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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 10:37
 

Adolescente, j'aimais beaucoup lire ce genre de récits-témoignages, alors quand je suis tombée sur ce livre à la librairie, je me suis dit : « Pourquoi pas? ». Et bien, c'est indéniable maintenant, j'ai grandi...


 

L'histoire :

Valérie a quinze ans quand elle écrit ce qu'elle a vécu deux ans auparavant : un internement dans un hôpital au pavillon des enfants fous pour anorexie mentale. Elle refuse de se nourrir et ne pèse plus que trente kilos quand sa mère décide de l'interner. Valérie raconte donc son périple qui a duré quatre mois. Dans un premier temps, elle refuse totalement de s'alimenter et de communiquer avec infirmiers, psychologues et psychiatres. Mais elle se rend vite compte que si elle veut sortir de cet enfer, il lui faut entrer dans leur jeu, se remettre à manger, prendre du poids, en considérant qu'une fois sortie, elle sera de nouveau libre de faire ce qu'elle veut de son corps...


J'ai lu le début de ce témoignage avec beaucoup d'intérêt. Valérie nous offre un regard sur le monde médical, et très vite, on comprend à quel point les « soins » ne sont pas adaptés à ce dont elle souffre : cela se résume en effet à un chantage, elle est enfermée dans une chambre où il n'y a qu'un lit et une table pour manger. On lui a retiré toutes ses affaires personnelles, ne lui laissant qu 'un pyjama et les grammes constituent la monnaie d'échange. Tu prends cinq-cent grammes et tu as droit à un livre, tu prends trois kilos et tu as droit à une visite... etc. Et si ce « traitement » se révèle efficace, on comprend bien qu'à leur sortie les anorexiques replongeront forcément puisque si le mal du corps a été soigné, celui de l'âme n'a pas été pris en considération du tout...

Mais je me suis très vite ennuyée. En effet, j'ai eu l'impression de tourner en rond, de ne pas véritablement avancer, sans doute à l'image de ce que ressent Valérie lorsqu'elle vit ces événements mais les répétitions et les confusions se font de plus en plus nombreuses. Finalement, seule la haine qu'elle voue aux médecins et à sa mère semblent guider l'écriture, et il manque, je pense, un certain recul. J'aurais aimé qu'elle se livre davantage sur ce qu'elle ressentait au moment de l'écriture, deux ans après les événements. Peut-être l'a-t-elle écrit trop tôt? Ou peut-être l'ai-je lu trop tard?


Quelques extraits :


«  J'espère qu'ils vont au moins me laisser mourir comme je veux... Je sais que la torture consiste à vous faire vivre malgré vous. N'est-ce pas plus terrible que de vous dérober la vie lorsque vous voulez la garder? »


« Ah! Bon, vous m'amenez gentiment un plateau. « Tu sais, je pourrais te laisser mourir de faim. » C'est déjà fait mais ce n'est malheureusement pas moi qui suis morte, c'est seulement la faim. »

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commentaires

P
j'ai lu ce livre par la médiathèque il est vraiment génial et je ne l'ai donc plus mais je voudrais savoir (si vous les savez) ou se trouve la réplique donc numéro de ligne et la page "Ah ! bon, vous m’amenez gentiment un plateau." Tu sais je pourrais te laisser mourir de faim" c'est déjà fait mais ce n'est malheureusement pas moi qui suis morte, c'est seulement la faim." s'il vous plaît
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R
Chers compagnons de lecture, je viens de terminer le "Pavillon des enfants fous", et mon commentaire sera moins sévère que les vôtres. Si ce témoignage n'a pas d'exceptionnelles qualités de style, il contient cependant une force, une colère, une émotion, une douleur qui ne laissent pas indifférent ; et les questions qu'il soulève nous concernent à tout âge : le bonheur (ou plutôt son absence), le sens de la vie dans une société qui privilégie le matériel au spirituel, la folie (sujet rarement traité d'aussi près), la psychiatrie, la pureté, la solitude, la quête d'absolu, la mort, l'échappatoire que constituent le rêve ou les drogues, etc.

Parfois, au fil de la lecture, on a envie de s'arrêter, de déposer le livre et de se dire : "Est-il possible de souffrir autant ?" Bien sûr, le destin tragique de l'auteur confère à cet ouvrage une lumière toute particulière...

P.S.: au fait, félicitations pour ce blog !
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C
Oui, c'est ça (la honte...).
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P

Meuh non pas la honte!
Juste un lapsus ;)


C
Je pense que ce livre ne m'avait pas touché plus que ça parce que je ne connaissais personne d'anorexique à l'époque. Quant à l'autre titre, ça doit être Le pavillon des enfants fous, qui lui m'avait plus impressionnée.
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P

Le Pavillon des enfants fous est celui dont il est question Catherine. Tu voulais sans doute parler de Malika? J'ai eu quelques échos de cet autre livre.


A
Je l'ai lu à sa sortie, il y a donc bien longtemps...on parlait peu d'anorexie à l'époque et cela m'a rappelé une élève en classe de seconde qui était entrée à l'hôpital parce qu'elle maigrissait beaucoup. Nous n'étions pas assez copines donc je n'avais pas mis de nom dessus.
C'est ce livre de Valérie Valère qui m'a fait prendre conscience de cette maladie. J'ai lu un autre livre d'elle mais je ne me rappelle plus du titre et j'ai appris qu'elle était décédée peu de temps après. Elle avait 21 ans.
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P

Oui, elle est décédée très jeune, je pense qu'elle n'a jamais vraiment guéri de cette maladie. Apparemment ce n'est pas très clair, il semblerait qu'elle soit décédée d'un arrêt cardiaque provoqué
par une trop forte de dose de médicaments. Autrement dit, probablement un suicide.