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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 19:57

C'est en flânant sur le site des éditions Julliard que je suis tombée sur une vidéo de l'auteur qui présente son nouveau roman : un projet autobiographique. Je ne le connaissais pas mais en l'écoutant, j'ai été immédiatement touchée par ses mots et ce livre s'est tout naturellement imposé à moi : il fallait que je le lise.

Image hébergée par servimg.com
L'histoire :

C'est sous l'occupation que se marient les parents de William et déjà dans cet événement, tout son destin se profile. Si sa mère, Suzanne épouse le surnommé Toto, c'est parce qu'il porte un nom à particule et qu'elle rêve de mener une vie de château. Malheureusement, Toto passera sa vie à cacher les courriers d'huissiers, s'endettant chaque fois un peu plus pour faire plaisir à sa femme. L'itinéraire de cette famille est chaotique : expulsés de leur bel appartement à Neuilly, ils s'installent dans un appartement  en banlieue à la côte Noire, la famille s'agrandit d'année en année : onze enfants qui subissent les crises incessantes de leur mère et qui voient leur père s'incliner. Onze enfants dans la tourmente. William en grandissant prend peu à peu conscience que ses parents ne sont pas un modèle, et il se construit en opposition à eux, se demandant par exemple comment son père a pu se marier pendant que d'autres combattaient dans la Résistance ou comment sa mère a pu le convaincre que les Arabes, qu'elle surnomme "les bicots" sont des gens dangereux, des assassins qu'il faut fuir à tout prix. William devient un homme, vit ses premiers émois amoureux mais toute sa vie, il portera le poids de cette famille qui lui est désormais si étrangère...

Difficile de résumer ce roman si foisonnant sans avoir l'impression de le trahir, chaque événement, chaque mot, chaque personnage a son importance dans la construction de William et à moins de réécrire les 548 pages du roman, c'est une tâche bien difficile. Un roman dense donc, et assez long, et pourtant, pas un instant je ne me suis ennuyée. J'ai été plongée au coeur de cette saga familiale, happée par leur destin à la fois si banal et si extraordinaire, un destin profondément ancré dans l'Histoire : l'Occupation, la guerre d'Algérie jusqu'à nos jours. L'auteur m'a énormément touché, tiraillé entre son éducation, ce que ses parents lui ont inculqué et sa propre vision du monde. Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est le rapport qu'il entretient avec sa mère, une relation complexe mêlant l'amour et la peur de l'abandon à une haine profonde de tout ce qu'elle représente. William, en effet ressemble à son père et tient donc des Dunoyer que sa mère ne cesse de traiter de "dégénérés", vouant une haine sans nom à sa belle-famille. Ce rapport à la mère gouverne d'ailleurs toujours sa vie d'homme. Deux femmes ont compté dans sa vie : Agnés, son premier amour avec qui il aura deux enfants et Blandine, celle qui partage toujours sa vie lorsqu'il écrit le roman avec qui il a deux enfants également. La première est beaucoup plus présente dans le roman, et là encore, j'ai été bouleversée par ce personnage et par l'histoire qui fut la leur. Un parcours semé d'embûches mais avec cette certitude permanente qu'ils reviendront l'un vers l'autre. C'est beau, c'est triste, c'est renversant et le lecteur vit cette histoire de l'intérieur, touché en plein coeur. En effet, le roman porte son nom à merveille et ce chagrin nous enveloppe, nous imprégne du début à la fin. Un livre qui se vit plus qu'il ne se lit, une rencontre incroyable qui me suivra un bon moment, je pense, un énorme coup de coeur. 

Juste une petite interrogation pour terminer, mais seul l'auteur doit pouvoir y répondre... Pourquoi ne pas avoir conservé son véritable prénom dans le roman? Il présente ce livre comme un moyen pour lui de régler ses comptes avec sa famille et pourtant, ce changement de prénom donne le sentiment que ce n'est pas pleinement assumé...

Un petit extrait pour vous donner le ton :
- Je voudrais t'expliquer une chose : quand j'étais enfant, puis adolescent, j'ai tout supporté de toi. Je n'avais pas vraiment les moyens de me protéger, ni de me défendre, et papa ne nous a pas beaucoup aidés de ce point de vue. Ca n'a pas été facile, je suppose que tu t"en souviens. Aujourd'hui que je suis un homme, tout cela pèse sur ma vie, et ce livre est salvateur pour moi.  Je sais qu'il n'est pas agréable pour toi, c'est un euphémisme, mais je te demande de le supporter comme je t'ai supportée toi.

- Tes frères et soeurs m'ont dit que c'était une mise à mort.

- C'est en tout cas ce que je retiens de notre enfance. [...] Tu ne le sais pas, je ne te l'ai jamais dit, mais j'essaie d'écrire ce livre depuis bientôt dix ans. Qu'il existe enfin est une victoire sur toi, sur moi, sur toute la merde dans laquelle nous avons grandi, pardon, dans laquelle j'ai grandi. 

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commentaires

Or Pâle 19/09/2013 22:11


C'est curieux Pimprenelle comme à vous lire, vous avez connu l'impérieuse nécessité d'entrer en communion avec l'oeuvre de Lionel Duroy, là où à contrario je freine des 2 pieds ;)


Bien à vous


http://lionel-duroy-un-jour-je-te-lirai.blogspot.fr/


 

andré 28/08/2011 20:55



De la même génération que Lionel Duroy je termine ce livre à l'instant et je suis sous le charme; après l'avoir commencé j'avais du mal à le laisser ne serait ce que le temps d'un repas ; merci
Mr Duroy pour ce bon moment passé entre votre compagnie



vayhairfreddo 23/08/2011 11:43



 Très beau " roman" autobiographique dans lequel l'auteur règle des comptes avec sa famille notamment sa mère
pour son enfance ratée et la chute sociale de cette famille bourgeoise de droite qui n a pu tenir son rang avec sa dizaine d'enfants et les mauvaises affaires financières de son père.


Une saga familiale impressionnante de vérité.



gaubert 14/06/2011 10:16



J'ai beaucoup aimé cette biographie romancée .On ne peut pas se reconstruire en un jour et pas davantage en un livre quand la souffrance a été si forte. Dans la foulée je viens de lire Priez pour
nous et La colére



cesarus 12/06/2011 22:02



c'est au moins la dixieme fois que L.D. raconte la meme histoire en pleurnichant