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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 17:20

Honte à moi, je n'avais encore jamais lu Jane Austen. L'envie m'est venue à force de lire de nombreux articles sur la blogosphère, tous plus tentants les uns que les autres. C'est donc tout naturellement qu' Orgueil et préjugés, le plus connu de tous est venu rejoindre ma PAL. Le lancement d'un challenge par Fashion et l'engouement qu'il a suscité m'ont poussée à le faire remonter en bonne place. Et je peux dire maintenant que j'ai lu mon premier Austen et que ce ne sera pas le dernier!


Difficile de résumer un livre qui l'a déjà été moultes fois et que tout le monde connaît, mais je me lance. Il y en reste peut-être quelques-unes à convaincre dans la blogosphère!

Nous suivons dans ce roman les aventures de la famille Bennet qui compte cinq filles. Madame Bennet n'a qu'une préoccupation dans la vie : marier ses filles avec les meilleurs partis possibles. Le roman commence par l'arrivée de Mr. Bingley à Netherfield Park, un domaine tout proche et dès les premières lignes le ton est donné : " C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur le champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de ses filles". Et en effet, Mr. Bingley ne reste pas longtemps insensible au charme de Jane Bennet, l'aînée de la famille. Mais c'est finalement la relation entre Mr. Darcy, le meilleur ami de Mr Bingley et Elizabeth Bennet qui se trouve être au centre du roman. En effet, Darcy s'offusque d'abord des prétentions de son ami auprès d'une jeune fille si peu riche que Jane. Il fera tout pour l'en éloigner jusqu'à ce qu'il soit contraint de s'avouer qu'il éprouve lui aussi des sentiments pour Elizabeth... Et pour que ces relations soient possibles, il va falloir lutter contre tout les préjugés qui gouvernent l'Angleterre du XIXè siècle, et mettre son orgueil de côté. Choses difficiles à une époque où seules les apparences comptent!

Ce roman est une véritable petite merveille. Jane Austen a un talent incontestable pour dépeindre la société de son temps et en dénoncer les travers. En effet, ses personnages sont si bien construits qu'on s'y croirait! D'ailleurs, je me suis demandée au début du roman pourquoi toutes les blogueuses semblaient sous le charme de Darcy alors que je le trouvais profondément arrogant et antipathique. Puis, peu à peu, sous la plume de l'auteur, le véritable caractère du personnage se révèle, et à l'image de Lizzie, on ne peut être que charmée! Lizzie, parlons-en, c'est incontestablement le personnage que j'ai préféré dans ce roman, j'ai aimé son attitude provocatrice, son non-respect des convenances et l'indépendance qu'elle réclame. Quel caractère! Et il en faut pour tenir tête à lady Catherine... j'ai trouvé ce passage particulière délicieux et j'ai beaucoup ri!

J'ai beau chercher, je ne trouve rien à redire à ce roman, ce fut un moment de lecture vraiment très plaisant. Si plaisant que j'ai acheté cet après-midi Lady Susan pressée de me replonger dans l'univers austinien... La grande question maintenant est : vais-je résister au challenge proposé par Fashion?

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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 14:09



Nicolas a écrit dans les commentaires du billet Montre-moi ton marque-page, je te dirai qui tu es...   qu'il n'utilise pas de marque- page préférant corner les pages...

D'où l'idée de ce petit billet pour vous faire part de mes petites manies de lectrice et bien sûr m'enrichir des vôtres!

Donc, les cornes, pour moi, c'est impossible! Je ne supporte pas l'idée d'abîmer l'un de mes livres, je ne peux d'ailleurs pas écrire dans un livre, serait-ce au crayon à papier! Le livre est un objet sacré qu'il ne faut pas profaner. J'aime qu'il garde son aspect neuf. Mais je sais que pour d'autres il faut que le livre garde trace de la lecture, qu'on voit qu'il a vécu, qu'il est vivant...

Je suis également incapable de me séparer d'un de mes livres, même si je l'ai détesté ou que je ne suis pas allée au bout. C'est pourquoi j'emprunte très peu de livres. L'idée de devoir me séparer d'un livre que j'ai aimé m'est insupportable. C'est pourquoi j'achète essentiellement des poches, sinon c'est la ruine assurée hum...Cela pose également un problème de place : les piles s'accumulent un peu partout...

En bref, je suis assez rigide et possessive lorsqu'il s'agit de livres! Et vous, quelles sont vos manies de lecteur?

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 20:49
 

Je pensais avoir lu tous les Nothomb sortis en poche mais je suis tombée sur Acide sulfurique en flanant sur le stand du Livre de Poche au salon du livre. Je n'ai pas hésité une seconde malgré ma légère déception lors de la lecture des derniers Nothomb. Eh bien, je suis ravie, j'ai retrouvé dans ce livre la verve cynique de l'auteur que j'avais tant appréciée dans ses premiers romans.


 

L'histoire :


La nouvelle émission de télé-réalité à la mode s'intitule « Concentration ». Pannonique est victime d'une rafle un matin au Jardin des Plantes et rejoint le camp qui est calqué sur les camps de concentration nazis : chaque jour, les plus faibles sont envoyés à la mort. Les autres tavaillent durement avant de rejoindre les baraquements où ils s'entassent. Les prisonniers sont surveillés par les kapos qui n'hésitent pas à les battre violemment, augmentant ainsi l'audience de l'émission. Mais Pannonique qui s'est vu attribué le nom de CKZ 114 n'est pas une prisonnière comme les autres, et le kapo Zdena ne reste pas insensible à son charme.


J'ai adoré ce livre. Il soulève le problème de la télé-réalité et de ses limites en nous montrant une émission poussée à l'extrême : il s'agit de toujours aller plus loin dans la violence et la haine pour conserver l'audimat : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle. » Et il fallait oser reprendre à son compte les camps de concentration... Cela nous interroge sur le spectateur voyeur, que peut-on montrer, jusqu'où peut-on aller? Qui est responsable : celui qui produit l'émission ou ceux qui la regardent et en font le succès?

Je me suis beaucoup attachée au personnage de CKZ 114 qui refuse de se plier aux règles et qui lutte contre la déshumanisation. Et je l'ai trouvée sublime dans son rapport à Zdena : CKZ 114 refuse de céder à ses avances, même contre sa liberté, alors que d'autres seraient prêts à perdre leur vertu pour un morceau de pain...

Un livre magnifique, vraiment, même s'il ne semble pas faire l'unanimité. Peut-être est-ce la comparaison avec les camps de concentration qui dérange? Pour ma part, j'y ai retrouvé Nothomb telle que je l'aime, originale, audacieuse, provocante et inconvenante.

Et une mention spéciale pour la couverture que je trouve magnifique.

«  Dire qu'ils sont là, avachis devant leur poste, à savourer notre enfer, en feignant sûrement de s'en indigner! Il n'y en a pas un pour venir concrètement nous sauver, cela va de soi, mais je n'en demande pas tant : il n'y en a pas un pour éteindre son téléviseur ou pour changer de chaîne, j'en mets ma main à couper. »


« Le sommet de l'hypocrisie fut atteint par ceux qui n'avaient pas la télévision, s'invitaient chez leurs voisins pour regarder « Concentration » et s'indignaient :

- Quand je vois ça, je suis content de ne pas avoir la télévision! »

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 18:35

J'ai eu l'honneur d'être taguée par Aifelle lundi. Le principe est simple, il s'agit de montrer notre marque-page fétiche et de raconter son histoire. Mais comme je ne suis pas une bonne élève, j'ai décidé de vous en montrer plusieurs....

D'abord le dernier en date, offert par mon mari en même temps que
Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti et Les âmes brûlées, d'Andrew Davidson (article à venir ) :


Quelques -uns offerts par mon libraire, qui traînent un peu partout dans l'appart, afin d'en avoir toujours un sous la main au cas où! J'aime particulièrement le troisième.


Et enfin les supers aimants offerts par nuxka et qui me suivent dans chacune de mes lectures car ils me permettent de repérer très précisément une citation. Il y en a quatre mais les deux autres sont en bonne place dans Acide sulfurique! Et en prime, mon petit carnet du moment, dans lequel je note ma LAL:


Vous l'aurez compris, j'aime les chats!


Bon, il faut maintenant que je choisisse trois autres blogueuses! Alors j'aimerais beaucoup voir le marque-page de
Neph , celui d' Edelwe et celui de Stephie .
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 20:10


Je n'ai découvert ce film, pourtant sorti en 2005, que très récemment. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est dérangeant!

 

Tout commence en 1943 lorsque cinq femmes viennent se présenter au Führer qui recherche une secrétaire. Son choix se porte sur Traudl Junge, une jeune et jolie munichoise de 22 ans. Après une ellipse de plus de deux ans, nous voilà catapultés en avril 1945 à Berlin. Le IIIè Reich connait ses dernières heures, les soviétiques sont aux portes de Berlin. Ce film retrace ces dernières heures alors qu'Hitler s'est enfermé dans son Bunker, avec ses partisans les plus proches dont sa jeune secrétaire Traudl. Il montre la détermination d'Hitler qui veut combattre jusqu'au bout, et refuse de capituler, préférant finalement se suicider et demandant que son corps soit ensuite brûlé car il ne souhaite pas être capturé mort ou vif. Le film s'inspire des écrits de Traudl Junge Dans la tanière du loup : les confessions de la secrétaire d' Hitler, et d'ailleurs celle-ci témoigne au début et à la fin du film. Elle affirme qu'à l'époque elle ne se doutait de rien, mais qu'elle a ensuite vécu avec la culpabilité de n'avoir pas cherché à savoir ce qui se passait.

 

Ce film m'a vraiment mise mal à l'aise. Tout d'abord parce que l'acteur qui joue le rôle d'Hitler Bruno Ganz le fait avec beaucoup de brio. Ensuite, parce que l'image qui est donnée de ce tyran est profondément ambivalente. On vit en effet les dernières heures du point de vue d'Hitler, une grande partie du film se joue en huis-clos dans le bunker, et de fait, ce sont les soviétiques qui apparaissent comme ennemis. Ce film demande donc de remettre en perspective tout le contexte historique que l'on connaît et je me demande s'il n'y a pas là un côté dangereux pour de jeunes spectateurs parfois mal informés. D'autant plus que ce huis-clos occulte totalement ce qui se passe à l'extérieur dans les camps de concentration.Par ailleurs, Hitler apparaît comme quelqu'un de profondément humain, on le voit jouer avec son chien, ou faire preuve d'une grande gentillesse à l'égard de sa secrétaire.
N'allez pas croire pour autant que c'est un portrait élogieux qui est fait du Führer. Non, simplement le réalisateur lui a redonné une dimension humaine et cela rend le film d'autant plus inquiétant, effaçant l'image d'une incarnation du Mal pour mettre au jour un vieux fou, qui n'a plus aucun sens des réalités ( il continue à planifier l'avancée de ses armées alors que celles-ci ont déjà été battues ), qui méprise profondément le peuple  (" si la guerre est perdue, que m'importe que le peuple périsse" ), et qui tyrannise son entourage dans ses accès de colères terrifiants refusant d'écouter quel que conseil que ce soit. Bref, un dictateur fou qui fait froid dans le dos. Un film à voir.







A gauche, la magnifique Alexandra Maria qui incarne Traudl Junge.











       Au centre, Bruno Ganz dans le rôle d'Hitler.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 17:00
 

C'est dans la file d'attente à la caisse de la librairie que j'ai découvert ce livre. Son titre a immédiatemment attiré mon regard depuis son petit présentoir. J'achète rarement un livre sur un coup de tête mais mon tour approchait, à peine le temps de lire la quatrième de couverture que ma décision était prise : je l'ai embarqué. Et j'ai bien fait!

 

L'histoire:


Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari Örjan qu'elle a perdu très tôt. Très souvent, elle y croise Benny, le mec de la tombe d'à côté qui vient se recueillir sur la tombe de sa mère. Ces rencontres à répétition les agacent tout autant l'un que l'autre. Benny voit en cette femme une petite citadine hautaine et très terne, il la surnomme même « la femme beige ». De son côté, Désirée voit en Benny un véritable ringard. Elle ne manque pas de remarquer sa casquette Forestier ainsi que la manière exagérée dont il fleurit la tombe de sa défunte mère : «  Une stèle funéraire monstrueuse, oui, carrément vulgaire! Marbre blanc avec calligraphie dorée, des angelots, des roses, des oiseaux, des guirlandes de devises et même une petite tête de mort vivifiante et une faux. La tombe elle-même est couverte de plantes, on dirait une pépinière. » Jusqu'au jour où leurs regards se croisent et qu'un sourire immense illumine leur visage. C'est alors le début d'une histoire d'amour dévorante. Dévorante parce que passionnée et passionnelle mais aussi parce que leur monde sont si différents qu'ils sont incapables de les faire cohabiter...En effet, Désirée travaille à la bibliothèque, elle est passionnée par les livres et aime se rendre à l'opéra. Benny lui est agriculteur, il élève seul son troupeau de vaches depuis la mort de sa mère, y consacrant beaucoup de temps, délaissant ainsi son intérieur et son apparence physique.


 

J'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a rappelé par certains aspects l'émission L'amour est dans le pré ( on ne rigole pas! ). En effet, c'est un véritable choc des cultures entre ces deux personnages, ils ne sont jamais d'accord sur des sujets aussi variés que la politique, la nourriture ou encore le choix d'un film. Pourtant, pour éviter les disputes, ils optent très souvent pour l'humour, relativisant ainsi les fossés qui les séparent :

« Il nous est arrivé de louer une cassette vidéo. C'est-à-dire, on ne loue pas un film, on ne réussit jamais à se mettre d'accord sur le choix. On en loue toujours deux. Ensuite elle va chercher son fourre-tout fleuri pendant mon film, et moi je m'endors pendant le sien. »

Mais parfois, les disputes sont inévitables : comment pourrait-il en être autrement alors qu'aucun des deux n'est prêt à faire le moindre sacrifice? La communication est bien souvent impossible et l'humour frôle très souvent le tragique.

On s'en rend d'autant plus compte que le choix de la narration à la première personne est très judicieux. Les chapitres alternent le point de vue de l'un et de l'autre sur les mêmes événements et le lecteur assiste impuissant à cette incompréhension grandissante qui tient à peu de choses parfois. Comme si ces deux êtres passaient chaque fois à un fil de leur destin : « Nous n'avons absolument pas essayé de jeter des passerelles au-dessus des ravins, nous avons cherché à nous y précipiter mutuellement. »

On passe du rire à l'émotion et la fin m'a particulièrement touchée.


Je terminerai avec cette citation qui illustre très bien le roman : « Réparer des bulles de savon éclatées et faire sourire des poupées de chiffon ça peut prendre du temps. »


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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 13:03

C'est de nouveau dans le cadre d'une lecture commune que j'ai découvert ce titre et cet auteur dont je n'avais jamais entendu parler.


L'histoire :

Claudio est professeur de littérature en Pennsylvanie. Alors qu'il se rend à un colloque à Buenos Aires, il se retrouve bloqué toute une partie de la nuit à l'aéroport de Pittsburg. En effet, une forte tempête de neige rend tout vol impossible. Il est alors abordé par Marcelo, un voyageur espagnol comme Claudio qui attend lui aussi son vol.
Au début Claudio est gêné par cette intrusion d'autant que Marcelo n'est pas très pudique et qu'il se met à lui faire des confidences intimes. Mais Claudio se prend au jeu et finit par être intrigué par l'histoire que lui narre Marcelo : un jour qu'il était descendu dans un hôtel vieillissant de Buenos Aires, il a rencontré une femme à la fois magnifique et étrange avec laquelle il a vécu des nuits particulièrement chaudes... Quelques jours plus tard, Claudio, se trouvant à Buenos Aires passe devant cet hôtel et une force irrésistible le pousse à y entrer.

J'ai du mal à dire si j'ai aimé ou non ce livre... En fait, j'ai ressenti exactement la même chose que Claudio qui est le narrateur. A savoir que l'irruption de Marcelo m'a d'abord agacée, mais que comme Claudio, je me suis très vite prise au jeu et j'ai eu envie d'en savoir plus. Une mise en abime très étrange car Claudio tout au long de son récit fait des remarques sur les qualités ( et défauts) de narrateur de son compagnon, et que je me faisais bien souvent les mêmes réflexions sur le narrateur lui même. Je suis donc assez perplexe : est-ce une volonté de l'auteur et dans ce cas c'est un tour de force, ou certains passages sont-ils vraiment ennuyants? Très intéressant... Par exemple, Claudio est agacé par les digressions de Marcelo : " Mais aussi, je dois avouer que j'étais impatienté par cette divagation si peu pertinente, loin du fil conducteur de son histoire."  Suit alors une digression du narrateur lui-même sur la pratique de la digression qui m'a semblée peu pertinente et éloignée de l'histoire qui m'intéressait... Surprenant.

L'histoire justement, je l'ai trouvée fort intéressante, et j'ai eu très vite envie d'en savoir plus sur Carlota Fainberg. Seulement, j'ai très vite deviné la révélation finale à cause de la quatrième de couverture qui a mon sens, en dit trop! Un conseil donc, ne la lisez pas...

Pour finir, un détail, qui à la longue n'en est plus un, m'a véritablement agacée : c'est l'emploi au détour de chaque paragraphe de mots anglais... Certes, il s'agit de nous rappeler que nous sommes en Amérique, mais trop, c'est trop et dès les premières pages, cela m'a gênée.


L'avis de Stephie qui est déçue par cette lecture.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:17

J'avais eu l'occasion de lire quelques articles sur ce livre et j'étais assez tentée par cette lecture. Les premières lignes de la lettre, que l'on peut d'ailleurs lire sur la quatrième de couverture étaient très prometteuse : " Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais."

En effet, dans cette lettre, André Gorz revient sur la magnifique histoire d'amour qu'il a vécue avec sa femme Dorine. Il souhaite lui dire tout ce qu'il ne lui a jamais dit et surtout à quel point elle fut importante pour lui. Il retrace ainsi leur histoire, depuis leur rencontre, jusqu'à leurs vieux jours, alors que Dorine tombe gravement malade et que la mort se profile.

J'ai beaucoup aimé les premières et les dernières pages qui correspondaient à ce que j'attendais de cette lettre : une déclaration d'amour touchante d'un homme qui aime toujours autant sa femme après plus de cinquante ans de vie commune. Dans les premières pages, il narre leur rencontre, dont il se souvient avec précision. Certains passages sont très sensuels. La fin, quant à elle, pose le problème de la maladie : comment vieillir ensemble lorsque l'un des deux est physiquement réduit? Et surtout comment affronter la mort prochaine. " Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre" écrit André Gorz. Cette phrase prend tout son sens lorsque l'on apprend qu'André et Dorine ont choisi le suicide pour résoudre ce problème.

Pourtant, tout la partie centrale de la lettre m'a profondément ennuyée... et j'y ai surtout vu un prétexte pour revenir sur sa propre carrière littéraire. Il suffit de voir le nombre de fois où son oeuvre phare Le traître est mentionnée dans la lettre! Mais aussi le nombre de citations qu'il fait de ses propres écrits. J'ai trouvé cela assez égocentrique et le personnage de Dorine est alors effacé...

Bref, un avis plutôt mitigé... Peut-on en attendais-je trop de cette écrit qui se voulait avant tout intime?


" Etre passionnément amoureux pour la première fois, être aimé en retour, c'était apparemment trop banal, trop privé, trop commun : ce n'était pas une matière propre à me faire accèder à l'universel. Un amour naufragé, impossible, ça fait au contraire de la noble littérature."

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 19:31

Cette jolie couverture fleurit sur les blogs depuis quelques semaines, et généralement les avis sont très enthousiastes. Je ne vais donc pas être très originale car j'ai moi aussi beaucoup appécié cette lecture!


L'histoire :

Alice et Mattia sont deux jeunes adolescents lorsqu'ils se rencontrent. Eux qui vivent habituellement dans une très profonde solitude sont immédiatement attirés irrémédiablement l'un envers l'autre. Tous les deux ont un lourd passé qui leur a laissé un traumatisme avec lequel ils devront vivre toute leur vie. Alice a été victime d'un accident de ski alors qu'elle était toute jeune et l'une de ses jambes en conserve des séquelles : elle boîte. Elle a également beaucoup de mal à accepter son corps et souffre d'anorexie. Mattia, quant à lui est responsable de la disparition de sa soeur jumelle Michela. Cette enfant autiste le privait de relations normales avec ses camarades de classe jusqu'à ce qu'il l'abandonne dans un parc le temps d'une fête. Michela ne sera jamais retrouvée et Mattia se mutile le corps pour se punir.

Ces deux êtres, écorchés vifs dans leur corps et dans leur âme, semblent se reconnaître. Ils deviennent amis. Pourtant, leur relation reste difficile, comme s'il leur était impossible de poser des mots sur leurs sentiments. Le destin les sépare et les relie à nouveau, ils peuvent rester plusieurs semaines sans s'appeler mais ils savent que l'autre n'est pas loin " car Mattia et elle étaient unis par un fil élastique et invisible enseveli sous un fatras insignifiant, un fil qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leur espèce, deux individus qui avaient reconnu leur solitude dans celle de l'autre".

J'ai été bouleversée par cette lecture. Paolo Giordano fait un récit magnifique et soulève le problème de la communication. Il dépeint l'être humain comme un être profondément seul avec lui-même. Mattia et Alice ont tous les deux des relations difficiles avec leurs parents et l'amour n'est pas suffisant pour amener la compréhension et la tolérance. Et même Mattia et Alice qui se sont pourtant "reconnus" au premier regard semblent sans cesse passer à côté de leur véritable histoire, comme s'ils n'osaient pas quitter leur solitude, devenue rassurante.
L'écriture est très belle, tantôt dure ( on souffre réellement avec les personnages, et certains passages sont très difficiles ), tantôt poétique. Une très belle découverte et une franche réussite pour un premier roman. Je n'hésiterai pas à me précipiter sur les prochains titres de ce jeune auteur italien.

Je remercie bien entendu Suzanne de
Chez les filles ainsi que les éditions du seuil.
Vous pouvez lire d'autres avis
chez Neph ou chez Stephie et chez bien d'autres encore ( n'hésitez pas à vous signaler en commentaire...)

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 09:23

Après avoir lu le premier tome je savais que je ne résisterais pas longtemps avant de commencer le deuxième... Et en effet, je n'ai pas résisté, et ma seule hâte maintenant est de commencer le troisième! Heureusement que j'ai acheté les tomes 3 et 4 au salon du livre car j'ai très envie de poursuivre l'aventure!

L'histoire :

On retrouve avec plaisir notre joyeuse bande du 28 Barbary Lane et leur logeuse Anna Madrigal. Dans les premières pages, l'auteur fait quelques rappels de ce qui s'est passé dans le tome 1, permettant de remettre les choses dans leur contexte, et je me suis même dit que l'on pouvait tout à fait lire ce tome 2 sans avoir lu le premier.

Mary Ann et Mickaël surnommé affectueusement Mouse partent pour une croisière au Mexique. Se faisant passer pour un couple marié auprès des voyageurs coincés avec qui ils partagent leur repas, ils en profitent par ailleurs pour chercher ensemble l'homme idéal. Et le charme de Burke ne les laisse pas insensibles. Mais ce dernier est-il hétéro ou homo? Nos deux amis découvrent très vite que Burke est amnésique et que son passé cache un effroyable secret qu'ils vont tenter d'identifier...

Mona, quant à elle, quitte quelque temps Barbary Lane. Elle désire respirer et se remettre en question. Dans sa fuite, elle croise une vieille dame nommée Mother Mucca qui lui offre une place de standardiste dans le bordel dont elle est la tenancière. C'est dans ce lieu que Mona va faire des découvertes étonnantes sur son passé.

Brian a emménagé dans l'appartement sous le toit depuis l'étrange disparition de Norman, l'ancien locataire. Et chaque soir, à minuit, il se livre à d'étranges ébats virtuels avec une non moins étrange femme qui vit dans l'immeuble juste en face.

Anna Madrigal règne toujours sur ce petit monde, partageant avec ses locataires l'herbe qu'elle cultive dans son jardin. Seule depuis la mort d'Edgar, elle décide de révéler son terrible secret. Nous allons de surprise en surprise au fil du livre, découvrant de nouvelles facettes de ce personnage. Mais je doute que tout soit révélé...

Comme pour le premier tome, j'ai été immédiatemment embarquée dans les tribulations de ces joyeux personnages. J'adore la manière dont c'est écrit, on saute d'une intrigue à une autre toutes les deux pages mais ces intrigues restent néanmois très étroitement mêlées, et à aucun moment, je ne me suis sentie perdue. J'ai beaucoup (sou)ri, mais certains passages m'ont également émue. Je trouve d'ailleurs le personnage de Mouse particulièrement émouvant dans ce tome. Bref, une réussite encore! Je n'ai qu'une hâte : me plonger dans le prochain tome! Et je ne peux que vous recommander cette délicieuse saga!

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