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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 18:08

Le weekend est enfin arrivé, et je trouve un peu de temps pour vous parler de ce livre que j'ai fini depuis quelques jours déjà! J'ai déjà eu l'occasion de vous parler de cet auteur, et de l'intérêt que je lui porte ( je suis bien décidée à lire l'ensemble de son oeuvre )... Et lire les nombreux billets de Lili ces dernières semaines m'a donné envie de m'y replonger...

 

 

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L'histoire :

 

Âgé d'une douzaine d'année, Kévin, le narrateur fréquente la SES du collège, là où se trouvent les "gogoles" qui font tout voir à leur jeune enseignante, mademoiselle Dambre. A la maison, le jeune garçon est livré à lui-même : sa mère l'élève seule, et elle travaille comme standardiste la nuit. Dans la cité, Kévin va faire de mauvaises rencontres et se met à traîner avec des jeunes voyous plus âgés qui se servent de lui pour réussir leurs larcins. Le jeune garçon s'enrichit ainsi rapidement, mais très vite la situation dégénère car Djamel et Laurent en veulent toujours plus et ne se contentent plus de voler les auto-radio dans le parking souterrain... Parallèlement, Kévin tombe amoureux de Clarisse, une fille du collège qui vit dans les quartiers chics...

 

Ce livre est très différent de ceux que j'ai pu lire auparavant. Il ne s'agit pas d'un polar mais d'un portrait de la vie dans les cités. C'est la voix du jeune garçon qui se fait entendre, et cela peut être déstabilisant dans les premières pages : verlan, mots familiers, voire grossiers, Jonquet ne nous épargne pas le langage des cités. Mais une fois habituée, j'ai dévoré ce court roman. Kévin est tiraillé entre deux mondes : celui de Clarisse, et Mademoiselle Dambre dans lequel on gagne sa vie honnêtement, et on s'en sort en travaillant. Et celui des jeunes de la cité, dans lequel on s'enrichit facilement, sans trop se fatiguer. A quoi bon aller s'épuiser au boulot, comme le fait sa mère chaque nuit quand on peut tirer quelques centaines de keusses en quelques  minutes?

 

Kévin pressent bien que cela ne le mènera nulle part, et pourtant c'est tellement facile qu'il lui est impossible de faire marche arrière. La tension monte tout doucement, jusqu'à atteindre le point de non-retour, le drame ultime dans lequel il se retrouve, presque malgré lui, impliqué. J'ai beaucoup aimé ce roman, dans lequel on retrouve la touche sombre de Jonquet, la noirceur du monde et la fatalité. Une lecture qui ne fait que confirmer que Jonquet était un grand, grand auteur et je me réjouis à l'avance des prochains titres que je lirai!

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 05:34

C'est aujourd'hui que sort ce nouveau roman publié aux éditions Hachette Jeunesse dans une collection que j'aime tout particulièrement : Blackmoon. Et encore une fois, je suis charmée par la jolie couverture - très soignée - sur fond noir, c'est du plus bel effet dans une bibiliothèque... Mais une belle couverture ne fait pas tout, alors qu'en est-il de ce titre?

 

 

 

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L'histoire :

 

Jane est une jeune lycéenne qui a le vent en poupe. Avec Langley et Kate, elles forment un trio de choc et sont prises pour modèle par tout le lycée. Mais un soir tout bascule pour Jane. Elle est retrouvée inconsciente dans un buisson, parmi des rosiers. Elle a été renversée par une voiture qui ne s'est pas arrêtée, et vraisemblablement, elle était à genoux sur la route lorsque cela est arrivé, comme si elle avait voulu se suicider. Mais Jane ne se souvient de rien, tout ce dont elle se rappelle, c'est qu'elle se trouvait dans une fête avec ses amies et David, son petit ami. Pire, lorsqu'elle se réveille à l'hôpital, elle est paralysée et incapable de parler. Qu'a-t-il bien pu se passer lors de cette soirée? Et pourquoi ses amis semblent-ils gênés en sa présence? Que lui cachent-ils? Est-ce que quelqu'un a essayé de la tuer?

 

D'abord, je dois dire que je suis contente d'avoir lu un livre dans lequel il n'est question ni de vampire - gentil ou méchant, ni d'une quelconque créature fantastique charmeuse d'humaines... Oui, bon, je reconnais, j'adore ça mais j'apprécie également de trouver des titres un peu originaux qui se démarquent de la vague actuelle. Et Hantise est un roman à classer plutôt dans la catégorie des thrillers. Il m'a d'ailleurs tenu en haleine pendant quelques heures, et j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher.

 

En effet, la situation de Jane est pour le moins intriguante, et tous les ingrédients sont réunis pour faire monter le suspense. Persuadée qu'elle n'a pas tenté de se suicider alors que ses amies l'ont entendue dire qu'elle voulait en finir, Jane ne comprend pas qui pourrait lui vouloir du mal : elle est la coqueluche du lycée, et d'ailleurs, tous ses amis ont enregistré une vidéo pour lui souhaiter un prompt rétablissement. Puis commencent ces curieux messages, d'abord sur le miroir de la salle de bains, puis par téléphone... Mais Jane semble être la seule à entendre ces menaces et d'après le médecin, il pourrait s'agir des effets secondaires de son traitement. Alors que penser? Comment faire revenir la mémoire et reconstituer les événements de cette fameuse soirée. L'angoisse monte tout doucement et le lecteur est totalement happé, impatient de savoir, de connaître la vérité. Les pages se tournent toutes seules...

 

Au détour de ces pages, on croise d'ailleurs des personnages intéressants : j'ai particulièrement apprécié le personnage de Loretta, l'infirmière qui prend soin de Jane. Elle est rassurante, protectrice et dévouée. J'ai également été touchée par la relation entre Jane et sa mère, laquelle est en train de refaire sa vie. Jane a du mal à concevoir que sa mère puisse aimer un autre homme après la mort de son père et l'incompréhension règne entre elles. J'ai beaucoup aimé la répartie de Jane envers sa mère, car derrière cette souffrance et ces non-dit se cache en fait beaucoup d'amour.

 

La seule chose qui m'a un peu déçue est sans doute la fin. Je n'avais certes rien vu venir, mais je m'attendais à quelque chose de différent, d'un peu plus époustouflant. Une chute épatante, qui vous laisse bouche bée : l'ensemble du roman est tellement bien construit que je pensais vraiment être surprise.

 

Mais dans l'ensemble, cela reste une très bonne lecture. Pour preuve, je l'ai dévoré en moins de 24heures... Je pense qu'il plaira beaucoup aux jeunes lectrices mais aussi aux moins jeunes, comme moi, qui apprécient ce genre de littérature.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 16:58

J'ai lu ce livre dans le cadre d'un partenariat spécial avec Blog-o-book et les éditions JBZ&cie. Je n'avais encore jamais entendu parler de ce livre, ni de son auteur, mais la première de couverture, et surtout le résumé m'ont aussitôt emballée... D'ailleurs, une fois n'est pas coutume, j'ai envie de partager ce résumé avec vous, parce qu'il reflète à merveille le contenu du livre :

 

 

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"C'est l'histoire ordinaire de gens ordinaires dans une région où il ne fait ni beau ni mauvais. C'est l'histoire d'un peu tout le monde. L'histoire d'une vie fauchée. D'un amour qui s'arrête. D'une mère qui part. D'un mari qui devient veuf. D'un veuf qui ne veut pas le rester. C'est l'histoire de gens qui ne se comprennent pas. D'une soeur qui regrette. D'un frère qui revient. Il y a des petits enfants qui souffrent, qui se taisent. Des filles qui pleurent, qui fument et des chiens qui aboient. C'est l'histoire banale de la vie et de la mort."

 

L'histoire :

 

C'est celle de Suzanne qui meurt subitement. Elle a supporté cinquante-trois ans les colères de son époux, se taisant, sacrifiant son propre bonheur pour lui faire plaisir, pour éviter ses emportements. Sa fille, Gabrielle retrace alors la vie entière de cette femme, depuis sa naissance d'une mère volage qui l'abandonne. Confiée plus tard à Mémère, sa grand-mère, Suzanne connaîtra ses seules années de bonheur avant de retourner vivre avec sa mère, qu'elle quittera ensuite pour un autre bourreau :

 

" Tu t'es laissée glisser sur le sol et tu t'es mise à pleurer comme quand tu étais petite. Quand ta mère posait ta valise devant la porte d'entrée pour te faire croire qu'elle allait se débarrasser de toi si tu n'étais pas sage. Tu n'avais pas six ans. Tu étais sa victime et elle t'exécutait. Tu t'es enfuie d'un monstre pour en épouser un autre."

 

Je vous parlais dimanche de mes réticences à lire un récit à la seconde personne. J'étais donc très inquiète en ouvrant ce roman où l'on retrouve ce procédé. Mais ici, rien à voir! Je me suis laissée emporter par l'écriture de Fabienne Berthaud dès les premières pages, une écriture particulière. Les phrases sont courtes, le rythme est haché, mais quel bonheur, les mots sont choisis avec soin et leur petite musique sonne juste et vous emporte loin, très loin sur les pas de Suzanne.

 

La construction du roman est vraiment intéressante, puisqu'elle alterne deux moments : celui de la mort de Suzanne et des jours douloureux qui s'en suivent pour sa famille et celui de son histoire, depuis sa naissance jusqu'à la fin de sa vie. La narration est étonnante, car c'est Gabrielle, la fille de Suzanne qui mène le récit, s'adressant à sa mère par le biais d'un "tu", et même morte, Suzanne apparaît terriblement vivante.

 

Le destin de cette femme m'a profondément touchée, et même s'il est précisé au début du roman qu'il s'agit d'une fiction et que toute ressemblance serait fortuite, Suzanne, qui meurt pourtant dans les premières pages prend rééllement vie sous nos yeux. Le récit est criant de vérité, et est de ceux qui vous prennent là, quelque part au plus profond de vous-même : j'ai tourné les pages sans m'en rendre compte, le lisant d'une seule traite, osant à peine respirer pour ne pas briser cette bulle magique qui m'entourait. C'est triste, terriblement triste, et certains passages m'ont donné la chair de poule. Je pense que le souvenir de ce livre me suivra longtemps...

 

Bref, vous l'aurez compris, je tiens ici mon deuxième gros coup de coeur de l'année et je ne peux que vous recommander la lecture de ce petit chef-d'oeuvre, ne serait-ce que pour découvrir ce qui se cache derrière ce joli titre. Un grand, grand merci à BOB et aux éditions JBZ&cie!

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 08:09

La lecture du dimanche

 

Nous poursuivons nos lectures un peu différentes... Lorsque j'ai proposé à Stéphie de lire un roman érotique, elle m'a dit qu'elle possédait déjà celui-ci. Ni une, ni deux, je l'ai commandé afin que nous puissions en faire une lecture torride et commune...

 

 

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L'histoire :

 

Françoise Rey a décidé de rendre hommage à Marcel, un jeune facteur avec qui elle sympathisé, voire davantage... Pour cela, elle lui écrit ce texte dans lequel elle s'adresse directement à lui, un peu comme dans une lettre et retrace la vie sexuelle de Marcel, grâce aux nombreux détails qu'il a pu lui confier. Tout commence par la découverte de la masturbation lors de l'adolescence, une pratique qui devient très vite une obsession pour Marcel qui ne lâche plus les revues empruntées à ses frères. Puis vient le moment de passer aux choses sérieuses : les femmes. Mais Marcel est maladroit, il ne sait pas vraiment comment s'y prendre, et surtout il a peur de blesser les jeunes femmes qu'il honore car il a un attribut particulièrement développé ( oui, je choisis mon vocabulaire, car google n'apporte pas toujours que des passionnés de littérature... )...

 

Pfffffffffff, grrrrrrrrrrrrrr, mouais bof. Voilà à quoi se résume mon avis sur ce livre... Que la lecture a été laborieuse et ennuyeuse! D'abord - commençons par la forme, du texte bien sûr - la narration à la seconde personne m'a vite agacée. Tu fais ceci, tu fais cela... autant dire que l'utilisation des substituts est difficile et que l'impression de répétitions vite lassante.

 

Mais passons au fond - puisque quand on lit ce genre de roman, c'est tout de même cet aspect qui nous intéresse le plus, non? Alors, chaud comme la braise, le Marcel? Non, absolument pas... Déjà avec un prénom au potentiel si hautement érotique, avouez que c'était mal parti... Dans mon esprit, j'imaginais davantage mon grand-père qu'un jeune étalon au corps de rêve... Même si nos grands-pères ont sans doute été un jour eux aussi de jeunes messieurs affolés! Bref, s'il n'y avait que le prénom... Mais les scènes, soi-disant torride, ont plus été pour moi, synonymes de ridicules... A aucun moment , à la lecture des 163 pages des aventures de Marcel, je n'ai ressenti le moindre petit papillon dans le ventre! Oui, quoi, avec ce genre de lecture, on s'attend quand même à être un minimum émoustillée, eh bien vos maris risquent d'être déçus... Parce que figurez-vous que j'ai ri... J'ai ri quand Marcel, qui vient de se masturber pour la première fois dans les toilettes au fond du jardin, est inquiet à l'idée de s'être engrossé tout seul... J'ai ri quand il a son premier rapport oro-génital ( pardonnez le choix du vocabulaire... ) avec, tenez-vous bien un veau! Enfin, là, j'ai plutôt ri jaune en fait... J'attendais donc avec impatience le moment où il allait se faire la narratrice... et là encore, une grosse  ( à la hauteur de celle de Marcel ) déception...

 

Bref, nous ne sommes pas suffisamment connaisseuse en matière de littérature érotique, et je pense que nous avons mal choisi... Mais nous profiterons bien d'une autre lecture d'une dimanche pour renouveller l'expérience!!

A moins que Stéphie n'ait un tout autre avis? Je vous avoue que je n'en suis pas persuadée!

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 06:09

J'ai reçu ce livre lors de l'opération Masse critique spéciale fantastique et fantasy proposée par Babelio. Je les remercie chaleureusement, ainsi que Les moutons électriques éditeur, une maison d'édition que je ne connaissais pas, et dont le nom m'a aussitôt interpellée.

 

 

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Pas vraiment d'histoire ici puisqu'il ne s'agit pas d'un roman. Dans ce livre, André-François Ruaud propose au lecteur la biographie d'une créature fantastiquement célèbre : Frankenstein, qui, on le sait ne doit son nom qu'à son créateur, le docteur Frankenstein. C'est une biographie riche et précise, depuis la naissance de la Créature jusqu'à sa disparition au Pôle Nord. Une biographie croisée avec celle de son auteur : Mary Shelley. En effet, c'est suite à des soirées passées à se raconter des histoires de fantômes avec Lord Byron et Polidori que l'auteur va écrire l'histoire de Frankenstein, qui lui aurait été inspirée en rêve.

 

J'avoue que cette lecture m'a beaucoup déstabilisée, parce que la frontière entre le rêve - justement -, la fiction et la réalité historique est toujours très floue... On en vient à se demander si Frankenstein n'a pas véritablement existé. C'est assez troublant et le titre même du livre nous invite à la réflexion... Une chose est certaine Frankenstein n'est pas mort et continuera à hanter des générations de lecteurs. J'ai d'ailleurs découvert avec étonnement que des figurines à son effigie avaient été vendue dans les années 70!

 

Les nombreuses vies de Frankenstein est donc un volume étonnant, mais surtout passionnant et enrichissant. En le refermant, vous saurez tout de cette fascinante créature. Et pour ne rien gâcher, c'est un très bel objet livre richement illustré que vous prendrez plaisir à feuilleter et refeuilleter.... D'autres titres viennent compléter la collection et inutile de vous dire que je suis très tentée par Les nombreuses vies de Dracula!

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 06:31

Après trois lectures pour la jeunesse, j'ai totalement changé de registre avec ce roman écrit par un auteur Tchèque qui a pour cadre la seconde guerre mondiale, période historique qui, vous commencez à le savoir, m'intéresse particulièrement...

 

 

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L'histoire :

 

Elle se fait appeler Fine mais son vrai nom est Hanka Kaudersova. Elle dit avoir dix-huit ans, mais elle n'en a que quinze. Elle affirme qu'elle est aryenne, mais elle est Juive. Ces mensonges vont la sauver, mais à quel prix?

 

Fine est déportée à Auschwitz-Birkenau avec toute sa famille. On lui conseille de mentir sur son âge afin d'échapper à la mort directement à la sortie du train. Stérilisée et tatouée, elle travaille à l'infirmerie du camp mais lorsque le docteur meurt, elle sait qu'elle n'a plus vraiment de protection. Elle se glisse alors parmi un groupe de femmes qui vont subir une sélection. Trente-six d'entre elles seront envoyée au Feldbordell 232 Est, un bordel de campagne réservé aux militaires. Pendant 21 jours, elle subit les assauts de dizaines de soldats, parfois haut placés dans l'armée SS. Des soldats curieux qui la questionnent sur son passé, ses origines. Chaque mot doit être pesé, chaque geste contrôlé, la menace est omniprésente...

 

Quel roman magnifique! Je me demande si je vais trouver les mots pour vous expliquer ce que j'ai ressenti à la lecture de cette histoire. Le récit est mené à la première personne par un homme devenu proche de Fine après la guerre. Mais ce narrateur s'efface souvent pour laisser la place à un récit à la troisième personne : un récit effroyable, celui d'une adolescente de quinze ans, qui, pour échapper à une mort certaine accepte de vendre son corps à l'ennemi. Un ennemi qui a assassiné tous les siens. Fine subit non seulement le viol de ces hommes, mais aussi leurs discours haineux envers son peuple. Ces hommes prennent plaisir à se vanter des tortures qu'ils infligent aus Juifs. Fine ne peut qu'approuver tout en écartant les jambes si elle ne veut pas être découverte, un discours qu'elle vomit, des mains qu'elle abhore. Mais elle subit en silence. Quelle souffrance physique et morale... Et pourtant c'est bien la vie qui triomphe.

 

J'ai lu les 475 pages de ce roman en retenant mon souffle. L'écriture est étonnante car tout est évoqué de manière très crue - les tortures infligées aux Juifs, la diarrhée dont souffent les prostituées, la violence du commandant... Tout sauf les relations sexuelles qui sont suggérées avec pudeur par des listes récurrentes : les noms des soldats que Fine a dû satisfaire durant la journée. Le sujet est douloureux mais l'écriture est belle. La tension est palbable et Arnost Lustig parvient à dire l'indicible.

 

Il mène également toute une réflexion sur la mémoire et l'oubli, car on suit les pas de Fine après la libération. Comment peut-on vivre avec un tel poids sur le coeur et dans le corps? Vaut-il mieux essayer d'oublier - même si cela semble improbable - ou apprendre à vivre avec. Et comment affronter le regard des gens...

 

" Au bordel, elle avait dû cacher le fait qu'elle était juive. Faudrait-il maintenant cacher de même son passé de prostituée? Elle pouvait s'imaginer ce que pas mal de gens lui jetteraient à la figure s'ils savaient. Elle avait donc fait la pute avec les Allemands? Elle n'aurait pas pu s'en sortir autrement? [...] Pas mal de ceux qui avaient traversé la guerre sans encombre seraient d'avis qu'elle aurait mieux fait de se laisser tuer."

 

Inutile d'en dire plus, je pense que vous aurez compris que ce roman est l'un de mes premiers coups de coeur de l'année. D'ailleurs, je n'ai qu'une envie : découvrir les autres écrits de cet auteur, à tel point que j'ai commandé Waiting for Leah. Il n'est disponible qu'en anglais, mais je pense que c'est l'occasion idéale pour m'y remettre... A suivre donc!

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 06:56

Les maraudeurs d'Isuldain

 

J'ai déjà eu l'occasion d'en parler, je ne suis pas spécialement attirée par la fantasy mais je m'y mets tout doucement grâce aux nombreux titres jeunesse que l'on peut trouver dans ce domaine... Alors pourquoi cette série en particulier? Parce que j'ai été intriguée par le principe du dénouement à la demande. Le lecteur peut ainsi choisir le moment de la Révélation au cours de sa lecture, voire ne pas lire du tout ce dénouement qui se trouve en ligne sur Internet... selon ce principe : "Histoire sans fin ou dénouement à la demande?"

 

 

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L'histoire :

 

Kendhil est un jeune elfe Sentinelle. Ce qui le différencie des autres elfes de sa communauté? Son alter ego, comprenez son compagnon de route, est un dragon nommé Karlo, et non un aigle comme il est de coutûme. Un jour, il accompagne Guenth le doyen des Sentinelles chez les Burgon, un peuple humain de maîtres du fer. Ils se rendent directement chez maître Far, un vieil ami de Guenth qui leur présente Clivi, sa petite-fille. Kendhil rencontre pour la première fois une humaine, et il n'est pas indifférent au charme de Clivi. Mais ils ont à peine le temps de faire connaissance que la rumeur gronde dans les rues Burgonnes. Les Maraudeurs d'Isuldain, des brigands, sont en train de mettre la cité à sac et d'enlever les maîtres du fer. Guenth et Kendhil tente alors d'emmener Far et Clivi mais ils sont arrêtés aux portes de la ville et les deux Burgons sont enlevés par les Maraudeurs. Une fois sorti de la cité, Khendil ne peut se résoudre à les abandonner : il fait demi-tour et se mêle aux otages. Il compte bien évidemment sur Karlo pour l'aider à les libérer, mais il est loin de se douter des aventures qui les attendent, jusqu'aux confins de l'Empire, aux frontières du monde de l'Obscur...

 

Malgré mes réticences concernant le genre, j'ai passé un très bon moment avec ce livre. Ce que je crains le plus quand je lis de la fantasy, c'est de perdre mes repères, de ne rien comprendre ... Il faut dire que je garde un souvenir douloureux de ma tentative de lecture des Annales du Disque-Monde ( Neph, si tu passes par là... ). Mais ici, rien à voir, tout est clair et facile d'accès et une carte est même proposée au lecteur au début du livre afin qu'il puisse se repérer. Elle s'avère très utile puisque je m'y suis reportée plusieurs fois au cours de ma lecture. En effet, les Burgons sont enlevées par les Maraudeurs, mais ils ont à faire un long voyage jusqu'à l'endroit où ces derniers souhaitent les emmener... Ils traversent ainsi des territoires étranges, peuplés de créatures pas toujours sympathiques et j'ai adoré suivre ce périple en compagnie des personnages.

 

Ces derniers sont d'ailleurs très intéressant, et ma préférence va à notre jeune héros Khendil. J'ai aimé sa sensibilité - et pourtant les elfes sont censés ne rien ressentir. Mais Khendil, on l'aura compris dès les premières pages n'est pas un elfe comme les autres. Outre le fait qu'il soit accompagné d'un dragon, il prend conscience peu à peu de ses différences... et j'imagine qu'on en apprendra un peu plus au fil des tomes sur son origine. En tout cas, c'est un personnage courageux, qui ne renonce jamais et qui se refuse à abandonner Clivi. Alors même si ce roman est loin d'être une histoire d'amour, je n'ai pu rester indifférente à la naissance de cette relation et j'espère qu'on retrouvera le personnage de Clivi dans les prochains tomes!

 

Enfin, j'ai été charmée une fois encore par la plume de l'auteur. Je l'avais découverte récemment, dans un tout autre genre, avec Il s'appelait... le soldat inconnu, et cette seconde lecture me confirme qu'Arthur Ténor a l'art et la manière de vous embarquer dans ses histoires. Je lirai donc très prochainement le second tome des aventures de Khendil - la série en comporte six- et j'ai aussi très envie de découvrir sa nouvelle série A l'école des pages du Roy soleil...

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 07:07

C'est assez rare pour être signalé : ce roman n'est même pas passé par la case PAL. Aussitôt reçu, j'ai eu envie de me plonger dedans... Pourquoi? Difficile à dire, sans doute à cause de son titre qui malmène quelque peu la langue française... il n'en fallait pas plus pour interpeller la prof de français que je suis!

 

 

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L'histoire :

 

Miranda est une jeune collégienne comme les autres. Mais du jour au lendemain, une succession d'événements étranges va venir bouleverser son quotidien. Tout commence avec Sal, son meilleur ami depuis toujours. Un soir, il se fait frapper sans raison sur le chemin du retour après l'école, et dès le lendemain, il ne lui adresse plus la parole. Peu après, elle découvre un étrange message dans l'un de ses livres. Quelqu'un s'est forcément introduit dans leur appartement, et en effet, la clé qu'ils cachent habituellement sur le palier a disparu. Puis les messages s'enchaînent, et son étrange expéditeur semble en savoir long sur la jeune fille, bien plus qu'elle-même d'ailleurs, puisqu'il prédit des événements futurs...

 

Je dois reconnaître que pendant une bonne partie du roman, j'ai été totalement déstabilisée... Le titre l'annonçait pourtant : cette histoire a un problème avec le temps, et en effet, j'ai eu beaucoup de mal à situer l'action principale, à comprendre la chronologie des événements et à remettre de l'ordre dans tout ça. Pourtant, cela ne m'a pas empêchée de le dévorer... je sentais en effet que ce n'était pas une erreur mais une volonté de la part de l'auteur. Et en effet, tout finit par s'imbriquer.... et j'avoue que le procédé m'a conquise! J'ai aimé me perdre dans cette histoire.

 

Une histoire par ailleurs originale, notamment parce qu'elle se passe en 1979, avouez que c'est peu commun... mais aussi par la galerie de personnages que nous offre Rebecca Stead : la mère de Miranda qui passe son temps à s'entraîner pour son passage à La pyramide des 20 000 dollars, le SDF du coin de la rue qui fait mine de donner des coups de pieds aux voitures et qui effraie les enfants, Jimmy le patron de la sandwicherie chez qui travaillent Miranda et deux de ses amis pendant la pause du midi : il collectionne les billets de deux dollars dans une tirelire Pierrafeu.... Les titres des chapitres ne sont pas en reste, ils se font écho selon un leitmotiv intriguant : Des choses qu'on garde dans une boîte, Des choses qui disparaissent, Des choses qu'on raconte... C'est finalement un roman insolite, presque loufoque que celui-ci, mais je l'ai aussi trouvé très poétique : il a un petit quelque chose, difficile à expliquer mais véritablement envoûtant...

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 06:50

Parce qu'il y a de nombreux auteurs de thrillers que j'ai envie de découvrir cette année et qu'il en fait partie...

Parce que toutes les critiques que j'ai pu lire sur ses romans sont très enthousiastes...

Parce que l'un de ses titres a rejoint ma PAL hier...

Parce qu'en plus, c'est un auteur qui vit dans ma région...

 

Je vous propose de découvrir Franck Thilliez pour le rendez-vous auteur du mois de février  et vous donne rendez-vous le mardi 22 février pour la publication des billets. Vous pourrez y faire figurer ce logo :

 

logothilliez.jpg

 

 N'hésitez pas à vous inscrire dès aujourd'hui en commentaire!

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 09:00

John Grisham est l'un de ces auteurs de polars américains qui ne sont plus à présenter... Et pourtant, c'est un auteur que je n'avais encore jamais lu... Bien décidée à remédier à ce manque, je n'ai pas résisté à l'envie de commencer par son dernier roman qui entre paradoxalement dans la catégorie des premiers romans, puisque c'est le seul, à ce jour, que l'auteur a écrit pour la jeunesse.

 

 

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L'histoire :

 

Theodore Boone est un jeune collégien de treize ans, passionné depuis toujours par la justice. En effet, ses parents sont tous deux avocats et Theodore côtoie depuis toujours les gens qui gravitent autour du tribunal de sa ville. Une ville relativement calme, où les procès sont pour ainsi dire banals... Mais cette fois, un procès pas comme les autres vient bouleverser un peu le quotidien des habitants. Tout la ville est en émoi, et s'apprête à assister au procès de Mr Duffy : un notable, qui vit dans l'une des résidences les plus huppées de la ville, soupçonné d'avoir assassiner son épouse. Tout le monde est convaincu de sa culpabilité, et pourtant, le procès s'annonce laborieux en l'absence de preuves. Mais Theodore va rapidement avoir connaissance d'éléments pouvant se révéler de la plus haute importance dans l'issue du procès... Cependant, il a promis de ne rien dire...

 

A l'heure où les créatures fantastiques ont le vent en poupe, il est difficile de dénicher sur les étals des librairies un roman jeunesse qui change un peu. Certes, j'affectionne, vous le savez, les vampires, mais j'ai également apprécié de pouvoir lire autre chose. Et je dois reconnaître que ce roman a de sérieux atouts pour plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi aux moins jeunes... D'abord, parce que l'on est plongé cette fois dans la réalité : Theodore qui est calé en droit est souvent sollicité par ses camarades qui doivent affronter le divorce de leurs parents, ou le risque d'expulsion pour loyers impayés... Des sujets on ne peut plus actuels... A cela vient se greffer un événement beaucoup moins banal qui dépasse cette fois les compétences du jeune garçon. En effet, c'est le témoin d'un meurtre qui se confie à lui. Témoin qui a lui-même quelques comptes à rendre avec la justice, et qui de fait, ne peut pas parler. C'est un véritable cas de conscience qui se pose à Théodore : il ne peut ni garder pour lui ces informations, ni trahir la promesse qu'il a faite à un ami. S'ajoute à cela le danger que représente le fait de détenir de telles informations : et si la propre vie de Theodore était menacée? C'est bien d'un meurtrier dont il est question cette fois! John Grisham nous offre un récit riche en suspense et en aventures!

 

Mais ce que j'ai aimé par-dessus tout, c'est le récit du procès en lui-même : la manière dont les interrogatoires et contre-interrogatoires sont menés, les indices, les -maigres- preuves. Certes, cela reste un roman pour la jeunesse et l'ensemble est donc relativement simplifié, mais on sent bien que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet. J'étais aussi frustrée que Theo de ne pouvoir assister à certains débats parce qu'il y avait classe!

 

Bref, une lecture agréable qui m'a donné envie d'aller lire les polars que l'auteur a écrit pour les adultes!

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