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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 17:51

Après avoir lu L'étrange histoire de Benjamin Button du même auteur et avoir été assez déçue par cette lecture, j'ai eu envie de lire d'autres nouvelles de F. S. Fitzgerald afin de me faire un avis plus précis sur son écriture. Je pense que c'est peine perdue, je n'ai guère été plus séduite par les deux nouvelles qui composent ce petit recueil.



Une vie parfaite :

Basil est le meilleur joueur de football américain de son école. A l'issue d'un match, il rencontre un ancien John Granby qui le félicite pour son talent et qui lui demande un entretien. Il essaie alors de convaincre Basil qu'il pourrait remplir une mission au sein de son école, celle " d'inciter tous les garçons à mener une vie propre, droite, honnête". Il renonce alors à l'alcool, au tabac et aux filles et tente de convaincre ses amis de suivre le même chemin. Jusqu'à ce qu'il rencontre Jobena Dorsey, la soeur de son ami Georges...

L'accordeur :

Luella Hemple a une vie de rêve : à vingt-trois ans, elle est marié à Charles, un homme séduisant et riche, elle a un bébé adorable, ils sont propriétaires d'un sublime appartement. Pourtant elle s'ennuie à mourir dans cette vie : "Même mon bébé m'ennuie. Cela paraît monstrueux, mais c'est vrai. Il n'apporte rien à ma vie. Je l'aime de tout mon coeur, mais quand j'ai à m'occuper de lui tout un après-midi, je suis nerveuse à hurler. Au bout de deux heures, je commence à rêver du moment où la nurse poussera la porte." Elle envisage de quitter Charles lorsque ce dernier lui présente un étrange personnage : le docteur Moon qui est censé l'aider à mieux vivre avec son mari...

Que dire de ces nouvelles? Elles sont assez courtes, donc je les ai lues intégralement mais très sincèrement, je n'y ai vu rien d'attrayant. Après avoir lu chacun de ces récits, je me suis dit : " oui et alors?", je n'ai pas eu l'impression que ces lectures m'aient apporté quoi que ce soit. J'attends d'une histoire qu'elle m'interpelle, qu'elle me fasse rire ou pleurer, qu'elle change quelque chose en moi. Bref, qu'elle me touche tout simplement.

Je parlais il y a deux jours dans
cet article de mon ressenti par rapport aux nouvelles qui ne sont pas assez copieuses, qui me laissent sur ma faim/fin. Mais ici, il ne s'agit même pas de ça, j'avais même hâte qu'elles se terminent, surtout pour la première. Je n'en ai tout simplement pas saisi l'intérêt... Peut-être que Fitzgerald et moi, c'est une histoire qui ne colle pas!

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 19:37

J'ai découvert cette nouvelle chez Stephie il y a quelques semaines, et j'ai eu envie de la découvrir. C'est pourquoi quand je suis tombée dessus au salon du livre je n'ai pas hésité une seconde avant de l'acheter.

L'histoire :

La scène se passe à New-York dans les années 90. Andi et Sarah sont en couple depuis quelques mois quand le récit commence. Ils s'aiment d'un amour très fort. Pourtant dès les premières pages, le malaise est sensible : Sarah est juive et plusieurs membres de sa famille ont péri à Auschwitz. Andi, lui, est Allemand, et même si la Shoah a eu lieu cinquante ans auparavant, les rancoeurs sont toujours présentes, et l'incompréhension règne. En effet, si Andi semble accepté par la famille de Sarah, il n'est jamais vraiment à l'aise, se demandant si leur gentillesse n'est pas forcée. Et quand Sarah rencontre les parents d'Andi à Berlin, le malaise s'installe lorsque le sujet de la guerre est évoqué. Pourtant Andi aime vraiment Sarah. Il va alors tout tenter pour lui prouver son amour, au delà de leur mésentente sur la façon de penser la Shoah.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture car c'est un sujet qui me touche énormément. Cette nouvelle se lit très vite et j'ai souvent été très émue de lire comme le poids du passé pouvait influencer la vie de ces deux êtres qui se vouent un amour sincère. Un amour qui, finalement, n'est pas suffisant, chacun demeurant l'image de ses ancêtres. Sarah se sent constamment agressée, les malentendus se multiplient, parfois sur un seul mot. Et Andi, aussi parfait soit-il ( "Tu leur as beaucoup plu à tous." ) reste avant tout un Allemand, le descendant de ceux qui ont persécuté les Juifs.
Cependant, j'aurais apprécié que l'histoire soit plus étoffée. Je pense que je suis de moins en moins attirée par les nouvelles. J'aime entrer dans un univers, faire connaissance avec des personnages soigneusement dépeints et passer un moment avec eux. Quand je lis une nouvelle, j'ai la sensation qu'il manque quelque chose, l'impression de rester sur ma faim, et la frustration de quitter aussi rapidement une écriture à laquelle je commençais tout juste à m'habituer. C'est pourquoi j'ai hâte de lire Le Liseur du même auteur, qui est, quant à lui, un roman.

" Ils marchèrent en silence, tous les deux avec un peu de rancoeur et chacun chagriné par cette rancoeur, la sienne et celle de l'autre."

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:32
   

Voilà une lecture qui m'aura donné du fil à retordre! Il m'a fallu un moment avant de me lancer dans le premier tome de cette série que l'on voit absolument partout depuis des mois et qui est considérée comme un best-seller parce que j'ai tendance à me méfier de ce genre de livres... Pourtant, j'ai fini par craquer, attirée un peu plus vers cette magnifique couverture noire et rouge à chacune de mes visites en librairie. D'ailleurs, il n'est pas resté très longtemps dans ma PAL...


L'histoire :


Mikael Blomkvist travaille en tant que rédacteur pour le journal Millénium, jusqu'au jour où il publie un article diffamatoire sur Wennerström après avoir obtenu de fausses informations. Condamné à purger trois mois de prison, Mikael prend ses distances avec le journal. C'est ce moment que choisit Henrik Vanger, un riche industriel, pour le contacter. Sa nièce Harriet a disparu depuis plus de trente ans dans des conditions très mystérieuses : aucun corps n'a pu être retrouvé et sa disparition a eu lieu alors que l'île d'Hedeby, sur laquelle résident les Vanger, était isolée du reste du monde. En effet, un camion s'était couché sur le pont, bloquant tout accès à l'île. Une soixantaine de personnes étaient présentes sur l'île à ce moment et sont dont suspectes. La police n'a jamais réussi à résoudre cette énigme. Pourtant Henrik Vanger n'a jamais cessé de mener des recherches, persuadé qu'Harriet a été assassinée et que son assassin le nargue chaque année en lui envoyant une fleur le jour de l'anniversaire de la disparition de la jeune fille. Toutes les pistes semblent avoir été explorées mais Henrik compte sur les talents de Mikael pour relancer l'affaire. Et il dispose d'un argument imparable : des informations sur Wenneström qui permettraient à Mikael de se venger du mauvais tour qui lui a été joué dans cette affaire.


Que dire de ce livre? J'ai détesté les cent premières pages dans lesquelles on lit nombre de détails sur les magouilles financières des uns et des autres. Le livre a bien failli me tomber des mains plusieurs fois mais j'ai persévéré puisque j'avais lu de nombreux articles disant que le début pouvait sembler long. Bel euphémisme, il m'a fallu plusieurs jours pour atteindre péniblement la centième page. D'ailleurs, je m'ennuyais tellement que j'ai lu deux autres livres entre temps, alors que je mène très rarement plusieurs lectures de front!


J'ai eu un regain d'intérêt lorsque Mikael rencontre Henrik Vanger et que celui-ci lui expose l'énigme concernant sa nièce. Seulement, j'ai été gênée par la multitude des personnages qui forment le clan Vanger, ayant beaucoup de mal à me repérer parmi eux, malgré les schémas proposés par l'auteur! Tous apparaissent en même temps, et le lecteur n'a pas le temps d'assimiler les liens qui unissent tel et tel membre de la famille, que d'autres cousins surgissent... Certes, nous avons affaire à une trilogie, et il y a donc pas mal de choses à mettre en place, mais j'ai trouvé cela assez maladroit.


Bref, ça commençait plutôt mal... jusqu'à ce que Lisbeth Salander entre véritablement en scène et vienne épauler Mikael dans son enquête. J'ai été littéralement conquise par ce personnage : Lisbeth est asociale, elle a le corps couvert de tatouages et de perçings et elle est considérée comme une malade mentale. Pourtant lorsqu'il s'agit de faire des recherches, personne ne semble pouvoir l'égaler : aucune information ne lui échappe, aucun détail ne lui reste inconnu. Et peu à peu ces deux personnages, qui forment un duo de choc, font des découvertes qui vont les mener jusqu'à une vérité que nul n'aurait imaginé. L'intrigue est très bien construite et à aucun moment, je n'ai eu de soupçons sur ce qui s'était réellement passé ; je suis allée de découvertes en découvertes et j'ai lu la deuxième moitié du livre sans pouvoir le refermer.


Dans l'ensemble, mon enthousiasme concernant la deuxième partie du livre l'emporte puisque je pense que je lirai le deuxième tome ( même si je ne vais pas me précipiter dès demain pour l'acheter..) et j'irai sans doute voir le film dont la sortie est prévue cette année.

 

J'ai lu ce roman dans le cadre du défi : Littérature policière sur les cinq continents, catégorie Europe.

 

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 15:14

Mon blog a un mois aujourd'hui, et à cette occasion, je franchis un nouveau pas dans la blogosphère. Je viens en effet de m'inscrire à mon premier défi! J'en profite également pour remercier tous les visiteurs sans qui ce blog ne serait pas ce qu'il est : c'est avec grand plaisir que je lis chaque jour vos commentaires et encouragements!



Je remercie bien entendu 
Catherine qui a lancé ce chouette défi et qui a même ouvert ce blog tout spécialement pour centraliser les articles de chacun des participants.

Je l'ai choisi pour deux raisons :
- la première est qu'il n'est pas trop contraignant, 5 livres dans l'année, c'est facilement réalisable.
- la seconde c'est que j'aime découvrir des livres vers lesquels je ne me tournerais pas de moi-même. Or, je ne lis pas énormément de policiers, et depuis que j'ai lu 
Robe de marié de Pierre Lemaître qui m'a littéralement scotchée, j'ai envie d'en lire davantage.

Voici mon choix pour ce défi :

Afrique
: Le pic du diable, Deon Meyer

Europe : Millenium 1, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg larsson
Océanie : L'empreinte du diable, Arthur Upfield
Asie : De soie et de sang, Qiu Xialong
Amérique : L'amour ne meurt jamais, James Patterson

Affaire à suivre donc... le premier article ne devant pas tarder puisque je suis en train de lire Millenium 1.


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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 19:47

Le souvenir de ce livre ne m'a toujours pas quittée. Le DVD attendait sagement que je le regarde, c'est maintenant chose faite! Attention, cet article contient des informations sur la fin de l'oeuvre.

Tout d'abord, j'ai trouvé cette adaptation très fidèle au magnifique livre de Marc Dugain. Dès le début, j'ai retrouvé l'ambiance du roman, d'ailleurs les dialogues sont très souvent respectés à la lettre. Seule la fin est différente, puisque Adrien, s'il croise Clémence à la sortie de l'opéra ne reprend pas contact avec elle. Mais le film se termine sur une note très positive puisqu'une jeune femme ( peut-être celle qui devient sa femme dans le livre ) lui dit à trois reprises " Vous n'êtes pas un monstre".

Le point de vue d'Adrien est également très bien respecté. Au début du film, on ne voit pas son visage, la caméra s'arrêtant toujours au niveau des épaules. Le réalisateur utilise également avec beaucoup d'habileté la contre-plongée qui nous permet de voir la scène avec les yeux d'Adrien, notamment lorsque les médecins ou les infirmières se penchent sur lui. J'avoue qu'au début j'étais un peu inquiète, pensant que le visage d'Adrien resterait caché tout le long du film, mais en fait ce n'est pas le cas, et le choix est très judicieux puisque nous découvrons le visage d'Adrien en même temps que lui, lorsqu'il observe son reflet dans la vitre. Par contre, j'ai moins apprécié la voix off qui permettait d'avoir accès aux pensées d'Adrien. Heureusement, ce procédé est peu utilisé.

Par contre, il y a bien un point sur lequel j'ai été déçue : la blessure d'Adrien. J'ai réalisé à quel point les mots peuvent être plus forts et dérangeants que les images. Je l'ai trouvé peu défiguré comparé à ce que je m'étais imaginé à la lecture. Et globalement, j'ai eu la même impression pour tous les autres personnages, notamment Marguerite. Concernant cette dernière j'ai relevé une incohérence assez gênante : on apprend lors de sa rencontre avec les trois officiers qu'elle est sourde et qu'elle ne peut donc communiquer qu'avec Penanster, le seul a avoir la bouche intacte lui permettant de lire sur ses lèvres. Or, par la suite, Adrien converse avec elle tout à fait normalement.

Dans l'ensemble, j'ai quand même été conquise par cette adaptation remarquable, surtout grâce à sa fidélité au livre qui m'a permis de "revivre" en quelque sorte ma lecture, de ressentir de nouveau ces émotions très fortes. Il s'en est d'ailleurs fallu de peu que je ne verse une larmichette...

Je termine cette article avec une phrase qui m'a beaucoup marqué. Lorsque son meilleur ami Bonnard vient rendre visite à Adrien, l'infirmière lui dit :
"Ne détournez pas les yeux, vous lui feriez encore plus de mal."

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 17:07

   Ce livre a immédiatement attiré mon attention dimanche sur le stand du livre de poche, tout d'abord parce qu'il est légèrement plus grand qu'un livre de poche "classique", mais aussi parce que la première de couverture est divinement "fille" : du violet, des étoiles pour remplacer les points sur les "i" et du vernis à ongles, rouge s'il vous plaît! Il n'en fallait pas plus pour me plaire. Et en l'ouvrant, j'ai eu la surprise de découvrir des dessins absolument charmants! Et comme une surprise ne vient jamais seule, j'ai eu le plaisir de me voir offrir un joli carnet de Pénélope Bagieu lors de mon passage en caisse! Un carnet dans lequel je ne manquerai pas de consigner les prochains titres qui viendront s'ajouter à ma PAL.

Mais je m'égare... Je n'ai pas pu résister très longtemps et j'ai dévoré ce livre sur la route du retour, bien qu'habituellement j'évite de lire en voiture car cela me rend malade.

Un vrai petit bijou! Les dessins à l'image de la couverture sont très colorés : du rose, du violet, du jaune , du vert... un régal pour les yeux! Et à chaque page, on trouve un dessin qui représente un épisode, un événement, une situation comique dans laquelle chaque vraie fille peut se retrouver. J'ai vraiment beaucoup ri, et je me suis retrouvée dans bon nombre de ces situations, ponctuant ma lecture de "ah, mais c'est tout moi!" ou encore de "oui, c'est exactement ça, je ne suis donc pas la seule!"... Pour celles qui le liront, allez donc jeter un oeil à la double page Scène d'une violence insoutenable et vous découvrirez une situation tragi-comique dans laquelle je me suis retrouvée un jour...Shopping, ménage, famille, relation avec la banquière, rien ne manque et à chaque page, c'est le rire assuré!!

Bref, je ne peux que vous le conseiller!
Vous pouvez également consulter le blog de Pénélope su lequel on retrouve une partie des illustrations, les autres étant des inédits.

Et rien que pour le plaisir :

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 17:53
 

C'est à la fac il y a quelques années que j'ai découvert Annie Ernaux avec Les armoires vides et j'en gardais un agréable souvenir. Comme j'entends souvent parler d'elle depuis quelques temps, j'ai eu envie de me replonger dans son oeuvre. J'ai choisi L'occupation parce que le sujet me rappelait étrangement celui de la Lettre d'une amoureuse morte de Nathalie Rheims que j'ai lu il y a peu et qui m'avait laissée une impression mitigée. Et bien, mal m'en a pris... Il faut croire que je ne suis pas faite pour lire ce genre d'histoire!


 
L'histoire, justement, est celle d'une femme qui a quitté W. , l'homme avec qui elle avait une relation depuis six ans. Ils sont restés en contact, se téléphonant souvent, se revoyant parfois... Mais vient le jour où W. annonce à la narratrice qu'il a rencontré une autre femme et que désormais, elle ne pourra plus l'appeler quand elle le souhaite. Elle se rend alors compte qu'elle n'aurait jamais dû le quitter, et jalouse cette femme dont elle ne sait rien, cette femme qui occupe désormais son esprit...


Quelle déception... J'ai bien failli m'arrêter à la page 25 lorsque j'ai lu un « Je voulais le ravoir. » qui m'a horrifiée. Je suis quand même allée au bout, mais pour la seule et unique raison que le livre ne comprend que 75 pages. Je n'ai pas apprécié du tout l'écriture que j'ai trouvé peu délicate, et même parfois vulgaire... pourtant je ne suis pas du genre à être choquée par un mot un peu gras, mais là, j'ai trouvé que c'était purement gratuit...

Bref, je me suis profondément ennnuyée... et je n'ai même pas relevé d'extraits pendant ma lecture, aucune phrase, aucun passage n'a attiré mon attention. Et je serais vraiment curieuse de savoir si certains ont apprécié cette lecture!

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 17:23

Après avoir hésité un moment, nous avons décidé ce matin de nous rendre au salon du livre à Paris. Quel lieu de tentation!! Et comme il fallait rentabiliser les quatre heures de route aller/retour, j'ai fait quelques achats...

Plutôt que de vous en faire la liste, je préfère vous montrer mes achats :


La carte bleue a chauffé.
Le porte-monnaie fait un peu la tête.
La PAL a doublé de hauteur.
Mais moi, je suis ravie!
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 19:16
 

Plus jeune, j'ai lu énormément de livres en rapport avec la seconde guerre mondiale, mais je ne me suis jamais vraiment intéressée à la première. Je découvre donc assez tard ce chef-d'oeuvre de Marc Dugain. Et finalement, ce n'est sans doute pas plus mal car je n'aurais sans doute pas connu la même émotion il y a dix ans.

 L'histoire :


Nous sommes en 1914. Adrien, jeune officier part prendre ses quartiers dans la Meuse. Lors de sa correspondance à la gare de l'Est, il rencontre Clémence venue accompagner celui qui doit devenir son mari après la guerre. Ils passent une nuit ensemble mais Adrien doit partir. Seulement Adrien ne connaîtra pas la guerre des tranchées : dès les premiers jours, alors qu'on l'a envoyé en reconnaissance, il est très grièvement blessé au visage par un éclat d'obus. Lorsqu'il reprend connaissance, c'est le choc et le verdict est sans appel : «  Béance totale des parties situées du sommet du menton jusqu'à la moitié du nez, avec destruction totale du maxillaire supérieur et du palais, décloisonnant l'espace entre la bouche et les sinus. Destruction partielle de la langue. Apparition des organes de l'arrière-gorge qui ne sont plus protégés. » Adrien est défiguré et ne retrouvera jamais ce visage d'ange qui avait tant séduit Clémence. On le transfère alors au Val-de-Grâce, dans une chambre réservée aux officiers blessés au visage, chambre dans laquelle tous les miroirs ont été ôtés. Adrien raconte alors les cinq annés qu'il a passé là-bas : les opérations, les visites des proches des blessés qui ne reconnaissent pas leur frère, leur ami ou leur mari, mais aussi les merveilleuses amitiés qui se nouent avec ses compagnons d'infortune...


Je vais avoir du mal à trouver les mots pour qualifier cette lecture tant elle m'a émue et tant j'en suis encore bouleversée.. Perdre son visage, quoi de plus terrible pour un être humain? On vit chacune des étapes avec Adrien, qui est le narrateur : le réveil et la découverte de sa blessure, les différentes opérations pour tenter de reconstruire ce visage à jamais disparu, les lettres rassurantes à ses proches pour prévenir toute visite...jusqu'à sa sortie cinq ans plus tard, moment où il faut affronter le regard des autres et on s'attache énormément à lui. J'ai vraiment eu l'impression de souffrir avec lui, même si la douleur ressentie par ceux qu'on a appelés les « Gueules cassées » reste inimaginable. Penser à tous ces hommes qui ont payé de leur chair pour défendre leur patrie impose le respect. Et même si ce livre est une fiction, des Adrien, il y en a eu des milliers. Et Marc Dugain a un tel talent qu'à aucun moment, on ne pense qu'il s'agit d'une fiction, tout est si réaliste, c'est comme si on pouvait voir Adrien. Voilà une lecture que je ne suis pas prête d'oublier...


Quelques extraits :


« Je comprends pourquoi notre salle se remplit si lentement, pourquoi nous sommes au dernier étage. Dans cette grande salle sans glaces, chacun d'entre nous devient le miroir des autres. »


« La médecine avance, elle fait des pas de géant. D'ici la fin de la guerre, on refera des faces à neuf, comme si rien n'était arrivé. De la destruction massive pour élever le niveau de la connaissance, c'est paradoxal, non? »


« Cette femme préoccupait chacun d'entre nous plus que nous ne le laissions paraître aux autres. Nous faisions cette guerre pour nos femmes et nos enfants, et cette présence féminine à nos côtés, éveillait en nous un double sentiment négatif – échec par rapport à notre mission, et d'impuissance à châtier l'ennemi qui nous avait entraîné dans cette guerre. »

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 19:28
 

Voilà enfin un peu de légèreté après une série d'articles mêlant la mort, le viol et les fous... car vous l'aurez sans doute remarqué, mes lectures sont souvent loin d'être gaies... n'en déduisez pas qu'elles reflètent mon caractère, je vous rassure, je respire la joie de vivre!! Mais là n'est pas la question, revenons-en aux Chroniques...

 

 L'histoire :


Mary Ann Singleton décide un jour de tout plaquer : famille, amis, boulot pour s'installer à San Francisco. Nous sommes dans les années 70 et la jeune femme coincée va peu à peu découvrir un monde qu'elle ne connait pas où se cotoient sexe, drogue et alcool. D'abord logée chez son amie Connie, elle trouve rapidement un appartement à Barbery Lane chez Anna Madrigal, une vieille femme étrange qui accueille ses nouveaux locataires en scotchant un joint sur leur porte. Grâce à l'une de ses voisines, Mona, elle trouve très rapidement du travail dans l'agence de pub d'Edgar Halcyon. Nous suivons alors les pérégrinations de Mary Ann et de nombreux autres personnages qui gravitent autour d'elle : les locataires de madame Madrigal, la famille d'Edgar Halcyon, les amis des uns et des autres...qui finissent tous par se rencontrer au gré du hasard, de manière souvent assez cocasse.


J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture qui m'a fait passer un agréable moment. Je n'ai cessé de sourire à chaque page. Armistead Maupin a vraiment un don pour introduire ses personnages, et si leur quantité peut faire craindre qu'on ne s'emmêle les pinceaux, il n'en est rien! Chacun fait son apparition et trouve sa place auprès de Mary Ann. Et j'ai surtout apprécié la manière dont ils « réapparaissent ». Pour ne citer qu'un exemple, Jon apparaît tout d'abord en tant que gynéco de Dede Day et on le retrouve ensuite comme amant de Beauchamp Day, le mari de Dede. Le monde est très petit à San Francisco puisque tout le monde couche avec tout le monde, hommes et femmes confondus... Et cela prend tout son sens dans la succession de très courts chapitres qui nous font passer d'un endroit à un autre, de personnages à d'autres mais sans jamais nous égarer. Un véritable tour de force!

Et si j'ai autant envie de lire la suite, c'est qu'Armistead Maupin sait également créer le suspense. Qui est véritablement Anna Madrigal? Tout le roman laisse sous-entendre qu'elle cache un terrible mystère, et au moment où l'on s'apprête enfin à connaître la vérité, un terrible retournement de situation nous en prive... Je n'ai qu'une hâte : lire le deuxième tome. D'ailleurs, j'ai résisté jusqu'à maintenant mais le fait d 'écrire cet article ranime une envie irrépressible de connaître la suite. Je vais le commander de ce pas!


Et je finis en remerciant Neph grâce à qui j'ai découvert ce titre. Vous pouvez d'ailleurs lire son très chouette article  ICI

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