour la gente féline...


J'ai quand même noté un petit bémol dans la façon dont la narration est menée : Judd se présente dans le premier chapitre comme le narrateur de cette histoire, mais ensuite, il est très souvent complètement effacé : plusieurs chapitres se succèdent avec une narration à la troisième personne. J'ai même parfois noté certaines incohérences, Judd étant lui-même évoqué à la troisième personne. J'ai trouvé cela assez maladroit finalement, puisque les personnages ne s'épanchent pas vraiment, ne se confient pas aux autres membres de la famille, et surtout pas à Judd, le petit dernier, bien trop jeune pour être mis au courant. Pourtant, on a clairement accès aux sentiments de chacun.


Quelques extraits :


« Elle savait de quoi les adolescents étaient capables... combien ils pouvaient se montrer cruels, grossiers, moqueurs, envers ceux qu'ils sentaient faibles ou différents. Oui, et les filles aussi! La cruauté du poulailler, où les poulets s'acharnent à coups de bec, sans pitié, sur un congénère malade, jusqu'à la chair vive, jusqu'au sang. »


« Il lui semblait qu'elle ne pouvait le serrer assez fort, le protéger assez ; elle aurait voulu l'envelopper de son corps, comme un petit enfant, un nourrisson, pouvoir le faire entrer en elle, apaiser la terrible agitation de ses pensées. »


« Les familles sont comme ça, parfois. Quelque chose se détraque et personne ne sait quoi faire. Et les années passent... et personne ne sait quoi faire. »


Et je ne résiste pas :

« Elle serrait le chat maigre contre elle et pressait la joue contre son pelage doux pour que son ronronnement sonore pénètre son être, berce ses nerfs et les apaise. Au bout de quelques secondes, elle dormait profondément et sans rêves. »

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 08:28
 

Je n'avais jamais entendu parler de Nathalie Rheims quand je suis tombée sur ce livre au hasard de mes flâneries à la librairie. Le titre m'a immédiatement interpellée, me rapellant La morte amoureuse de Théophile Gautier que j'avais tant apprécié, adolescente.


 

Tout était si simple avant toi

je suis morte de cet amour

et pourtant j'écris ces mots sans destinée

tombés de mon effroi

afin qu'ils te disent là ou je subsiste

trace insignifiante

d'une passion détruite.



(suis-je la seule à y lire une coquille?)

 

Cette lettre est en fait le cri de douleur poussée par une femme qui vient d'être abandonnée par l'homme qu'elle aime. Cet amour mort, elle ne peut plus survivre, elle se laisse donc dépérir « emmurée, repliée, immobile ».

Il y a aussi cette autre femme, qu'il aimait avant elle, qu'il n'a finalement jamais quittée et vers qui il semble être retourné.


Cette lecture me laisse sur une drôle d'impression... La lettre est en fait un long poème écrit tantôt en prose, tantôt en vers libre. Un poème écrit sous forme de fragments, jamais plus d'une page, et toujours précédé d'un blanc, tel un silence.


Il se lit vite, très vite, trop vite peut-être...


Et que penser de cette poésie? Tout et rien...

Beaucoup de passages m'ont touchée, m'ont semblé bien écrits, beaux.

Mais certains me laissent une impression de déjà vu, une succession de clichés comme on pourrait en lire dans les poèmes d'une adolescente.


Quelques fragments :


«  Nous ne vivrons jamais ensemble, aucun espace ne nous sera commun, jamais ma clef dans la serrure n'ouvrira la porte d'une vie partagée. »


« mon amour

ma fécondité

mon ventre restera stérile

ce que ta vie m'a donné

la mort me l'a repris »


« Elle

flacon qui distille goutte à goutte

le poison qui s'écoule dans mes veines

scalpel qui découpe ma chair

lien de corde qui m'attache à ce lit

omniprésente torture

qui rallonge mes souffrances

elle

qui ne donne rien

pas même la mort espérée. »

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 17:46
 

C'est également dans le cadre d'une lecture commune que j'ai découvert Terre des oublis et j'avoue que sans ce principe qui me tient beaucoup à coeur, je ne me serais sans doute jamais tournée vers ce livre magnifique qui fut également pour moi l'occasion de découvrir la littérature asiatique.



 

L'histoire :


Miên vit des jours heureux avec Hoan, un riche propriétaire. Un fils est né de leur amour, un amour pur et vrai. Miên a été mariée quatorze ans auparavant avec Bôn, mais celui-ci est décédé à la guerre. Du moins, c'est ce que tout le monde pense jusqu'au jour où Bôn revient. Il a beaucoup souffert durant toutes ces années pendant lesquelles une seule pensée lui permettait de tenir : celle de retrouver sa femme Miên. Que doit faire Miên? Son coeur aime Hoan mais son devoir est de retourner avec son premier mari. Et Miên va écouter son devoir et aller vivre misérablement avec Bôn qui n'a plus rien...


Malgré mon appréhension, j''ai plongé immédiatement dans l'ambiance vietnamienne : ses odeurs, ses couleurs, sa cuisine... Duong Thu Huong retranscrit tout cela de manière très poétique.

Mais surtout, j'ai été profondément touchée par la tragédie qui lie les trois personnages. Si au début, j'ai ressenti un peu de colère envers Bôn qui vient briser la si belle histoire qui unit Miên et Hoan, ce sentiment a très vite disparu. En effet, l'auteur adopte tour à tour les points de vue de chacun des personnages et on s'aperçoit très vite qu'ils souffrent tous énormément et qu'ils sont tous des victimes : victime de la guerre, victime des pressions sociales, victime de pincipes parfois ancestraux... Miên souffre d'être séparée de celui qu'elle aime et de son enfant, qu'elle n'a pas voulu emmener dans la pauvre cabane où elle vit désormais, Hoan est déchiré d'avoir perdu sa femme et Bôn souffre de ne plus être aimé par celle pour qui il a survécu.

Un livre magnifique et très bien écrit. La plume de Thu Huong se veut tantôt poétique, tantôt violente voire crue, mais toujours en adéquation parfaite avec les événements narrés.


" Le parfum des roses et des fleurs de cactus ne pouvait masquer l'absence d'un autre parfum. Cette absence s'infiltrait dans sa chair, son sang, ses nerfs, ses os, l'incendiait chaque jour davantage. Elle se confondait dorénavant au désir de la chair."

" Quand il est revenu, tout le village s'est précipité pour voir l'homme ressorti de la tombe. Ils chuchotaient, assez haut pour que j'entende : "Je vous défie de deviner lequel Miên va choisir. Le premier mari, selon l'honneur et la tradition, ou le deuxième pour l'argent qu'il possède. La femme vertueuse revient à ses premières amours. Quant à la femme dévergondée, je ne sais pas..."


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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 09:56
 

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune. Je n'avais jamais rien lu de Paul Auster, ce fut donc l'occasion de découvrir cet auteur.


L'histoire :


Nathan Glass choisit la ville de Brooklyn pour finir sa vie, ville où il est né mais qu'il n'a pas revue depuis cinquante-six ans. Soixante ans, divorcé, une fille Rachel avec laquelle les relations sont houleuses, tout juste guéri d'un cancer Nathan attend son heure. Et pour combler cette attente, il entreprend d'écrire le livre de la folie humaine, recueil d'anecdotes sur lui-même et sur ses proches. Jusqu'à ce jour où, flânant dans une librairie, il rencontre Tom Wood, son neveu qu'il n'a pas revu depuis sept ans. Ce dernier travaille pour Harry Brightman, un libraire au passé sombre. Ces deux personnages vont alors tenter, ensemble, de reprendre goût à la vie...



Mon avis est assez mitigé...


Dans l'ensemble c'est une lecture agréable, et je me suis très vite attachée aux personnages de Nathan et Tom, mais aussi à tous les personnages secondaires qui gravitent autour d'eux et créent un certain suspense : Harry le libraire, Lucy, une nièce qui apparaît dans de mystérieuses conditions, Nancy, la JMS...


Cependant, j'ai trouvé que le tout manquait d'action, que le rythme était un peu lent. Finalement, on retourne souvent en arrière afin d'évoquer le passé des personnages, mais on avance peu... jusqu'à la fin du roman où cette fois, tout avance très vite et de manière trop convenue. Mais où sont les folies annoncées dans le titre?


Et que dire de la chute finale? Je l'ai trouvée tout simplement artificielle... mais je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l'ont pas encore lu!


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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:17
 

Ce livre m'a été offert par Neph peu avant Noël, et je suis ravie qu'elle m'ait permis de découvrir un tel chef-d'oeuvre! Une lecture dont on ne sort pas indemne...


L'histoire :

Une petite ville d'Alabama dans les années 30. Atticus Finch élève seul Jem et Scout ses deux enfants depuis la mort de sa femme losque Scout n'avait que deux ans. C'est cette dernière, petit garçon manqué, qui nous narre ce roman. Dans une première partie, elle nous dresse le portrait du voisinage, parfois étrange et des membres de sa famille ( lesquels n'approuvent pas vraiment l'éducation qu'Atticus donne à ses enfants, en particulier tante Alexandra qui viendra s'installer chez eux pour tenter d'y remédier). C'est seulement dans la seconde partie que l'oeuvre prend tout son sens : Tom Robinson, un homme noir est accusé d'avoir violé une jeune femme blanche. Et c'est Atticus Finch qui est commis d'office pour le défendre. Et à cette époque où la ségrégation raciale est de mise, ce n'est pas une mince affaire...


J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, surtout la deuxième partie dans laquelle on assiste au procès Tom Robinson alors même que tout est joué d'avance. Et c'est avec le regard innocent d'une enfant que nous le vivons, une enfant qui découvre la méchanceté, le racisme, l'injustice qu'elle ne comprend pas toujours. Une magnifique invitation à réfléchir sur la nature humaine, car si les faits remontent aux années 30, certains sujets me semblent toujours d'actualité.

Mais j'ai aussi découvert une narratrice touchante, avec ses préoccupations d'enfant : son fiancé Dill, ses jeux, ses difficultés à l'école...mêlant ainsi habilement gravité et légèreté du quotidien de l'enfance.


« Vous connaissez la vérité, et la vérité est que certains Noirs mentent, certains Noirs sont immoraux, certains Noirs représentent un danger pour les femmes - noires ou blanches. Mais cette vérité s'applique au genre humain dans son ensemble, pas à une race en particulier. »


« S'il y a qu'une seule sorte de gens, pourquoi n'arivent-ils pas à s'entendre? S'ils se ressemblent, pourquoi passent-ils leur temps à se mépriser les uns les autres? Scout, je crois que je commence à comprendre quelque chose! Je crois que je commence à comprendre pourquoi Boo Radley est resté enfermé tout ce temps. C'est parce qu'il n'a pas envie de sortir. »

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 13:19

L'histoire :


Nous sommes en 1903 à Ropraz, petit village du Haut-Jorat vaudois isolé du reste du monde dans lequel les modes de vie anciens sont toujours bien ancrés. Rosa Gilliéron, jeune et jolie fille d'une vingtaine d'années, décède foudroyée par une méningite. Deux jours plus tard, on découvre avec horreur que sa tombe a été profanée et que son corps a subi les pires sévices : viol, mutilation, et même cannibalisme puisqu'on retrouvera dans la haie des morceaux de chair recrachés. Une enquête est aussitôt ouverte mais elle piétine... celui que l'on surnomme déjà le Vampire de Ropraz est introuvable. Mais la suspicion est partout, chacun voit en son voisin un coupable possible. Il faut un coupable à n'importe quel prix pour apaiser les esprits, d'autant que deux autres profanations sont commises. Alors, quand le jeune Favez, garçon de ferme est surpris « en pleine nuit, à l'étable, debout sur un tabouret, le pantalon baissé sur les chaussettes, en train de s'exécuter sur une génisse entravée », il n'y a plus aucun doute...



Voilà une lecture à ne pas mettre entre toutes les mains... Jacques Chessex narre ce fait divers ( précisons qu'il s'inspire de faits réels ce qui donne une autre dimension à la lecture ) dans un style journalistique, à la fois cru et dérangeant. Il nous plonge au coeur d'un village où «  « la misère sexuelle, comme on la nommera plus tard, s'ajoute aux rôderies de la peur et de l'imagination du mal », où «  on retrouve encore aujourd'hui dans les greniers, les appentis, des grimoires et des recettes de décoction de sang menstruel, de vomi, de bave de crapaud et de vipère pilée. » Une lecture pesante et fascinante à la fois.

Par ailleurs j'ai particulièrement apprécié la « révélation » finale et je me demande si elle contient une part de vérité.


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