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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:17

J'avais eu l'occasion de lire quelques articles sur ce livre et j'étais assez tentée par cette lecture. Les premières lignes de la lettre, que l'on peut d'ailleurs lire sur la quatrième de couverture étaient très prometteuse : " Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais."

En effet, dans cette lettre, André Gorz revient sur la magnifique histoire d'amour qu'il a vécue avec sa femme Dorine. Il souhaite lui dire tout ce qu'il ne lui a jamais dit et surtout à quel point elle fut importante pour lui. Il retrace ainsi leur histoire, depuis leur rencontre, jusqu'à leurs vieux jours, alors que Dorine tombe gravement malade et que la mort se profile.

J'ai beaucoup aimé les premières et les dernières pages qui correspondaient à ce que j'attendais de cette lettre : une déclaration d'amour touchante d'un homme qui aime toujours autant sa femme après plus de cinquante ans de vie commune. Dans les premières pages, il narre leur rencontre, dont il se souvient avec précision. Certains passages sont très sensuels. La fin, quant à elle, pose le problème de la maladie : comment vieillir ensemble lorsque l'un des deux est physiquement réduit? Et surtout comment affronter la mort prochaine. " Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre" écrit André Gorz. Cette phrase prend tout son sens lorsque l'on apprend qu'André et Dorine ont choisi le suicide pour résoudre ce problème.

Pourtant, tout la partie centrale de la lettre m'a profondément ennuyée... et j'y ai surtout vu un prétexte pour revenir sur sa propre carrière littéraire. Il suffit de voir le nombre de fois où son oeuvre phare Le traître est mentionnée dans la lettre! Mais aussi le nombre de citations qu'il fait de ses propres écrits. J'ai trouvé cela assez égocentrique et le personnage de Dorine est alors effacé...

Bref, un avis plutôt mitigé... Peut-on en attendais-je trop de cette écrit qui se voulait avant tout intime?


" Etre passionnément amoureux pour la première fois, être aimé en retour, c'était apparemment trop banal, trop privé, trop commun : ce n'était pas une matière propre à me faire accèder à l'universel. Un amour naufragé, impossible, ça fait au contraire de la noble littérature."

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commentaires

I
J'en garde un excellent souvenir et pourtant... je ne l'ai jamais terminé! Etonnant quand on considère la longueur de l'ouvrage!
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P

Etrange en effet! Pourquoi ne l'as-tu pas terminé?


Y
C'est souvent cela quand on attend trop d'un livre, ou d'un film, la déception est d'autant plus grande.
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P

C'est vrai, je l'ai souvent remarqué.
C'est pourquoi j'aime aussi choisir un livre en librairie dont je n'ai encore jamais entendu parler, histoire d'y entrer sans préjugés ni attente particulière.


K
Ah zut... C'est bizarre car moi je n'ai vraiment pas eu cette impression lors de la lecture. Je l'ai lu peu de temps après sa sortie, et donc je n'avais pas d'attentes particulières par rapport à cette lecture, c'est peut-être ce qui fait la différence.
Ce que j'avais vraiment apprécié, c'est la façon dont l'auteur parle de l'amour et du sentiment amoureux. J'avais trouvé au contraire qu'il n'y avait pas de complaisance de la part de l'auteur, et qu'on lisait un hommage vibrant, mais discret, à la femme aimée, sorte d'écriture pour l'Autre, pas pour soi, un peu à la manière d'Aragon pour Elsa. Et je trouvais qu'on était loin, agréablement loin, des histoires d'amour des romans contemporains dans lesquels bien souvent l'histoire d'amour valorisée est celle d'une rencontre qui ne dure pas spécialement, avec une importance accordée aux relations physiques ; dans Lettre à D., on ressent que c'est une vraie histoire d'amour qui est racontée, avec ses travers, ses failles (et celles du destin), et aussi toute sa force. Je n'ai pas eu l'impression qu'il faisait sa pub, mais que pour lui la création littéraire et sa relation avec sa femme étaient intimement liées, (il m'avait semblé que l'hommage était aussi là : dans le fait qu'elle l'aime, qu'elle est toujours là même dans ces moments difficiles et un peu égoïstes que sont ceux de la création ), d'où -pour moi - la présence et le retour de son œuvre dans ce court récit.

Sinon, ce blog est très chouette, bravo ! Et j'ai très envie de lire La solitude des nombres premiers :)
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P


Oui, j'attendais sans doute trop de ce livre... J'ai ressenti aussi cette image de l'amour véritable dans toute sa sincèrité. C'est d'ailleurs ce qui m'a touchée dans ce livre. Mais je ne l'ai
pas ressentie tout au long de la lecture. Certes, la femme est là pour l'accompagner dans sa création, elle s'efface même pour le laisser écrire une bonne partie de la nuit, ne lui reprochant
jamais de venir se coucher très tard par exemple. Mais du coup, elle s'efface aussi de ce live qui lui est pourtant dédié. Et je n'ai pas vraiment vu l'intérêt de citer des oeuvres qu'il a déjà
écrites, citer au sens d'en recopier certains passages, pas seulement en donner le titre!


Sinon, merci pour ton compliment et je te recommande vivement la lectue de La solitude des nombres premiers!



A
J'ai quand même envie de le lire, et comme tu dis il est très court.
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P

Eh bien dans ce cas j'ai hâte de savoir ce que tu en auras pensé!


N
Arf, oui, c'est dommage que monsieur oublie madame pour faire sa petite pub... A essayer peut-être quand même !
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P

Oui, il faut essayer! J'ai souvent lu des commentaires élogieux, c'est ce qui m'avait donné envie de le lire.